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La Bibliothèque de Mireille : "Le cri du cerf - Kate McDougall enquête" de Johanne Seymour

samedi 6 mai 2017

Le Cri du Cerf est le premier roman dans lequel entre en scène le sergent-détective Kate McDougall, personnage imaginé par Johanne Seymour, auteur québécoise. Réédité cette année aux éditions Eaux Troubles, il est en effet le premier tome d’une série de cinq "les enquêtes de Kate McDougall". Rendez-vous avec un thriller saisissant !

Un matin d’octobre, Kate plonge dans les eaux glacées de son lac près du village de Perkins, dans les cantons de l’Est, et trouve le cadavre d’une fillette. Plus tard, une seconde victime confirmera la présence d’un tueur en série. Qualifiée par ses pairs de vindicative, le sergent Kate McDougall devra mener l’enquête la plus difficile de sa carrière. Pour démasquer la Bête, elle aura à affronter ses démons et remonter le fil de son passé. Une démarche qui l’entraînera au cœur d’un cauchemar et qui risque de briser le fragile équilibre sur lequel elle a bâti sa vie. Une vie marquée par le cri du cerf.
Connaître la victime, c’est commencer à connaître le tueur. Dès les premières pages, l’auteur déroule un canevas entre portraits psychologiques, tension narrative, suspense brouillant les pistes, tenant définitivement le lecteur en haleine jusqu’au dénouement de l’intrigue. Si l’enquête s’avère pour le moins ardue, Johanne Seymour sait, avec talent, faire des protagonistes de son roman des personnages complexes liés par des relations passées ou présentes intimes, tumultueuses ou conflictuelles. Et l’on comprend que la belle quadra qu’est Kate McDougall devra non seulement se mettre en danger pour résoudre cette terrible enquête mais aussi pour chasser ses propres démons. Il y a plusieurs façons de se donner la mort. (…) Quoi qu’il en soit, ces méthodes de mise à mort sont de loin préférables à la plus lente et la plus douloureuse… vivre. Kate McDougall avait choisi de vivre. Au fil de l’enquête, une double intrigue vient troubler les pistes… Le tueur sera-t-il arrêté avant qu’il ne fasse une nouvelle victime ? Kate McDougall, si réticente de se dévoiler, a-t-elle un lien avec les meurtres de ses petites filles ?
Le suspense est intense, l’intrigue convaincante et le thriller captivant ! A lire, en attendant la parution prochaine d’une nouvelle enquête de Kate McDougall prévue en 2017 toujours aux éditions Eaux Troubles.

Mireille SANCHEZ

Extrait : Ses halètements font écho au martèlement de ses pas sur le sol durci. Partout où ses yeux se posent, des troncs d’arbres. Une forêt de troncs. Pas une seule ligne droite où prendre de la vitesse et semer l’assaillant… Penchée au-dessus de l’eau, Kate regarde son reflet faire des va-et-vient sur le lac agité. Elle ne peut distinguer ses traits, mais elle les connaît par cœur : des charbons à la place des yeux, des pommettes haut perchées, une mâchoire taillée au couteau. Son corps fier et racé trahit son métissage mohawk, héritage d’une relation adultère entre une arrière-grand-mère fringante et un jeune Amérindien. À l’exception de ses os, qui rechignent à l’occasion, et de ses longs cheveux bruns parsemés de mèches argent, son corps ne révèle pas son âge. Même à quarante-cinq ans, elle conserve sa jeunesse. Et sa beauté ; inaltérable malgré le temps, malgré la douleur. Brusquement agacée par son reflet, Kate enlève son t-shirt et plonge dans l’eau glacée. En octobre, au Québec, presque plus personne ne se baigne. L’été a rapidement fait place à l’automne, et les nuits, de plus en plus fraîches, ont commencé leur œuvre. Seuls les intrépides ou ceux qui ont un quelconque péché à expier se hasardent encore dans les eaux froides. Pour Kate, c’est un peu des deux. Un besoin constant de stimuler et, à la fois, purifier ce corps qu’elle habite et qui la hante. Un corps en sursis… Chaque brasse la propulse encore plus profondément dans les ténèbres. Elle rêve d’être poisson comme d’autres rêvent de voler. Son corps s’exalte à chaque poussée. Dans cette matrice froide et noire, elle meurt et renaît. Elle voudrait ne jamais ressortir, prolonger sans fin ce moment, mais ses poumons la rappellent vite à l’ordre ; elle n’est qu’humaine. Avec regret, Kate remonte à la surface. Ce n’est qu’en revenant près du rivage qu’elle la voit. Son corps ballotte sur l’eau. Sa tête, auréolée de cheveux noirs, ondule comme une méduse. Ses bras en croix donnent envie de prier. Elle ne peut avoir plus de neuf ans.

Le cri du cerf, de Johanne Seymour. Éditions Eaux Troubles. 308 pages. 21 €

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