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Le Coin Lecture de Régine : "Dictionnaire amoureux de l’Ovalie" de Daniel Herrero

mercredi 25 septembre 2019

En pleine coupe du monde de rugby au Japon, ce "Dictionnaire amoureux de l’Ovalie" tombe à pic ! De surcroît, il ne pouvait y avoir meilleur professeur que Daniel Herrero, reconnu tant pour ses talents sur un terrain que pour sa verve merveilleusement colorée…


J’ai longtemps arpenté les chemins d’Ovalie, le territoire sans frontières des amateurs de rugby. C’est un monde où l’on se rencontre plus qu’on ne se croise, et qui a tout d’une école de la vie. Les codes s’acquièrent au fil du temps, sur le pré, dans les vestiaires, au fond d’un bus ou dans un bistrot, à l’ombre d’une potence de bière devenue arbre à palabres. Il s’y raconte des légendes où s’affrontent les grands noms de notre panthéon, il s’y vit des épopées où des émotions brutales et intenses tissent entre les hommes des liens indéfectibles. Près de deux siècles après la naissance du jeu dans l’Angleterre victorienne, novices et initiés partagent désormais une culture, faite de règles officielles et officieuses, d’un langage, de rituels, d’un patrimoine dont certains chefs-d’œuvre sont en péril et, plus important que tout, d’un esprit ! Ce dictionnaire vous invite amoureusement à pousser la porte du royaume. Bienvenue en Ovalie ! Daniel Herrero

Dans le "Dictionnaire amoureux de l’Ovalie", Daniel Herrero revient tant sur l’histoire que sur les expressions plus ou moins techniques du rugby. Cet ancien joueur, entraineur, journaliste et auteur offre aux lecteurs plus de deux cent cinquante entrées, toutes parfaitement bien expliquées, schémas à l’appui. L’auteur revient également sur l’histoire, la sienne et celle de ce sport de gentlemen, à travers des anecdotes souvent savoureuses. Un hymne en terre d’Ovalie, terme adopté par l’Académie française grâce à Michel Serres, ami de Daniel Herrero. Durant un match, vous n’observerez plus les joueurs de la même façon, guettant un plaquage, une planche ou une molle au ras dans les tribunes ou devant votre écran.

Régine ZOHAR

"Dictionnaire amoureux de l’Ovalie", de Daniel Herrero. Éditions Plon. 577 p. 25 €.

Extrait :
Le rugby est bon terreau pour la métaphore maraîchère. Châtaignes, marrons, poires, prunes ou pêches se récoltent abondamment quand le temps est à l’orage et que les esprits s’échauffent. C’est d’ailleurs une curiosité de notre langage familier que de désigner de vilains coups de poing par de doux noms de fruits ! En marge de cette imagerie fruitière, et bien plus approprié à l’objet qu’il qualifie, il y a le chou-fleur. Il est l’apanage des joueurs de combat qui ont fait don de leur physionomie d’origine à l’équipe : leurs oreilles ont pris tant de coups que les cartilages n’ont pas résisté et se sont transformés en d’informes tubercules congestionnés rappelant nettement la forme boursouflée du légume en question. L’oreille étant une zone du corps peu irriguée par le sang, lorsque le joueur reçoit un coup violent, l’hématome ne se résorbe pas, mais il se calcifie et le chou-fleur s’installe alors définitivement. Pour se protéger des chocs aux conséquences aussi inesthétiques que douloureuses, les joueurs du pack s’enduisent les esgourdes de vaseline et s’entourent le crâne de bandeaux adhésifs. Le chou-fleur fait toujours en Ovalie figure de blessure de guerre et rares sont les avants valeureux qui ont pu échapper à cette noble mutilation !

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