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La petite histoire du Prix Femina qui vient d’être attribué à Philippe Jaenada pour "La Serpe"

mercredi 8 novembre 2017

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Philippe Jaenada ©Astrid di Crollalanza

Ils étaient cinq en lice pour le prix Femina. Au cinquième tour, c’est Philippe Jaenada qui l’a emporté avec six voix contre quatre à Véronique Olmi pour son livre « Bakhita ». La Serpe de Philippe Jaenada : un assassin tout trouvé pour un crime jamais élucidé. Un crime atroce : trois personnes assassinées à coup de serpe une nuit dans le château familial des Girard à Escoire (Dordogne). Henri Girard est le seul rescapé, son père, sa tante et la domestique ont été massacrés. Lui, le seul dont la chambre était située dans une autre aile du château n’a rien vu, rien entendu, il dormait profondément. Un mobile mais pas d’alibi en font rapidement le coupable parfait. L’enquête tourne à vide, en haut lieu on s’impatiente, Henri Girard est emprisonné et il restera derrière les barreaux pendant les dix-neuf mois de l’enquête. Il a la chance d’avoir un avocat formidable et sera innocenté. A peine libéré, il met très vite la main sur l’héritage familial, part en Amérique du Sud et écrit. C’est un pauvre bougre, sans le sou qui va revenir en France, avec un manuscrit pour toute richesse. Son nom de plume est Georges Arnaud et son livre « Le Salaire de la Peur » sera édité par Julliard. Le voilà désormais un écrivain à succès, d’autres livres seront publiés « Voyage du mauvais larron », « Prison 53 » mais toujours pas de coupable pour ce triple meurtre dont s’empare Philippe Jaenada avec la même jouissance qu’il l’a fait pour « La petite femelle » publiée en 2015. Il épluche tout Jaenada, la presse à scandale de l’époque, les archives du jugement, il enquête in situ, il remet tout en cause, c’est vivant, il nous mène par le bout du nez et on en redemande ! Et puis il y a ce que l’on peut appeler le « pédigrée » Jaenada : les apartés de l’auteur commentant la situation qui sont souvent pleine d’humour. Avec sa barbe, sa moustache garnie et cette belle carrure, il en impose. Il ferait un excellent policier dans un film. Parce qu’il a cette capacité de s’immerger totalement dans son sujet. Bref, c’est un bon livre, très personnel comme l’étaient « Bruno Sulak » et « La Petite femelle » ; Ne bloquez pas sur le nombre de pages, certes il y en a 648, mais on ne s’en aperçoit pas ! Ou presque. Mais votre curiosité finira par vous conduire quand même jusqu’à la dernière ligne !
Christine LETELLIER
"La Serpe" de Philippe Jaenada, aux éditions Julliard - 648 p. - 23 €

Le Femina pour la petite histoire
Nous sommes en 1904. Parce qu’elles redoutaient que le prix Goncourt créé l’année précédente ne soit attribué qu’à des hommes, un bataillon de femmes a décidé de créer un prix contre le Goncourt jugé misogyne. Il venait en effet d’accorder son prix à Léon Frapié pour son livre "La Maternelle" alors qu’avec son roman "La conquête de Jérusalem" l’orientaliste Myriam Harry partait favorite. Ni une ni deux, vingt-deux femmes se réunissent en conclave sous la présidence d’Anna de Noailles et décident de créer leur prix. Un sacré challenge lorsque l’on sait que dès sa création le Goncourt se félicitait de n’avoir "Pas de jupons chez nous" ! Vingt ans plus tard, c’est toujours la guéguerre entre eux. La Presse d’ailleurs n’est pas en reste : le Femina ? En 1925, un journaliste de l’Humanité va jusqu’à comparer le jury "au tribunal des pintades !" Il faut se rappeler que lorsque ces femmes ont créé le Femina, elle se sont octroyés le droit d’élire un auteur alors qu’elle n’avait pas même le droit de vote citoyen. Qu’elles n’ont eu qu’en 1944 ! Une étude sur le palmarès du Prix Femina fait apparaître que durant les cinquante premières années du Prix il y a encore des femmes qui choisissent des prenoms mixtes (Camille, Dominique...) ou publient encore sous des pseudonymes masculins, toujours cette crainte de ne pas être prises au sérieux. Ouf ! les temps ont changé, tellement changé d’ailleurs que le Femina vient d’ajouter cette année un troisième homme à la distribution des prix les plus prestigieux...
CH.L.

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