Retrouvez-nous sur :  
Suivre la vie du site
DestiMed
L’info des deux rives

Accueil > Culture > Littérature > La Bibliothèque de Mireille : "Les Tabous du foot", de Pierre (...)

< >

La Bibliothèque de Mireille : "Les Tabous du foot", de Pierre Rondeau

mercredi 13 mars 2019

Sexe, alcool, cigarette, dopage, drogue, argent, bêtise, homosexualité, racisme, richesses des clubs, arbitrage… Pierre Rondeau brise tous les tabous du foot !


Toutes les questions qui fâchent sur le foot à l’épreuve des faits scientifiques. Parce qu’ils sont devenus des stars internationales, les footballeurs sont érigés en modèles. Les moindres de leurs faits et gestes sont épiés, surveillés. La cigarette, l’alcool, le sexe, le dopage, l’argent, l’homosexualité, le racisme, l’impartialité de l’arbitrage… autant de sujets qui, officiellement, ne posent aucun problème dans le foot, mais qui alimentent pourtant les fantasmes et les rumeurs incessantes. Alors qu’en est-il vraiment ? Ces clubs richissimes et ces joueurs millionnaires gèrent-ils si bien leur argent ? Le foot serait-il le seul sport à échapper au dopage ? Le mode de vie des joueurs est-il vraiment différent de celui des autres jeunes gens de leur âge ? Aucun gay dans le foot, est-ce crédible ? Pour répondre à toutes ces interrogations, Pierre Rondeau a enquêté au-delà même des témoignages et s’est appuyé sur des études scientifiques (économiques, sociologiques ou médicales…). Battant en brèche les idées reçues, il montre que le football n’est pas ce modèle idyllique érigé derrière des tabous protecteurs.

Il est évident que de très nombreux tabous existent encore dans le foot, avec parfois des préjugés tenaces et un déficit d’information considérable. Les joueurs de foot fument, boivent, ont des relations sexuelles, prennent de la coke, gagent de l’argent, sont homosexuels, racistes et participent à la richesse de leurs clubs… ou pas ! Il est des tabous qui ont la vie dure, quoique le secret pèse encore lourd sur certaines pratiques individuelles de joueurs ou collectives des grands clubs.

Pierre Rondeau a le mérite, d’abord de les évoquer, puis de les soumettre à l’épreuve scientifique pour afficher et dévoiler toutes vérités. Il faut monter que le football, sport numéro 1, n’est pas ce modèle idyllique sans travers ni défaut, mais un univers simple, basique et concert, à l’image de toutes les autres activités humaines. Et puis que les amateurs de secrets se rassurent, certains tabous ont la vie dure…

Mireille SANCHEZ

"Les Tabous du foot", de Pierre Rondeau. Éditions Solar. 272 p. 14,90 €.

Extrait :

Le sexe.
Début décembre 2017, à la veille d’un match important pour la qualification en huitièmes de finale de Ligue des champions, le médecin du club russe du Spartak Moscou, Victoria Gameeva, a conseillé à ses joueurs d’éviter toutes relations sexuelles. Ces derniers devaient alors affronter les Reds de Liverpool, futurs finalistes de la compétition. D’après elle, « le sexe stimule la capacité de travail uniquement chez les femmes. Dans les arts martiaux, cela arrive qu’une athlète féminine puisse se battre juste cinq ou dix minutes après avoir eu une relation sexuelle et que ses résultats soient meilleurs. Mais ça ne marche pas dans l’autre sens. Les hommes devraient éviter le sexe deux ou trois jours avant le match. »
Résultat des Rouge et Blanc ? Une pathétique défaite sept buts à zéro contre les Reds. Vraiment efficace alors, l’abstinence ? Parce que ce n’est pas la première fois que des coaches préconisent ce genre de comportements en compétition.
Lors de la Coupe du monde 2014, au Brésil, le sélectionneur de la Bosnie, Safet Susic, avait clairement dit les choses : « Il n’y aura pas de sexe. Ils peuvent trouver une autre solution, ils peuvent se masturber s’ils veulent. [...] Mais ce ne sont pas des vacances, nous sommes là pour jouer la Coupe du monde. » Ses joueurs terminèrent à la troisième place de leur groupe, avec une seule victoire au compteur, contre l’Iran, et furent éliminés de la compétition.
Idem du côté des Russes, encore eux. Leur sélectionneur, l’Italien Fabio Capello, interdit aux femmes des joueurs de faire le déplacement au Brésil. Ils durent attendre cinq semaines avant de pouvoir redécouvrir les plaisirs de la chair. Ce qui n’empêcha pas l’équipe de terminer à la troisième place de son groupe, synonyme d’élimination.
A contrario, Luiz Felipe Scolari, le sélectionneur du Brésil, fut plus conciliant. Il autorisa les joueurs à voir leurs épouses ou leurs petites amies. Dans l’inconscient collectif, beaucoup considèrent que « coucher » avant un match, avant une rencontre, avant un événement, serait préjudiciable. Même plus de vingt-quatre heures avant ! Le docteur Francis Collier, chef du service d’Orthogénie et Médecine du couple au CHRU de Lille, a d’ailleurs indiqué que « deux sportives de haut niveau sur trois jugent inopportun le rapport sexuel dans les heures qui précèdent l’événement sportif. C’est essentiellement le risque de perte d’énergie, physique et mentale, qui semble inhiber, effondrer leur libido » et les conduirait à l’abstinence la plus totale. Le boxeur Mohamed Ali, au moment de conquérir le titre de champion du monde de boxe, en 1964, avait expliqué qu’il avait cessé toute activité sexuelle « six semaines avant le combat. [...] Même la masturbation ». Cela rappelle la scène du film Raging Bull, de Martin Scorsese, où le boxeur Jack LaMotta, joué par Robert De Niro, préférait se plonger tête dans une bassine remplie de glaçons plutôt que de faire l’amour à sa compagne. Comme si cela pouvait empiéter directement sur les performances. Vraiment ? Un acte sexuel équivaut à deux étages montés par l’escalier : rien de bien fatigant.
Pour montrer ce rapport vis-à-vis des « choses du corps », la sociologue Mariann Vaczi, de l’université du Nevada, a réalisé une enquête sur l’image et la conception des relations sexuelles chez les sportifs. Pour elle, « le monde du football perçoit généralement les femmes et les compagnes de joueurs comme de dangereuses déstabilisatrices responsables de la chute des performances ». On reprocherait à la pratique sexuelle de provoquer une baisse de la testostérone et ainsi d’amoindrir les forces des athlètes. Or, jamais aucun scientifique n’a mis en évidence ce lien. Jamais une analyse rigoureuse n’a montré que les plaisirs de la chair provoqueraient une baisse de la testostérone, via l’éjaculation par exemple, ou la fatigue physique. A contrario, une étude réalisée aux États-Unis a prouvé un lien évident entre production de testostérone et stimuli sexuels : plus les hommes pensaient ou pratiquaient l’acte sexuel, plus le taux d’hormone cité augmentait rapidement. Il est donc faux et scientifiquement absurde de croire l’inverse. Au contraire, l’amour permettrait de favoriser la récupération et le renforcement musculaire.
Deux chercheurs canadiens, Samantha McGlone et Ian Shrier, ont souhaité vérifier si réellement le sexe avant la compétition provoquait une méforme physique, voire une baisse de compétitivité. Dans leur article « Does sex the night before competition decrease performance ? », ils ont suivi une centaine de sportifs professionnels et amateurs, dans de nombreuses disciplines différentes, allant du tennis à la course à pied en passant par le football et le basket, pendant plusieurs années. Ils se sont surtout focalisés sur leur consommation de sexe avant, pendant et après un tournoi ou une compétition importante. Leur idée était d’étudier la corrélation entre performance sportive et sauterie au coin du lit.
Résultat clair, net et précis : faire l’amour avant n’altère en rien l’endurance et la force physique. (…)

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Signaler un contenu ou un message illicite sur le site.

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.