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La Bibliothèque de Mireille : "Marseille Côté Mer" de Franck Jonville. Rencontre avec l’auteur photographe…

dimanche 19 novembre 2017

« Marseille Côté Mer », est un livre photographique portant un nouveau regard sur le littoral. De Ensuès-la-Redonne à Port-Miou, il invite à parcourir plus de 57 km de côtes, illustrées par plus de 500 photos accompagnées de textes et croquis. Photographe, auteur, éditeur et distributeur de son livre, Franck Jonville a mené à bien son projet avec ténacité.

Destimed : Franck Jonville, voulez-vous vous présenter ?
Franck Jonville : Je suis natif du Nord de la France, non pas Avignon... le grand Nord enfin le Haut-de-France désormais. Je suis un Ch’ti avec l’accent pointu me disait ma charmante voisine provençale qui lavait encore son linge dans la fontaine derrière l’église du village. C’est cette ambiance que je recherche ici en Provence depuis 2001. L’odeur des fleurs de lauriers, du thym, du romarin et de la menthe sauvage foulés dans la garrigue en balades photographiques au rythme des saisons me va bien. Mais la mer et le vent sont indispensables à mon équilibre et nourrissent mon énergie vitale.

Qu’est-ce qui a motivé la réalisation de ce livre de photographies ?
Photographe et graphiste, comme un coup de cœur, j’ai voulu, avant tout, construire un projet photographique sur Marseille dont le sujet principal reste l’homme et son environnement urbain et périurbain. Je pensais à une exposition et j’ai commencé par photographier des scènes de vie sur la Corniche, véritable balcon à ciel ouvert de la vie marseillaise. Très vite, j’ai eu envie de comprendre la ville pour mieux la cerner … C’était trop tard … Je venais de comprendre que les 2600 ans d’histoire qui ont façonné Marseille allaient me prendre beaucoup plus de temps que prévu. J’étais décidé à créer un vrai contenu photographique à travers un livre comme support dont l’objet était de faire découvrir la ville de façon esthétique, simple et historique. Amoureux du littoral marseillais, le sujet était tout trouvé.

Comment l’avez-vous imaginé ?
J’ai cherché ce livre en librairie et je ne l’ai pas trouvé. J’ai fini par le produire et le financer en partie par une campagne de crowdfunding. Le livre « Marseille Côté Mer » était né. Dans cette première édition, j’ai voulu trouver un équilibre entre la photographie, la narration et la description du littoral, de La Redonne à Port-Miou en contournant également les îles et les archipels. Sur ce parcours, j’ai essayé de dénicher des faits et anecdotes plutôt inédits sur l’Histoire de Marseille, l’architecture et la géologie. Mais « Marseille Côté Mer » est avant tout un livre photographique.

Quel a été votre parti-pris, votre fil conducteur ?
J’ai tracé une ligne imaginaire le long du littoral et selon l’intérêt et l’accessibilité des lieux, mes prises de vues ont été faites d’un côté ou l’autre de ce fil conducteur : soit sur les chemins du littoral soit sur l’eau ! Comme on peut le pratiquer en photographie de portraits, j’ai tourné autour de mon sujet : les paysages, une anse, une baie, un monument pour trouver le bon angle et la bonne hauteur. Cela demande du temps de repérage avant de prendre la moindre photographie.

Parlez-nous de votre matériel, qu’avez-vous le plus souvent utilisé comme boîtier, objectif ou filtre ?
Je fonctionne avec deux boîtiers numériques Nikon « plein format » et la plupart du temps, j’alterne entre les deux focales : 24/70 et 80/200 ouverture 2,8. J’aime beaucoup le moyen format argentique, son format carré et ses pellicules de 12 poses, mais c’était inenvisageable pour photographier plus de 57 km de côtes à différentes heures de la journée. J’ai utilisé également une house étanche pour les prises de vues dans l’eau avec mon reflex.

Votre livre montre Marseille entre terre et mer, combien d’heures de randonnée votre projet a-t-il nécessité, comment avez-vous organisé vos reportages ?
Votre question est plus que judicieuse, j’ai rédigé un cahier des charges précis du projet mais la connaissance des aléas de la gestion de projet et sa fameuse loi de Murphy ne m’ont pas empêché de déborder un peu. Le livre m’a pris quatre années de balades sur Marseille et les calanques selon la météo, les saisons et l’attractivité des lieux : je voulais avant tout que l’on voit de l’animation sur les photos. Je l’ai structuré en 16 chapitres et j’ai organisé un planning des endroits à photographier selon les heures et la distribution de l’ombre et la lumière sur les paysages, l’architecture et les matières. C’est un livre de 248 pages, on peut dire qu’une double page correspond à une journée de travail entre repérage, production photo, prises de vues, etc. Oui, ce travail a été conséquent...

Et combien d’heures de navigation ? Le regard du photographe est-il le même du bord et à bord ? Le choix du matériel est-il différent ?
Mon parcours photographique sur l’eau s’est déroulé en plusieurs étapes sur plusieurs jours consécutifs : de la Redonne à l’Estaque, les îles du Frioul, du Vieux-Port de Marseille à La Pointe-Rouge, de la Pointe-Rouge à Marseilleveyre, le tour de l’archipel de Riou et ses îles, de Marseilleveyre à Sormiou, Morgiou et Sugiton. Vous parlez du regard, j’y ai bien réfléchi avant. J’ai voulu prendre le temps de l’observation, de l’écoute aussi, j’ai donc parcouru tout le littoral en canoë, une énergie propre et silencieuse, au rythme de mes coups de pagaie, du clapotis des vagues sur la coque parfois à contre-courant. Le choix du matériel est resté le même qu’en randonnée, si ce n’est la house étanche de mon reflex et de plusieurs sacs imperméables également.

Quelle a été la plus grande difficulté que vous ayez rencontrée lors de cette aventure ?
A part l’organisation sur place qui s’est améliorée rapidement au fur et à mesure, le plus compliqué aura été avant tout la concentration. Il ne faut pas perdre le fil du sujet, prendre les bonnes photos au bon moment dans les bonnes conditions d’éclairage, comme prévu, sinon il faut recommencer. Levé à quatre heures du matin, vous avez navigué pendant cinq heures en plein soleil ou randonné avec votre matériel photo de quelques kilos sur l’épaule durant des heures… une bonne condition physique devient importante et précieuse. L’aventure s’est révélée aussi du côté entrepreneurial du projet : le sponsoring, le droit à l’image, la post-production, la rédaction, l’impression et la diffusion du livre.

Et qu’est-ce qui a été le plus simple ?
Rien n’a vraiment été simple même si j’ai passé de très bons moments enrichissants à éditer ce livre. Mais si vous me posez la question : « un regret » ? Je vous répondrais : « pas une seconde ».

Comment s’est opéré votre choix parmi tous les clichés pris ? Quels ont été vos critères de sélection ?
J’ai voulu créer une vraie scénographie dans le livre, beaucoup de photographies fonctionnent en diptic : côté mer et côté littoral du même lieu. Le livre étant géré en doubles pages, il a fallu trouver une même colorimétrie entre les photos et les heures de prises de vues dans la journée. Inconsciemment, vous analysez la cohérence de plusieurs images associées : le sujet, sa prise de vue et l’équilibre de l’ensemble. Sans pousser vers la sémiologie de l’image, je choisis les photos en fonction d’un rythme, d’une dynamique de l’image, d’un ressenti provoqué par le sujet et ses couleurs.

Enfin, vous avez bénéficié d’un financement participatif pour éditer votre livre, comment s’est inscrite cette démarche dans votre projet ?
La réussite de ma campagne de crowdfunding a été déterminante puisque qu’elle validait ou non le lancement du projet.

Que souhaiteriez-vous que le lecteur trouve dans votre livre ?
J’aimerais que le lecteur puisse trouver un autre regard sur Marseille : l’histoire à travers l’image, qu’il s’en réjouisse en disant après avoir lu le livre : « c’était une bonne idée »..

Propos recueillis par Mireille SANCHEZ


« Marseille Côté Mer  », c’est un livre photographique proposant une autre lecture du littoral en 248 pages couleurs, plus de 500 clichés, textes et des croquis explicatifs. Au début de l’ouvrage, une carte du littoral sur laquelle sont situés les 16 sites guide le lecteur au fil des 16 chapitres. Ainsi le fil conducteur du livre se déroule :
- depuis les calanques, de Calelongue à Marseilleveyre, de Sormiou, Morgiou et Sugiton et d’En Vau, Port-Pin et Port-Miou),
- navigue dans les ports (de la Redonne à Niolon, de l’Estaque, de la Madrague, aux Goudes et le Vieux-Port de Marseille),
- s’urbanise de La Joliette aux Terrasses du Port,
- s’attarde autour du MUCEM, du palais du Pharo ou de Notre-Dame-de-la-Garde,
- accoste aux îles du Frioul, canote dans les anses de Malmousque à la Fausse Monnaie,
- se prélasse sur les plages, des Catalans, du Prado ou de la Pointe-Rouge,
- se promène sur la Corniche, du marégraphe à Borély…
Les 2600 ans d’histoire de Marseille sont évoqués en photographies qui, selon les endroits parcourus, nous parlent de la mémoire des hommes, d’environnement, de l’architecture des principaux monuments anciens et contemporains de la cité phocéenne bordant la façade maritime, sans oublier les archipels et leurs incontournables îles, et les surprenantes calanques de Marseille. « Marseille Côté Mer », c’est aussi des scènes de vie au bord de l’eau, des portraits, des prises de vue de paysages et d’architectures, la mer à toute heure et le bleu à l’infini.
Franck Jonville a réussi son challenge… Son livre invite à une ballade photographique différente, véritable spectacle du littoral marseillais. « Marseille Côté Mer  », un livre à s’offrir ou à offrir pour les fêtes de fin d’année….

Mireille SANCHEZ

« Marseille Côté Mer », de Franck Jonville. 248 p. 32 €. En librairies ou à commander en ligne ICI.

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