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La Bibliothèque de Mireille : "Mes vies secrètes" de Dominique Bona

dimanche 19 mai 2019

"Mes vies secrètes", le dernier livre de Dominique Bona est une petite merveille. L’auteur nous charme et nous séduit…


Dans un récit intime en forme de confession, Dominique Bona retrace sa vie d’écrivain, à la fois romancière et biographe. Elle dévoile ses émotions, ses sentiments et les rencontres qui ont construit sa propre identité. Romain Gary, Berthe Morisot, Gala Dalí, Stefan Zweig, Camille Claudel, Colette : elle raconte la part cachée de ses livres, les enquêtes pleines de risques et d’embûches, les coups de foudre, les hasards et les désillusions qui ont fait de chacun d’eux une histoire personnelle. Si elle convoque avec tendresse et humour les personnages de sa famille imaginaire, c’est elle que l’on découvre, sous le masque que tout écrivain s’impose, dans cette autobiographie d’une biographe passionnée.

De son épée d’académicienne, Dominique Bona fend l’armure pour se livrer nue, à nu, avec talent et délicatesse. Dévoilant quelques coulisses de son travail de biographe et de romancière, elle confie : Je voulais raconter à mes lecteurs ce qu’il y a entre les livres, entre les pages des livres. Elle évoque ainsi ses chemins et surtout ses détours pour percer les mystères des vies qu’elle a choisi de raconter ; se faisant, elle se raconte. François Nourissier ne s’y était pas trompé lorsqu’il lui murmura, de sa voix douce, exténuée, comme une confidence : Dominique, la biographie…, c’est par là que vous nous livrez les secrets de votre cœur…

Mireille SANCHEZ

"Mes vies secrètes" de Dominique Bona. Éditions Gallimard. 20 €.

Extrait :
A force de chercher une maison partout, en France et dans le monde, et de ne l’avoir jamais trouvée, ce qui est de mes rêves inassouvis, j’ai fini par adopter celles des personnages dont je racontais la vie. Ils m’ouvraient la porte et me laissaient les clefs du moins, j’ai voulu croire pour me consoler grâce à eux d’une quête sans fin. De Majorque à Salsbourg et à Arcachon, jusqu’à la casa Dali, je les ai toutes aimées, comme autant d’escales apaisantes et rassurantes qui interrompaient le rude travail de la biographie, ses recherches en terrain aride et la poursuite parfois désespérante du personnage, qui si souvent fugue et se dérobe. Leurs maisons me permettaient de mieux les connaître : les lieux parlent, ils ont même beaucoup à dire sur les êtres qui les ont choisis et habités. (p. 284)

Maurois ? Son œuvre complète figurait, bien sûr, dans la bibliothèque de ma grand-mère dont c’était l’un des fleurons dans un cuir pleine peau havane relevé de stries d’or. J’avais lu Bernard Quesnay et Le Cercle de famille, romans sans fièvre comme on boit une eau tiède au cœur d’un jour d’été. Mais j’avais découvert ses biographies avec son Shelley, son Byron, et là Maurois avait soudain marqué des points : ses biographies se lisaient comme des romans, et même mieux que des romans, puisque toutes les choses extraordinaires qui s’y déroulaient, et qu’il avait le talent de raconter avec une simplicité et une fluidité stupéfiantes, dépassaient de loin tous les vertiges de la fiction. Malgré cette découverte d’un auteur essentiel, demeuré l’un des maîtres de la biographie, je n’avais pas conscience du rôle qu’il aurait pour moi et le considérais à distance, avec un sentiment mitigé d’admiration et d’ennui. (p. 168)

(...) Pourquoi la biographie m’avait-elle arrachée au roman ? Les biographies que j’aimais et qui étaient mes modèles, c’étaient les livres de Mauriac, de Maurois, de Zweig, de Troyat. Des récits vivants et généreux. Des portraits à l’encre sèche, incluant de belles analyses, mais privilégiant la synthèse de tous les éléments soigneusement rassemblés, dirigés, orchestrés, pour le plaisir de lire et la joie de partager. Avant tout les livres de romanciers, mais des romanciers capables de respecter une vérité qui n’était pas romancée. (p. 312)

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