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Le Coin Lecture de Régine : "La pesanteur et la grâce", de Simone Weil

samedi 12 octobre 2019

Les textes de Simone Weil sont toujours à redécouvrir. Dans "La pesanteur et la grâce", la philosophe nous offre ses réflexions sur des sujets intemporels : la beauté, l’athéisme, le malheur ou l’amour. Un recueil à découvrir ou à relire pour la puissance des mots.


Un recueil tiré des manuscrits qui contiennent l’essentiel de la pensée de Simone Weil sur l’amour, le mal, le malheur, la violence, la beauté. Un livre rare qui fait partie de ceux qui vous accompagnent toute une vie.

«  Il ne s’agit pas ici de philosophie, mais de vie  », écrivait Gustave Thibon, en 1948, en présentant ce recueil de pensées tirées des manuscrits que Simone Weil lui avait confiés. Dés sa parution, ce livre a eu un « effet » qui ne devait pas s’estomper. Pour ses lecteurs, il fait partie des rencontres primordiales : un de ces quelques livres qui ne vous abandonnent pas sur le chemin de la vie. Les textes « nus et simples » de Simone Weil traduisent une expérience intérieure d’une authenticité et d’une exigence peu communes.

Philosophe et écrivain français (Paris 1909 - Londres 1943), Simone Weil est agrégée de philosophie. Elle travailla en usine, participa à la guerre d’Espagne aux côtés des républicains et rejoignit les gaullistes à Londres. Elle est l’auteur d’une philosophie spiritualiste fondée sur une dialectique du renoncement aux croyances qui dépossèdent l’homme de lui-même.

Régine ZOHAR

"La pesanteur et la grâce", de Simone Weil. Éditions Plon. 268 p. 17 €.

Extrait :
L’amour tend à aller toujours plus loin. Mais il a une limite. Quand la limite est dépassée, l’amour se tourne en haine. Il faut, pour éviter cette modification, que l’amour devienne autre.
Parmi les êtres humains, on ne reconnaît pleinement l’existence que de ceux qu’on aime. La croyance à l’existence d’autres êtres humains comme tels est amour. L’esprit n’est forcé de croire à l’existence de rien (subjectivisme, idéalisme absolu, solipsisme, scepticisme : voir les Upanishads, les Taoïstes et Platon, qui, tous, usent de cette attitude philosophique à titre de purification). C’est pourquoi le seul organe de contact avec l’existence est l’acceptation, l’amour. C’est pourquoi beauté et réalité sont identiques. C’est pourquoi la joie et le sentiment de réalité sont identiques.

Ce besoin d’être le créateur de ce qu’on aime, c’est un besoin d’imitation de Dieu. Mais c’est un penchant à la fausse divinité. À moins qu’on n’ait recours au modèle vu de l’autre côté du ciel... Amour pur des créatures : non pas amour en Dieu, mais amour qui a passé par Dieu comme par le feu. Amour qui se détache complètement des créatures pour monter à Dieu et en redescend associé à l’amour créateur de Dieu.

Ainsi s’unissent les deux contraires qui déchirent l’amour humain : aimer l’être aimé tel qu’il est et vouloir le recréer.

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