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Les Floralies d’Aix-en-Provence : Lorànt Deutsch revient à l’école

samedi 7 décembre 2019

Avant de se produire au théâtre du Jeu de Paume, l’acteur et auteur Lorànt Deutsch a rencontré les élèves de CM2 de Jean-Rémi Barland à l’école des Floralies d’Aix-en-Provence. Un instant de pure émotion

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Lorànt Deutsch au milieu des élèves de la classe de Jean-Remi Barland aux floralies d’Aix-en-Provence (Photo Hervé Vaudoit)

Quand on est l’élève d’une école primaire d’Aix-en-Provence, on a priori peu de chances de croiser dans sa propre classe une lauréate du prix Goncourt, un acteur célèbre, un immortel de l’Académie française, un musicien de renom ou une chanteuse à textes. Mais peu, ça ne veut pas dire aucune. Depuis une bonne vingtaine d’années, les garçons et les filles de l’école des Floralies, au sud d’Aix, (école dirigée par Jean-François Longo), ont en effet cette chance. Une double chance en réalité. Celle d’accueillir régulièrement dans leur classe des personnalités de ce calibre, et celle d’avoir pour professeur Jean-Rémi Barland. Au fil des ans, les petits élèves de cet enseignant hors normes ont ainsi reçu Jean d’Ormesson, (lui c’était à Marseille à l’école des Bastides où officiait à l’époque Jean-Rémi Barland), Anne Sylvestre, Paule Constant, Renaud Capuçon, Philippe Torreton, François Berléand, Romane Bohringer, François Morel, (quatre fois), Charles Berling, Françoise Chandernagor… Benoît Dorémus (qui reviendra en janvier), Isabelle Alonso, Bruno Putzulu, Pascal Rénéric, Romain Didier, Michel Bühler, Pierre Assouline, Eric-Emmanuel Schmitt, Michel Déon, Alain Gerber, Peter Berling (écrivain et acteur allemand), Jean-Christophe Rufin, Didier van Cauwelaert, Alexandre Jardin, Stéphane Balmino, Clarika, Claude Lemesle, et tant d’autres pour un instant de pure émotion, confrontant chacun et chacune de leurs invités à ses œuvres, à ses textes, à ses souvenirs. Aucun n’en ressort indemne. En son temps, feu Jean d’Ormesson avait même consacré une de ses chroniques du Figaro Magazine à cette expérience inédite pour lui : des gamins qui lisent et jouent avec ses mots à lui, devant lui, pour lui. Un fabuleux exercice de mise en abyme et une occasion unique de mettre sa timidité à l’épreuve d’un état forcément un peu abstrait pour des enfants d’une dizaine d’années : la grande célébrité. Vendredi 6 décembre, c’était au tour de l’acteur et écrivain Lorànt Deutsch,de passer au tableau de Jean-Rémi Barland et de ses petits élèves. Sous l’œil attentif et enthousiaste de l’inspecteur de l’Éducation nationale Claude Auger qui soutient les projets de l’enseignant. Au menu, « Romanesque au Théâtre », son dernier ouvrage (aux éditions Michel-Lafon), version scénique de « Romanesque - La folle aventure de la langue française » qu’il interprète seul en scène, comme un hommage sincère à cette langue qui fait notre identité. Il a entendu jouer aussi des extraits de pièces qu’il a lui-même interprétées comme « Terminus  », et « Le système » d’Antoine Rault, « L’importance d’être Constant » de Wilde, « L’anniversaire » de Pinter, « Face au paradis » de Nathalie Saugeon, deux poèmes de Rimbaud parmi ceux qu’il a enregistrés, pour Thélème, le tout entrecoupé de chansons de Reggiani, Anne Sylvestre, Antoine Elie, Thomas Fersen, Joe Dassin (sur « Paris »), Yves Duteil, Trois cafés gourmands, Charles Trenet. Il a pu découvrir remis dans la bouche des jeunes écoliers les mots de « Hexagone » et « Métronome », deux autres de ses ouvrages. Ébahi par le talent de ces conteurs et actrices en herbe, (le spectacle a duré une heure), le comédien était presque plus ému qu’eux au moment de les remercier. Il a également évoqué ses chroniques de « A toute berzingue » diffusées sur You tube consacrées à la découverte de villes françaises, dont la dernière Aix-en-Provence qu’il venait d’enregistrer la veille et que l’on pourra découvrir en janvier prochain. Quel intérêt pour ces gamins, hormis le plaisir de côtoyer un instant des personnalités qu’ils n’ont pas l’habitude de voir ailleurs qu’à la télé ? Le caractère exceptionnel de ce type de rencontre, bien sûr, mais surtout la connaissance, le goût de la langue et de l’œuvre écrite, l’envie d’apprendre plus forte encore. Dans sa classe, Jean-Rémi Barland fabrique ainsi plus d’amoureuses et d’amoureux de la littérature, du théâtre, du cinéma et de la musique, que n’importe quel autre enseignant. Et rien que ça, c’est une sacrée chance.
Hervé VAUDOIT

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