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Le Coin Lecture de Régine : "Moi, Elton John" d’Elton John

samedi 2 novembre 2019

Quelle vie incroyable que celle d’Elton John ! Et quel plaisir de la partager à travers sa biographie. "Moi, Elton John" ressemble à son auteur : de l’humour so british, ce "never explain, never complain" qui évite l’écueil mélodrame pour mieux nous toucher. Sir Elton John, immense artiste, homme de fêtes, d’abus, d’erreurs mais homme de cœur avant tout…


Elton John : un nom, une légende vivante. De ses débuts à sa gloire planétaire, sa carrière est à l’image de sa vie : extraordinaire. Aujourd’hui, pour la première fois, il se raconte et nous fait vivre son incroyable aventure, avec ses moments les plus fous et les plus déchirants. Né dans la banlieue londonienne de Pinner, le petit Reginald Dwight se rêve très tôt un destin de pop-star. Il se réalise lors de son tout premier concert aux Etats-Unis sous les yeux d’un public stupéfait par sa combinaison jaune canari, son T-shirt étoilé et ses bottes aux ailes dorées. Elton John est né, et le monde de la musique ne sera plus jamais le même. Des premiers refus essuyés avec son parolier Bernie Taupin à son ascension fulgurante dans les charts ; de ses amitiés avec John Lennon, Freddie Mercury et George Michael à sa rencontre avec la reine d’Angleterre qui l’anoblit ; de ses tentatives de suicide à son addiction à la drogue, tenue secrète, et dont il mettra plus de dix ans à se libérer, ces pages retracent le parcours hors du commun d’une des dernières rock stars du siècle. Elton John est aussi un homme engagé : dans ce livre, il parle très ouvertement de sa désintoxication et de la création de la fondation contre le SIDA qui porte son nom. Il évoque sa rencontre du grand amour en la personne de David Furmish, ses vacances avec Versace et l’enterrement de Lady Diana. Et il revient sur l’instant précis où il a voulu devenir père, au risque de bouleverser à nouveau sa vie. Passionnant, débordant d’humour et profondément émouvant, cette autobiographie vous embarque dans un voyage en tête à tête avec une légende vivante.
Mais "Moi, Elton John" est également la trajectoire d’un artiste pour lequel chaque instant était prétexte au plaisir, à une forme d’inconscience. Impossible de ne pas sourire de son côté potache, de ses pitreries, de sa complicité avec ses musiciens, de ses blagues avec Rod Stewart. Les années "avant sida" semblaient légères, les soirées dans les boîtes gays joyeuses, souvent exubérantes, délirantes et sans limite. Elton John en a usé et abusé jusqu’à ce que la fin des années 1980 siffle la fin de la partie. Un tournant dans sa vie enivrante mais vide de sens et d’amour, l’artiste n’aura alors de cesse de lutter contre l’homophobie, le rejet des premiers séropositifs, les droits des LGBT... C’est sans doute là qu’Elton John est le plus touchant, dans les erreurs qu’il tire de son bilan personnel et dans sa volonté de toujours mieux faire. Cet homme est un show man, il sait se mettre en scène et se servir de sa notoriété pour des causes qui lui sont chères. Aujourd’hui, il peut s’enorgueillir d’avoir tout connu, le meilleur comme le pire et d’être là pour en témoigner. Une chance dont il entend se servir à bon escient. Mari amoureux, père responsable, artiste engagé, Sir Elton John s’est assagi en gardant sa folie car il ne sait tout simplement pas vivre sans ! "Moi, Elton John", un livre étonnant, émouvant, à lire sans modération !

Régine ZOHAR

"Moi, Elton John". Éditions Albin Michel. 432p. 22,90 €.

Extrait :
Je suis musicien professionnel depuis le début de ma vie d’adulte et je ne me suis jamais lassé de jouer en public. (…) On se fatigue jusqu’à la nausée des voyages, de la promo, de tout ce qui entoure le fait de jouer devant du monde, mais cette sensation-là fait que tu en redemandes à chaque fois. Ça et la certitude que même le soir du plus mauvais spectacle - avec un son pourri, un public amorphe, dans une salle miteuse -, il se passera forcément quelque chose d’étonnant sur scène : une étincelle, un éclair d’inspiration, une chanson que tu as jouée mille fois mais qui fait soudain ressurgir un vieux souvenir enfoui. La musique aura donc toujours de quoi te surprendre, mais au bout d’une cinquantaine d’années, tu commences quand même à sentir que c’est la dernière chose qui en soit capable lors d’un concert. On en vient facilement à se dire qu’on a fait à peu près le tour de tout ce qu’il est possible de faire sur une scène, sauf peut-être s’étaler, raide mort. J’ai joué sobre, j’ai joué ivre, j’ai - à ma grande honte - joué stone au dernier degré. J’ai donné des concerts qui m’ont mis dans un était d’exaltation absolue, et d’autres dont je ne voyais pas le bout tellement j’étais au fond du trou. J’ai joué du piano, j’ai sauté sur des pianos, je suis tombé du haut de pianos et j’ai poussé un piano jusque dans le public, heurtant au passage un spectateur auprès duquel j’ai passé toute la nuit à me confondre en excuses. J’ai joué avec mes idoles d’enfance et certains des plus grands artistes de l’histoire de la musique. J’ai joué avec des gens si désespérants qu’ils n’avaient rien à faire sur une scène, ainsi qu’avec un groupe de strip-teaseurs déguisés en scouts. J’ai donné des concerts travesti en femme, en chat, en Minnie Mouse, en Donald Duck, en général de l’armée de Pétaouchnok, en mousquetaire, en dame de pantomime, il m’est même arrivé, très exceptionnellement, de jouer vêtu en être humain normal. J’ai vu certains de mes concerts interrompus par une alerte à la bombe, ou par des manifestations étudiantes contre la guerre du Vietnam, ou encore par ma sortie intempestive sur un coup de tête avant de revenir aussi sec, regrettant mon comportement. On m’a jeté des hot-dogs à Paris, j’ai été mis K-O par une pipe à eau en Caroline du Nord alors que j’étais déguisé en poulet géant - le groupe a cru qu’on m’avait tiré dessus -, et j’ai bondi sur une scène déguisé en gorille pour faire une surprise à Iggy Pop. (…) Vous comprendrez donc qu’il m’arrive de songer que j’ai fait le tour des incidents possibles, qu’il ne peut plus m’arriver grand-chose en concert que je n’aie déjà connu. Bien entendu, il suffit de commercer à penser ça pour que la vie s’empresse de vous démentir.

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