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La démarche green de l’Aéroport Marseille Provence

mercredi 6 mars 2019

Certains champs de la Responsabilité sociétale des entreprises (RSE), à l’instar de la réduction des nuisances sonores, sont en partie cadrés sur le plan réglementaire, cela n’empêche pas l’aéroport Marseille Provence (AMP) de faire preuve d’initiative en matière de développement durable. Car il sait pertinemment que sa croissance économique est indissociable de sa performance environnementale et donc, de la lutte contre les impacts de son trafic... Panorama des actions engagées.

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AMP est bien déterminé à faire vibrer sa croissance au diapason du développement durable (Photo AMP/Camille Moirenc)

C’est un fait, l’aéroport Marseille Provence s’envole en termes de performances. En 2018, il a généré un trafic croissant, avec 9.4 millions de passagers et près de 57 000 tonnes de fret. Et la vingtaine de nouvelles destinations ouvertes cette année devrait le maintenir dans cette belle dynamique, d’autant qu’il se fixe le cap des 12 millions de passagers en 2025. Oui, mais à l’heure de la collapsologie, voir les choses sous le seul prisme de l’économie ne suffit plus. On intègre désormais le fait que la croissance ne peut se faire à tous les prix, surtout pas environnementaux et sociaux. C’est vital, non seulement pour la planète, mais aussi paradoxalement en termes de croissance. Car à terme, trop d’activité... tue l’activité. De fait, on pointe de plus en plus du doigt ce revers de la médaille. On le sait désormais, qu’il soit éthique ou de masse, le tourisme épuise le monde. Les géants des mers ne s’attirent plus que des sympathies, quant à la fréquentation excessive de certaines mégapoles, elle provoque aujourd’hui des ripostes très vives de la part des locaux. Exemple le plus flagrant, Barcelone, dont la visite est boostée par l’offre d’hébergement collaborative, ou encore Dubrovnik, siège du tournage de la célèbre série Game of Thrones désormais assiégée par ses fans... Ainsi plus que jamais, la façon d’envisager l’avenir du secteur touristique, et donc forcément celui des transports, qui lui est lié, se pose en termes de croissance soutenable. C’est le positionnement adopté par l’aéroport Marseille-Provence, explique Jean-Paul Ourliac, président de son conseil de surveillance : « La réduction de son empreinte environnementale est aujourd’hui un enjeu prioritaire pour l’aéroport et nous sommes pleinement engagés dans cette démarche. Réduire l’impact du transport aérien tout en préservant notre croissance économique, car les deux ne sont pas contradictoires. » Il ne s’agit pas en effet de laisser la dimension économique sur le bord de la route, évoque de son côté Philippe Bernand, Président du Directoire : « La politique RSE AMP n’est pas et ne doit pas être séparée de la stratégie et des opérations commerciales. Notre objectif est d’être économiquement viable, d’avoir un impact positif sur la société et de mieux respecter l’environnement. »

Nuisances sonores : une multiplicité d’acteurs et de leviers

Bien sûr, certains champs RSE sont déjà bien balisés et cadrés sur le plan réglementaire. Ainsi en est-il de la problématique des nuisances sonores qui de surcroît, fait intervenir une multiplicité d’acteurs : non seulement l’aéroport, mais aussi l’État, les collectivités, les associations de riverains, les compagnies aériennes... Et a vu se déployer tout un arsenal de dispositifs. A l’instar « du plan d’exposition au bruit, qui permet de prévenir l’installation de nouvelles populations. Il définit des zones où il est interdit de construire, d’autres où c’est toléré. Sur ces dernières, les personnes qui vont s’y établir le feront donc en connaissance de cause », explique Bérangère Cappa, chef du service développement durable. AMP est par ailleurs gestionnaire du suivi des émissions sonores. « Nous aidons à implanter des stations de mesures de bruit dans les communes aux abords de l’aéroport  ». Données permettant d’alimenter « les commissions consultatives de l’environnement ou CCE, des réunions de concertation qui se tiennent deux fois dans l’année avec les élus, les associations et différents professionnels, présidées par le sous-préfet d’Istres ». Autre volet où cette fois, les compagnies sont à la manœuvre (mais l’aéroport sensibilise et accompagne ces dernières), la baisse des mouvements commerciaux. Car qui dit moins d’avions dit forcément moins de bruit... Et ce levier-là démontre que la conciliation des intérêts économiques et écologiques évoquée plus haut par les dirigeants de l’aéroport peut se mettre en œuvre. « Entre 2000 et 2018, on compte près de 45% de passagers transportés en plus et parallèlement, une baisse des mouvements commerciaux de l’ordre de 6,5% », détaille Bérangère Cappa. Ceci dû notamment à l’augmentation de capacité des avions, comptant davantage de sièges. Plus de passagers, moins d’avions, cela veut dire aussi un taux de remplissage en progrès. « Les compagnies ajustent leur programme de vol, déterminent au plus près la taille des appareils en fonction du créneau horaire, de la période... Et tout ceci est couplé avec une meilleure performance des flottes en termes d’acoustique. Les normes internationales se renforcent, les compagnies font l’acquisition d’avions moins bruyants. Plusieurs phénomènes se conjuguent donc ». De son côté, AMP peut jouer sur deux autres leviers pour continuer à sensibiliser les compagnies dans ce domaine. « Il est possible de moduler les redevances d’atterrissage en fonction de la performance acoustique des appareils, selon un principe de bonus/malus. Par ailleurs, il existe aussi un arrêté de restriction, qui définit des seuils, un niveau de performance acoustique pour les avions qui arrivent et décollent de nuit. Si une compagnie ne s’y conforme pas, elle s’expose à des amendes de l’Acnusa (Autorité de contrôle des nuisances aéroportuaires) pouvant aller jusqu’à 40 000€. Elle peut également être frappée de l’interdiction d’atterrissage et de décollage ». AMP engage également des discussions avec la DGAC (Direction générale de l’aviation civile) sur l’optimisation des procédures de navigation aérienne, identifie des améliorations possibles sur les trajectoires suivies par les avions, mène des réflexions de prospective sur les nouvelles technologies... Dernier levier, le plan de gênes sonores consiste en une cartographie des zones les plus impactées, couplée à un dispositif d’aide à l’insonorisation. « On applique le principe pollueur payeur : il s’agit d’une taxe, prélevée auprès des compagnies aériennes et reversée à AMP. L’aéroport gère ce budget et le redistribue aux populations afin qu’elles renforcent l’insonorisation de leur logement ». Au total, plus de 26 M€ ont été versés depuis la mise en place de ce dispositif.

Du volontarisme dans la réduction des émissions atmosphériques

Si le champ des nuisances sonores est ainsi très cadré, d’autres, tels ceux de la limitation des émissions atmosphériques (comprenant les polluants et les gaz à effet de serre), laissent davantage l’initiative à AMP, qui mène une politique plutôt volontariste en la matière. Ainsi, dans le cadre de la Loi de Transition Énergétique, il s’est engagé à réduire ses émissions de respectivement 10 et 20 % à horizon 2020 et 2025, par rapport à 2010. C’est dans l’air du temps : nombre d’aéroports ont opéré cette prise de conscience environnementale, «  d’autant que les CCE, même si centrées sur les nuisances sonores, permettent aux aéroports, depuis leur création début 2000, d’être plus largement en lien avec leur territoire, de ne pas être coupé de ses réalités », analyse Bérangère Cappa. Alors certes, le trafic aérien n’est pas identifié comme une source principale de nuisance sur la qualité de l’air, « on ne nous voit pas comme un contributeur majeur par rapport aux autres activités de transport que sont le routier ou le maritime. Après, cela ne nous dédouane pas pour autant. Parmi les actions mises en place, le suivi et le bilan de nos émissions de polluants. Nous sommes en train de finaliser notre adhésion à Atmosud », qui assurera un suivi régulier de la qualité de l’air sur la plateforme courant 2019, et permettra la mise en place d’actions visant à réduire les émissions des différents acteurs de la plateforme. Pour ce qui est des gaz à effet de serre, là encore, sur les 39 millions de tonnes de CO2 de la région Sud, moins de 2% sont liés au secteur aérien. « Et il ne représente que 3,6% des émissions atmosphériques au niveau européen, ce qui là non plus n’est pas significatif. Mais depuis 2013, nous nous sommes lancés dans une démarche volontariste avec l’obtention de la certification Airport Carbon Accreditation. En 2018 nous avons validé le troisième niveau, qui nécessite de réaliser un bilan carbone de la totalité de la plateforme aéroportuaire ». Les émissions de CO2 ont ainsi diminué de 25% entre 2013 et 2017. A savoir que AMP a notamment mis en place une alimentation électrique sur site, permettant aux avions de bénéficier de branchements et de couper leurs moteurs auxiliaires. C’est effectif depuis 2014 sur le Terminal 1, avec un investissement de 3 M€. Et cela le sera également cette année sur le Terminal 2, pour un coût de 1,5 M€. Qui plus est, « avec une alimentation à 100% verte depuis début 2018 ».

Préserver les salins du Lion

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L’aéroport agit pour la biodiversité en préservant notamment les Salins du Lion, qui abritent une centaine d’espèces (Photo AMP)

Enfin, AMP préserve la biodiversité. Il œuvre déjà sur la problématique rencontrée par tous les aéroports et gérée depuis longue date : les impacts du trafic sur la population aviaire. « Un des risques étant d’avoir des collisions entre les oiseaux et les avions. Au sein d’AMP, une équipe est totalement dédiée à la prévention du péril animalier. Elle cultive une très bonne connaissance des populations implantées à proximité, quelles espèces et à quelles périodes de l’année, elle détermine où elles nichent, où elles se nourrissent... Cette équipe met en œuvre des actions d’effarouchement, pour que ces oiseaux ne viennent pas s’installer près des pistes », explique Bérangère Cappa. Enfin, plateforme de 600 ha, AMP se déploie non seulement sur des zones exploitées et urbaines mais aussi sur des zones naturelles. Parmi lesquelles les Salins du Lion, une Znieff (zone naturelle d’intérêt écologique floristique et faunistique) basée en Camargue et comptant plus d’une centaine d’espèces. L’aéroport s’est ainsi engagé dans une démarche de préservation de ces salins, laissés libres d’accès au public. Cela passe par le maintien de l’eau en été, l’entretien des chemins, l’aménagement d’un parcours découverte... en attendant le parcours sportif, qui sera lui mis en place à la fin du deuxième trimestre 2019. « Nous menons avec les associations un projet pour valoriser cette zone, implanter des panneaux pédagogiques et ainsi sensibiliser le promeneur. L’idée aussi est de rendre la zone plus accessible et praticable, puisqu’il y a des endroits difficiles d’accès à la promenade », conclut la chef de service.
Carole PAYRAU

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