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Les débats sur le budget, l’habitat indigne, le Plan de rénovation des écoles... se sont imposés sur les bancs de l’hémicycle du conseil municipal de Marseille

mardi 2 avril 2019

La présentation du budget de Marseille -après la critique de l’opposition, notamment celle de Stéphane Mari en tant que La République en Marche- a donné lieu à un éloge de la majorité, par la voix de Yves Moraine, président du groupe LR, des quatre mandats de Jean-Claude Gaudin, une attaque en direction de Renaud Muselier, président de la Région Sud qui déplore « deux mandats de trop » avant de s’en prendre à La République en Marche. In fine, la droite républicaine lance les grandes manœuvres électorales en utilisant la table de division.

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(Photo Robert Poulain)

Roland Blum présente le budget 2019 qui s’élève à 1 milliard 478 millions d’euros, dont 1, 33 milliard pour le fonctionnement soit une évolution de +1,34% par rapport à 2018. « Hors budgets dédiés aux immeubles sinistrés, la progression des dépenses réelles de fonctionnement serait ramenée à 0,6%, inférieure au taux d’inflation prévisionnel de 1,4% », précise-t-il. « Alors que les dépenses réelles de fonctionnement ont progressé en moyenne de 0,7% en 2018 pour l’ensemble des collectivités locales, poursuit Roland Blum, celles de la ville de Marseille affichent une baisse de 2,46%, soit 24,1 millions d’euros par rapport à 2017 et se situent à 36,4 millions d’euros en dessous du plafond contractuel signé avec l’État ». 445 millions sont programmés pour l’investissement. Roland Blum salue à ce propos l’effort renouvelé du Conseil Départemental des Bouches-du-Rhône « qui permet à la Ville de maintenir un niveau d’investissement dynamique pour créer de nouveaux équipements et continuer à rénover et entretenir le patrimoine municipal ». Il se félicite enfin de voir que, depuis 2015, l’endettement a été réduit de 10% (-185M€). « Pour le seul exercice 2018, la Ville s’est désendettée de près de 93M€ pour le budget principal ». Benoît Payan, le président du groupe socialiste au Conseil municipal ne l’entend pas ainsi, il dénonce un budget avec des « investissements en berne », faisant preuve d’« une absence d’audace », un budget « de ville fracturée ». Et d’affirmer : « Marseille souffre d’une politique qui a préféré l’accessoire à l’essentiel. On répare les façades plutôt que les toits (...). Une ville fracturée qui compte un club de foot à nul autre pareil mais où on ne donne pas de moyens pour le sport amateur. Une ville où s’entraînent des champions de natation mais où dans certains quartiers des jeunes ne savent pas nager ». Stéphane Ravier, Rassemblement national note que Marseille reste l’une des villes les plus endettées de France. Sans surprise il annonce que si tel est le cas la faute en revient à l’immigration... Jean-Marc Coppola, PCF, considère : « Ce dernier budget de votre 4e mandature représente un fardeau insupportable pour une majorité de Marseillais. Il y a aujourd’hui une urgence à tourner la page de votre système qui est à bout de souffle ». Pour lui : « Marseille et les Marseillais ont besoin de changement pour que l’action publique regagne du terrain ». Lydia Fenzel, écologiste, dénonce un document qui ne répond pas aux besoins de la population, parle d’une ville où « dans certains quartiers les enfants ne rêvent plus, où les espaces verts sont délaissés, où la misère déborde »
Stéphane Mari, conseiller municipal LREM déclare voter contre le budget même s’il le trouve « techniquement bon, puisque la fiscalité n’augmente pas et que la dette diminue » mais son accord s’arrête là. Dénonce alors les politiques publiques mises en œuvre qui « ne répondent pas aux attentes des Marseillais ». Met notamment en exergue la situation des bibliothèques et musées, l’état des écoles à propos duquel il rappelle l’amendement de la députée LREM de Marseille Cathy Racon-Bouzon pour un audit des écoles de Marseille ou encore « l’état de l’habitat indigne avec, malheureusement, la tragédie de la rue d’Aubagne, donc tout cela mis bout à bout, fait qu’il n’était pas possible pour la République en marche de voter ce budget... »

Michel CAIRE et Mireille BIANCIOTTO

A propos de l’Habitat indigne

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(Photo Robert Poulain)

Marie Arlette Carlotti, conseillère municipal socialiste intervient en séance pour dénoncer la négligence et « le manque de volontarisme » du maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin parce qu’il y a « urgence ». Avance : « Je comprends que les gens ne puissent pas supporter les élus si on est tant, le dos tourné, à leurs préoccupations »... Parle du relogement des sinistrés, de « gens concrets ». Cite : « Une dame âgée à qui on a proposé un logement de 16m². Elle a un clic-clac, elle ne peut pas le mettre, elle ne peut même pas faire sa cuisine ». « Une autre dame, poursuit l’élue, est avec ses 4 enfants, depuis le 5 novembre, dans un hôtel. Certes l’hôtel est correct sauf que des enfants sont au 4e, un autre au 3e, elle ne peut pas suivre les devoirs. Elle meurt de peur et passe sa soirée dans les escaliers pour voir si les enfants sont endormis ». Marie-Arlette Carlotti reprend le discours du maire, quand il dit : « on les réintègre » mais, s’insurge-t-elle : « Savez-vous les conditions dans lesquelles, on les réintègre, parfois les travaux ne sont même pas faits ». Pense à cette mère de famille pour qui la cage d’escalier est toujours trouée. « Elle a peur pour ses gosses car il y a des rats dans le logement. Il y en a qui se sont installés dans le tambour de sa machine à laver et sur les étagères de ses draps et vêtements ». Elle ne rejette pas les mesures d’accompagnement des petits propriétaires qui ont été prises mais considère : « on n’est pas à la mesure de l’urgence qu’il y a dans cette ville ».

Xavier Méry, adjoint en charge de la solidarité est cité par le Maire comme l’un des adjoints en première ligne à la suite du drame de la rue d’Aubagne qui a coûté la vie à 8 personnes. Jean-Claude Gaudin annonce que parmi les hôtels, qui abritent 1 100 délogés, certains veulent récupérer leurs chambres pour la saison estivale. Xavier Méry souligne les efforts accomplis pour les sortir de cet hébergement provisoire. Il compte sur les 400 logements disponibles de la Soliha et fait pression sur les propriétaires de logements pour faire les travaux au plus vite. L’élu distingue deux sortes de refus en matière de relogement : le trajet trop long à accomplir pour accompagner ses enfants à l’école ou des refus qu’il estime « un peu moins nobles » avec selon lui, « l’arrière-pensée qu’un refus pourrait permettre d’avoir mieux... » Pour les propriétaires qui n’ont pas les moyens de faire des travaux, Xavier Méry souligne d’abord qu’il est difficile de les identifier « on a du mal à les retrouver à travers de multiples SCI, (Sociétés civiles immobilières) » mais présente la Maison de l’Habitat, créée par AMP Métropole, rue de la République, comme le lieu pour trouver toutes les aides accessibles pour des travaux de réhabilitation ou de rénovation. Invite les propriétaires à s’y rendre car il déplore une ignorance de tous les dispositifs. Rappelle l’ampleur du problème : plus de 1 000 logements à trouver au centre-ville. Il se félicite du travail en partenariat avec l’État, « le ministre, Julien Denormandie est descendu plusieurs fois sur Marseille et a fait montre d’une grande attention... »

En marge du Conseil municipal le PPP

C’est par une manifestation des enseignants, parents d’élèves, architectes... que les élus de Marseille ont été accueillis avant la remise au Conseil municipal de la pétition pour le PRE (Plan de rénovation des écoles) marseillaises qui compte plus de 15 000 signataires.
Parmi les manifestants, des élus d’opposition dont Benoît Payan, président du groupe socialiste au conseil municipal.

et Jean-Marc Coppola, conseiller municipal communiste

Propos recueillis par Mireille BIANCIOTTO

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