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La Bibliothèque de Mireille : "Une femme au front. Mémoires d’une reporter de guerre", de Martine Laroche-Joubert

vendredi 28 juin 2019

Reporter est bien plus d’une profession, c’est un engagement. Pendant 33 ans, Martine Laroche-Joubert, grand reporter au service étranger de France 2, a témoigné des soubresauts petits et grands mettant son engagement professionnel (et personnel) au service de l’information.


Au cours de cette expédition, j’ai vécu et enregistré mes premières sensations comme grand reporter. Et j’ai compris alors, définitivement, combien j’aimais les départs. Combien aussi l’idée d’un port d’attache m’était étrangère, et combien je n’étais heureuse en Europe qu’à la condition de pouvoir la quitter régulièrement. (Niger,1979)
Martine Laroche-Joubert doit à son enfance en terre marocaine un goût immodéré pour la liberté. De ses premiers reportages auprès des Pygmées de Centrafrique jusqu’aux deux guerres du Golfe et aux Printemps arabes, de l’éclatement de l’URSS au siège de Sarajevo, de l’apartheid en Afrique du Sud à l’élection de Nelson Mandela, elle arpente la planète avec une soif insatiable de témoigner.
C’est atroce de regarder ces enfants, leurs mains plissées, flétries comme celles de vieillards, leurs regards sans vie. Tous ces gens agonisent sous des nuées d’insectes sans que personne ne les accompagne. Partout, tout autour, je vois des cadavres. Il faut témoigner. (Kisangani, 1996)
Elle livre ici ce que ses reportages ne montrent pas : un regard, une sensibilité, une subjectivité. Ce n’est plus la journaliste qui parle mais la femme de terrain. Martine Laroche-Joubert revient sur ces missions qui l’ont forgée, mais aussi sur ses erreurs et ses regrets de reporter.
Or il n’est pas question pour nous de tenter quelque aventure que ce soit. C’est là d’ailleurs une constante des reporters de guerre : savoir se dégager à temps, être patients, accepter de rester cachés de longues heures durant, parfois plusieurs jours, et de passer à côté de ce qui, peut-être, se produit à quelques rues de là. (Homs, novembre 2011)
Et c’est avec sincérité qu’elle interroge cette envie de l’action et cette passion de l’ailleurs qui l’ont toujours portée, malgré sa vie de famille et le danger inhérent à son métier.
Bien sûr, tout reporter de guerre apprend, au fil des reportages, ou de la vie tout simplement, à se blinder. Parce que sans cela il est impossible de travailler, impossible de prendre des risques, impossible, en somme, de faire correctement son métier. A défaut, on ne tiendrait pas longtemps. (…) C’est cela aussi, cela surtout, être grand reporter : devenir le meilleur messager possible des petits et grands bouleversements du monde – et libre aux uns et aux autres d’en tirer leurs propres enseignements.

Une femme au front est donc le témoignage d’un grand reporter de guerre. Martine Laroche-Joubert raconte et se raconte, depuis son enfance au Maroc d’où lui vient son goût immodéré pour la liberté jusqu’à son sens absolu de l’engagement au service de l’information. Une femme au front ne laisse à sa lecture qu’un regret : un sentiment de trop peu…

Mireille SANCHEZ

"Une femme au front", de Martine Laroche-Joubert. Éditions Cherche Midi. 208 p. 17 €.

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