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La Bibliothèque de Mireille : "Mes guitares # 2" - Rencontre avec l’auteur Emmanuel Bighelli

dimanche 7 mai 2017

Après le succès de son livre Mes guitares paru en 2015 , Emmanuel Bighelli remet ça avec un second opus de la même trempe : Mes guitares # 2 ! L’auteur nous invite donc à poursuivre cette ballade au cœur de cette relation intime entre un musicien et sa (ou plutôt ses) guitares. Ce deuxième ouvrage fait une fois encore l’éloge de cet instrument de musique, bien plus qu’un matériel, définitivement un style de vie ! Rencontre avec Emmanuel Bighelli, ce passionné de guitares, organisateur de concert, fan des plus grands guitaristes, musicien et auteur !

Destimed : A propos de votre premier livre "Mes Guitares, pour la première fois, les grands guitaristes racontent…", comment tout a commencé ?
Emmanuel Bighelli : J’ai toujours lu assidument les magazines de guitare, en étant frustré de ne pas y trouver les réponses à mes questions. On y interroge souvent les musiciens sur leurs albums, tournées, influences, etc. mais assez rarement sur leurs guitares, alors que ce sont de véritables experts. Jusqu’au jour où j’ai eu le déclic ! Puisque je ne trouve pas suffisamment ces infos dans les magazines, j’allais donc m’en charger. J’ai démarché quelques guitaristes célèbres que j’avais côtoyés en organisant la tournée du guitariste australien Tommy Emmanuel avec mes amis d’Aparté Production Jean-Michel Peyrot, lui-même excellent musicien, et Guy Dardilhac. J’ai donc fait jouer mon réseau, Tommy Emmanuel, Jean-Felix Lalanne, Michel Haumont, etc. Et tous ont accepté. Avoir l’accord de ces pointures m’a permis d’obtenir celui d’autres musiciens. En tout, plus de quarante, je n’en revenais pas de voir les portes s’ouvrir si facilement ! Puis les éditions Ouest France m’ont fait confiance et la belle aventure a réellement pris forme…

Peu après arrive le second opus, "Mes Guitares #2, solistes, accompagnateurs, chanteurs : ils racontent…"
A peine 2 mois après la publication du tome 1, j’ai proposé un autre projet à mon éditeur, qui m’a incité à réaliser la suite de "Mes Guitares". A vrai dire, j’ai peu hésité… D’autant que ce premier livre avait reçu de très bonnes critiques de la presse spécialisée qui avait très largement relayé sa sortie.

Comment s’est fait le choix des guitaristes présents dans chacun des livres ?
Tous les guitaristes présents dans mes deux livres sont des artistes incontournables. Leur présence s’imposait. En tout, j’ai donc interviewé 84 guitaristes de tous styles (44 pour le tome 1 et 40 pour le tome 2), solistes, chanteurs-accompagnateurs, guitaristes de studio, etc.

Quelle a été votre rencontre emblématique…
Passer une heure et demie aux studios Ferbert avec Paul Personne, entouré de ses guitares, c’est une expérience que je n’oublierai jamais. Un immense guitariste et un mec bien, tout simplement. Sincère, humain. Une vraie belle rencontre.

Votre rencontre la plus émouvante…
J’ai reçu un coup de fil sur mon lieu de travail, un matin : "Allo Emmanuel Bighelli ? Hugues Auffray à l’appareil". Et à ma grande surprise, il se met à me raconter sa vie, ses guitares, ses rencontres ! Je l’interromps et lui propose de le rappeler : "Ah non, j’ai besoin de beaucoup de temps, j’ai un tas de choses à vous dire, il faut que l’on se rencontre !" Je suis donc aller le voir à son domicile de Marne La Coquette où il m’a reçu pendant trois heures, entouré de ses guitares, disques d’or et souvenirs en tous genres. Un moment rare. Il m’a chanté des chansons, m’a fait essayer ses instruments… Émouvant et inoubliable.

La rencontre la plus facile…
Deux noms me viennent en tête car je ne pensais pas y arriver aussi rapidement. J’ai trouvé les adresses mail de Louis Bertignac et du journaliste Philippe Manœuvre sur leur site web, tout simplement. Je leur ai écrit sans trop y croire, et ils m’ont répondu dans la journée, en me donnant leur accord !

Et la plus difficile…
Celle du guitariste de jazz manouche Angelo Debarre. J’y tenais absolument car c’est un musicien extraordinaire. J’ai eu énormément de mal à le joindre, à fixer un rendez-vous, à vrai dire je pensais qu’il n’aurait pas trop envie de se prêter au jeu de l’interview. Il a finalement accepté et a été adorable.

Votre rencontre la plus surprenante…
Bernard Lavilliers était ravi d’être interviewé en tant que guitariste, lui qui est surtout considéré comme chanteur par le public, alors que c’est un très bon musicien. Idem pour Vianney ou Yves Jamait.

Celle qui n’a pu avoir lieu…
J’ai tout mis en œuvre pour obtenir les témoignages de Francis Cabrel, Laurent Voulzy, Mathieu Chédid et Jean-Louis Aubert, malheureusement cela n’a pu se faire. Mais je n’ai pas de regret, je suis tellement fier d’avoir obtenu ceux des 84 guitaristes présents dans mes deux ouvrages !

Propos recueillis par Mireille SANCHEZ

"Que la guitare soit destinée à un artiste reconnu ou à un guitariste amateur, le moment où les toutes premières notes sont jouées a quelque chose de magique, car chaque guitare est unique, chacune à sa couleur, sa singularité." Alain Queguiner, luthier (préfacier du tome 2).

Les plus grands guitaristes nous ressemblent. Ils sont passionnés, amoureux de leurs guitares et pourraient en parler jusqu’au bout de la nuit. Solistes, accompagnateurs, chanteurs, tous ont accepté une nouvelle fois d’expliquer leurs choix. Paul Personne a-t-il toujours joué sur des Les Paul ? Pourquoi Thomas Dutronc utilise-t-il une guitare manouche Maurice Dupont à cordes nylon ? Comment le concertiste Gabriel Bianco a-t-il choisi sa Greg Smallman ? Pourquoi Hubert-Félix Thiéfaine a-t-il opté pour une Gibson Hummingbird et Gaëtan Roussel pour une Martin 00-18 ? Quelles sont les spécificités des Ibanez de Stéphan Forté ? Qui règle les Little Martin de Vianney ?

Dans son second opus, Emmanuel Bighelli reprend la formule interview du premier volume avec les témoignages de 40 grands guitaristes aux profils variés dont Paul Personne, Angelo Debarre, Keren Ann, Gaëtan Roussel, Basile Leroux, Jean-Marie Ecay, Stephan Forte, Ou Christophe Godin, Sylvain Luc, Chico, Robin Le Mesurier, Yves Jamait, Rocky Gresset et aussi Axel Bauer, Bernard Lavilliers, Thomas Dutronc, Hubert-Felix Thiéfaine et d’autres… Mes Guitares 2 fait une fois encore la part belle à l’instrument mais aussi dévoile les personnalités des musiciens, leur rapport intime à leurs guitares et raconte leurs choix et leurs attentes du matériel au service de leur style : rock, blues, jazz, folk, manouche, picking, classique ou variété…

Robin Le Mesurier. La naissance d’une passion : La première chanson que j’ai enregistrée a été écrite par Keith Relf et Jim McCarty, des Yardbirds. Nous avons enregistré à Abbey Road, les studios des Beatles, que j’ai d’ailleurs rencontrés. J’ai même utilisé la guitare Leslie de Georges Harrison ! C’était incroyable. J’avais tout juste seize ans et je me retrouvais professionnel avec un contrat à la clé chez EMI. Je n’oublierai jamais cette époque. Pile ou face : électrique Fender ou Gibson ? Fender, pour le son, bien sûr mais surtout pour le manche d’un confort absolu.

Paul Personne. Ses guitares : (…) une Les Paul Gold Top Anniversary. Je décide de l’essayer et il se passe un truc que je n’avais jamais ressenti avec une Les Paul auparavant. (…) Ce jour-là, j’ai trouvé pour la première fois l’adéquation entre le son de la guitare, un peu rauque, et le ton de ma voix, légèrement voilée, "cassée". La guitare absolue : Comme il y a eu un avant et un après Django, il y a eu également un avant et un après Eric Clapton. Je sais qu’on lui avait volé sa Les Paul et qu’il l’a longtemps cherchée. J’ai tellement aimé ce son que j’aimerais bien pouvoir jouer sur cette guitare. Avec le risque d’être déçu, évidemment…

Thomas Dutronc. Sa guitare emblématique : la Selmer de mon père. J’ai commencé la guitare sur ce modèle, donc symboliquement, elle est importante. En outre, c’est une Selmer particulière (…) La guitare absolue : Ce serait la guitare de Django, celle qu’il jouait dans les années 1960 et celle des années 1940 à Rome. Pile ou face : Busato ou Jacques Favino ? Plutôt Busato.

Hubert-Félix Thiéfaine. Sa guitare emblématique : Mon cœur balance entre la D40 et l’Hummingbird. La Martin sent le bois, y compris dans le son. Mais l’Hummingbird est mythique et me rappelle mes dix-huit ans. Je ne peux pas les départager, au fond... La meilleure guitare sur laquelle il ait jamais joué : Pendant toutes ces années où je n’avais pas de Gibson, à chaque fois que j’en essayais une, je la trouvais sensas. Aujourd’hui, je suis comblé… Pile ou face : En acoustique Martin ou Gibson ? Gibson. Électrique Fender ou Gibson ? Fender.

Ninine Garcia. La meilleure guitare sur laquelle il n’ait jamais joué : En premier lieu, je pense toujours à ma Busato. Elle avait un son très particulier, hors du commun. Mais j’ai un souvenir très précis du son incroyable de la Gibson de Babik Reinhardt, vraiment magnifique ! La guitare absolue : Une Gibson L5, la Rolls de la guitare. Pile ou face : En acoustique : Semler ou Busato ? Selmer. Mais j’ai déjà joué sur des Selmer qui sonnaient comme des casseroles… En électrique : Gibson ou Ibanez ? Ibanez, à cause de Georges Benson…

Et à propos, qu’en est-il pour Emmanuel Bighelli ?

La naissance d’une passion…
Rien de très original… Mon père joue de la guitare, j’ai été bercé par la musique toute mon enfance. J’ai donc désiré apprendre à en jouer assez tôt, vers mes 7-8 ans. C’est très rapidement devenu une passion…

Vos guitares…
J’en possède une petite dizaine, quasiment toutes acoustiques. Chacune permettant de jouer des styles différents…
- Une guitare jazz manouche du luthier Jacques Favino, de 1977. Elle appartenait à mon père, il me l’a offerte. Je la garde donc précieusement même si je n’ai pas un jeu très jazzy… J. Favino est un luthier mythique, on trouve énormément de ses guitares en Corse, d’où je suis originaire et où vivent mes parents aujourd’hui. C’est quasiment une guitare de collection.
- Une guitare au format OM du luthier Emeric Beaujouan. Le cadeau de mes 40 ans, un rêve de gosse. Un instrument extraordinaire, hyper polyvalent. D’une jouabilité parfaite, avec des bois exceptionnels (Palissandre de Madagascar). J’ai pu parfois être lassé par certaines de mes guitares mais pas par celle-ci. Je la redécouvre tous les jours.
- Une Gibson J100 de 2001. J’ai toujours rêvé de jouer sur une Gibson, sans réellement trouver le modèle qui me convienne. Jusqu’à cette J100, format Jumbo, donc assez imposant. Je l’ai mise en vente récemment mais après l’avoir confiée à un luthier pour un ultime réglage avant la vente, j’ai plutôt envie de la garder à présent !
- Une Takamine 12 cordes EAN10-12. Une guitare assez âgée, très attachante. Je l’ai jouée pendant très longtemps lorsque j’accompagnais ma compagne dans notre duo acoustique. Je la délaisse un peu mais ne m’en séparerai jamais.
- Une Ovation Elite, offerte par mon père pour mes 18 ans. Ce fut ma première vraie bonne guitare. Je ne la joue plus du tout mais elle a une valeur sentimentale…
- Une Takamine nylon EN60C. Très sympa pour la « couleur » du son nylon. Echangée avec mon père contre une autre nylon Takamine ! Une affaire de famille !
- Une Fender Stratocaster made in Japan, de couleur crème, que j’ai énormément utilisée lorsque je jouais dans un groupe de rock. Je l’aime beaucoup, pour tout ce que j’ai vécu avec elle.
Mais aussi quelques autres guitares de moindre importance…

Votre guitare emblématique…
Sans aucun doute mon OM Emeric Beaujouan. Celle qui me ressemble le plus. J’ai choisi 100% des éléments qui la composent, les bois, les mécaniques, la nacre de la rosace, le format, le sound hole (trou dans l’éclisse pour faire remonter le son vers le guitariste), etc. Elle se bonifie de jour en jour et sa table a pris une belle patine qui la rend vraiment magnifique.

La meilleure guitare sur laquelle vous avez jamais joué…
Difficile à dire. L’OM citée précédemment est réellement parfaite, mais il m’est arrivé d’essayer des guitares de luthiers vraiment très bonnes. Je pense par exemple à une folk du luthier marseillais Yoann Charbonnier, une guitare au format 000 12 cases.

La prochaine…
Le luthier Maurice Dupont, qui a signé la préface de mon 2ème livre, va me la livrer dans quelques jours une folk nylon, avec pan coupé florentin. J’ai hâte de la découvrir !

Vos influences…
Elles sont très diverses. Mais Keith Richards, le guitariste des Rolling Stones, est celui qui m’a le plus influencé. Sinon, des dizaines de musiciens m’ont impressionné plus qu’influencé, dans plusieurs styles, dont Keb Mo, Jimi Hendrix, Stevie Ray Vaughan, Bob Dylan, Django Reinhardt, Stochelo Rosenberg, Paco de Lucia, Tommy Emmanuel, Jason Mraz, Richie Sambora, Mick Taylor, Peter Frampton, Mark Knopfler. Chez les français : Louis Bertignac, Mathieu Chédid, JL Aubert, etc. Il y en a tellement…

En électrique : Fender ou Gibson ? En acoustique : Martin ou Gibson ?
En électrique : Fender
En acoustique : Gibson

Amateurs de tous styles, fans ou pro, le tome 2 des guitares d’Emmanuel Bighelli tient toutes ses promesses, entre scoops, émotions et anecdotes… A lire absolument que l’on soit rock ou manouche, folk ou jazz ! Alors Fender ou Gibson, Busato, Jacques Favino ou Ibanez ?

Propos recueillis par M.S

Mes guitares # 2, d’Emmanuel Bighelli. Éditions Ouest-France.216 pages. 25 €.

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