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Marseille-Provence : La Vallée de l’Huveaune pourrait-elle renaître de ses cendres ?

mercredi 22 juillet 2015

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Les anciens sites de l’usine Nestlé accueillent la Chocolaterie de Provence et le parc d’entreprise Vallée Verte Valentine (Photo P.M.-C.)

La vallée de l’Huveaune résonne dans la mémoire collective de Marseille à Aubagne comme une entité qui a vu naître et mourir la prospérité, l’emploi. Les sirènes des usines se sont tues, les unes après les autres et, avec elles des pans entiers de population laissés sur le carreau. Des années noires qui ont commencé dans les années 70 avec la liquidation de Titan Coder pour un coup de grâce en 1988 avec la fermeture de l’usine Péchiney à la Barrasse. Mais cette Vallée n’est pas sans ressources, elle demeure un espace dédié qui, après la désindustrialisation, a connu une transformation importante avec notamment l’émergence de zones (dites de centralités) telles que celles de La Valentine-Barrasse et Prado-Michelet-Capelette. « Mais, son développement est trop fragmenté. La dispersion des initiatives ne permet pas à ce territoire de rayonner à sa pleine mesure », indique Guy Teissier, président (LR) de MPM. Fort de ce constat, le président de MPM a réuni en septembre 2014, l’ensemble des élus de la vallée de l’Huveaune, qui dépasse les frontières administratives de MPM puisqu’elle traverse le Pays d’Aubagne et de l’Étoile. Une première rencontre qui a donné lieu, en partenariat avec la Communauté d’agglomération du Pays d’Aubagne et de l’Étoile, présidée par Sylvia Barthélémy (UDI), à la réalisation d’un outil de travail intitulé « Schéma de référence » dont l’ambition est « de prioriser les actions à courts termes et tracer une perspective de développement cohérents ». Guy Teissier de rappeler que la situation actuelle de la Vallée est le résultat « d’un manque de vision et de concertation des acteurs précédents. Il est donc important que nous nous parlions. Aubagne, La Penne-sur-Huveaune, Marseille ne peuvent pas se priver de la richesse et de l’emploi. » Et d’insister : « La vallée de l’Huveaune a des atouts formidables pour obtenir un développement harmonieux durable ». Annonçant que 120 hectares pourront être développés « deux fois plus qu’Euromed qui était de 60 hectares ». Peut-être les prémices d’un Euromed 3 ? « Sans les mêmes moyens mais avec plus de terrain », indiquera Guy Teissier. La stratégie avancée sur ce projet est de fédérer « toutes les activités publiques et privées sans frontières ». Franck Hulliard du cabinet INTerland a coordonné en décembre 2014 des ateliers qui ont permis de cerner les besoins dans plusieurs domaines ainsi que sur des territoires précis. Les premiers jalons posés ont mis en exergue : l’économie, avec la place du commerce (grande distribution, commerces de proximité) et la perspective de création d’une zone franche urbaine (ZFU) ; les transports avec la prolongation du métro jusqu’à Saint-Loup, la création de deux nouvelles voies ferrées, la desserte de proximité avec la gare à la Barasse et des échangeurs, notamment à la Valentine ; le potentiel du fleuve en termes de trame Verte et Bleue ; les logements sociaux (une étude permettra de repérer les espaces fonciers disponibles, en particulier pour la construction de logements sociaux.
Moins d’un an plus tard, les acteurs(*) du projet viennent de se retrouver pour traverser en bus la vallée de l’Huveaune et se rendre sur plusieurs sites. Des territoires à fort potentiel ou nécessitant une évolution ont été identifiés : Saint-Mître ; la Zone d’activités économiques Les Paluds ; le Pôle Alpha : la zone d’activités économiques Aubagne, La Penne-sur-Huveaune ; le Plan d’aménagement d’ensemble de Saint Loup ; la zone d’aménagement concerté (ZAC) de la Capelette ; le Vélodrome ; La Barasse.

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Franck Hulliard du cabinet INTerland dresse un premier bilan des ateliers du « Schéma de référence » lors du déplacement en car des partenaires (Photo P.M.-C.)

Pour Franck Hulliard outre que « l’Huveaune est le fil conducteur », Il faut dans ce projet « croiser les disciplines : habitat, emploi, transport… » Sur les enjeux de mobilité, il considère : « L’A 50 offre un corridor » mais regrette que « le fer, l’autoroute, les transports en commun… ce grand maillage soit assez peu connecté ». Sur les enjeux économiques, il considère qu’« il faut identifier l’ensemble des sites qui sont fragmentés et disséminés ». Parle d’une forte attractivité du territoire, de l’ancrage local de proximité, des hypercentres mais « la qualité de service est encore à améliorer ». Sans oublier le positionnement métropolitain « qui n’est pas du tout clair voire inexistant » En ce qui concerne l’enjeu du commerce « activités productives et commerciales vont de pair, explique-t-il, mais, il y a la concurrence du foncier. Foncier qui est très contenu en raison de risques d’inondation et de pollution ». « L’innovation, selon lui, peut engager le processus de renouvellement de la vallée. » Mais aussi, le cadre paysager global pour « une mise en tourisme ». Préconisant « un territoire de destination ». « Des pépites existent, il faut les faire émerger pour un tourisme tout-nature », avance-t-il.

Première arrêt de cette odyssée Huveaune : Aubagne

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Les élus partenaires lors de l’arrivée à Aubagne (Photo P.M.-C.)
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Présentation du PADD d’Aubagne à l’Espace des Libertés (Photo P.M.-C.)

A l’espace des Libertés à Aubagne est présenté le projet d’aménagement et de développement durable (PADD) horizon 2030. Il est expliqué que les trois axes du PADD sont le centre-ville « comme pivot du développement », avec l’ambition de renforcer le commerce, de redessiner le cœur de ville, de réduire la place de la voiture ou encore de revaloriser le centre ancien. L’économie est aussi au cœur des préoccupations, avec un effort particulier sur la zone des Paluds, qui doit « retrouver sa vocation industrielle et artisanale ». Il est aussi question de préserver les espaces agricoles et d’accentuer l’activité touristique. Outre le pôle d’échanges, le prolongement du Valtram entre le Charrel et la Bouilladisse est le point d’orgue de l’aménagement du projet. Le 1er adjoint au maire d’Aubagne Alain Rousset (LR) rappelle que « la première étape a concerné le tronçon entre l’Ouest d’Aubagne et le centre ville et on doit poursuivre sur le Nord jusqu’à Roquevaire, la Destrousse, la Bouilladisse ». Et même jusqu’à Aix-en-Provence renchérira Sylvia Barthélémy. Guy Teissier de rétorquer : « Pourquoi pas en BHNS ? ». Pour l’heure, il s’agit des 14 kilomètres de rail de "la Valdonne" appartenant à la SNCF et abandonnés depuis 50 ans pour un Aubagne-La Bouilladisse. « Un accord avait été passé avant la fusion RFF-SNCF sur le principe de rétrocéder ces voies abandonnées », explique le 1er adjoint. « Un accord de principe », lance alors Jacques Froissard directeur de cette nouvelle entité SNCF Réseau. Et commence alors une passe d’armes. La présidente de l’agglo de lui signifier : « Un accord de principe pour moi est gravé dans le marbre ». Robert Assante, vice-président de MPM en charge des transports fustige son interlocuteur : « La SNCF soit sortir de sa psychorigidité et doit penser à partager plus de moyens. Quand vous nous avez demandé de vous aider sur la Blancarde, nous avons accepté. Il faut arrondir les angles ». Guy Teissier aura le mot de la fin : « Essayons de travailler ensemble. Il y a chez vous une culture d’entreprise qu’il va falloir modifier car les temps ont changé. Valdonne n’est plus utilisé, il faut maintenant signer les Actes ». Sylvia Barthélémy étant d’ailleurs prête à sortir le stylo.

Vallée Verte Valentine, le nouveau parc d’entreprises

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Yvan Gouchon présente la suite du développement du Parc d’entreprises Vallée Verte de de la Valentine (Photo P.M.-C)

La seconde étape, puisque l’on est en plein cœur du Tour de France, a permis de découvrir le nouveau parc d’entreprises « Vallée Verte Valentine » au sein même de ce qui a été l’Usine Nestlé à Saint-Menet. Mitoyen de "La chocolaterie de Provence" (ex Net-cacao), ce parc d’activités « est entièrement revitalisé » dans le respect de l’esprit de l’architecte Fernand Pouillon qui, 60 ans plus tôt lors de la réalisation de Nestlé parlait d’une usine conçue « au milieu des jardins ». Didier Parakian, adjoint au maire de Marseille délégué à l’économie de se réjouir « de ce projet exemplaire qui va créer 3 à 5 000 emplois sur la zone ». « Grâce à la Soleam (Société locale d’équipement et d’aménagement de l’aire marseillaise), sur les 10 hectares, on a aménagé 35 000m² de locaux à ce jour et 80 000m² sont encore à développer », précise Yvan Gouchon. Ajoutant : « On a déjà créé 700 emplois que l’on portera à 1 000 dans 18 mois. Une fois la zone développée ce sera de 4 à 5 000 emplois » ; Mais de regretter qu’il n’y a pas un bus pour venir à la Vallée Verte. « Ce n’est pas un no man’s land ». Pour pallier la situation, indique-t-il : « Nous avons mis en place une navette gratuite pour les salariés des entreprises qui coûte 150 000€ ». Mais également, une petite voiture électrique, la Twizy domaine Vallée Verte Valentine proposée par la société Totem. Guy Teissier se veut rassurant : « Le pôle multimodal de la Barasse verra bientôt le jour avec bus, tramway, station de vélos... sans oublier un parking de 250 places dont 100 sont déjà disponibles ».
Patricia MAILLE-CAIRE

(*) Les acteurs impliqués dans le projet : La base des acteurs associés au projet repose sur les institutions membres des Copil et Co-Teh - Les EPCI : la Communauté urbaine Marseille Provence Métropole et la Communauté d’agglomération Pays d’Aubagne et de l’Étoile. - Les communes présentes sur le territoire : Marseille (la mairie centrale et les deux maries de secteur concernées), Aubagne, la Penne-sur-Huveaune et Gémenos. - Collectivités : Conseil général des Bouches-du-Rhône, Conseil régional Paca, Syndicat Intercommunal du bassin versant de l’Huveaune. - L’État : DREAL (Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement), DDTM (Direction départementale des territoires et de la mer). - Les trois chambres consulaires : Chambre de commerce et d’industrie de Marseille Provence, Chambre de métiers et de l’artisanat, Chambre d’agriculture. S’ajoutent à ces membres d’autres acteurs du territoire tels que le Parc National des Calanques, SNCF réseau, la SNCF, la Soleam, la RTM… Des acteurs de la société civile sont également partie prenante du projet. C’est le cas de promoteurs, d’organismes HLM, d’associations d’entrepreneurs et de commerçants, d’associations de défense de l’environnement, associations d’habitants, CIQ… ainsi que les entreprises privées du territoire souhaitant s’associer à la réflexion globale.

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