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Les engagements verts de "La Méridionale" pour la grande bleue

vendredi 5 octobre 2018

La compagnie maritime dirigée par Marc Reverchon a décidé d’ancrer officiellement son positionnement éco-responsable. Elle vient de signer une charte pour l’éco-navigation, avec le réseau d’aires maritimes protégées de la Méditerranée. Une exemplarité qui, espèrent divers acteurs de l’environnement, fera des émules.

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La Méridionale dirigée par Marc Reverchon vient de signer une charte pour l’éco-navigation avec le réseau d’aires maritimes protégées de la Méditerranée (Photo Robert Poulain)

C’est un pas de plus vers l’éco-navigation et la protection de la biodiversité marine. La compagnie La Méridionale vient de formaliser son engagement RSE par la signature d’une charte avec le réseau d’aires maritimes protégées (AMP) de la Méditerranée. Trois signataires s’associent à la démarche, ciblant la période 2018-2020 : le Parc national des Calanques, le Parc national de Port-Cros et le Parc naturel marin du Cap Corse et de l’Agriate. Le site Natura 2000 Embiez-Cap Sicié devrait leur emboîter le pas et associer son nom à la charte lui aussi, dans le courant de l’automne. L’idée, c’est celle du commandant Olivier Varin, amoureux des mers et des océans, comptant 30 ans de navigation au sein de La Méridionale... et désireux de valoriser toutes les initiatives impulsées par sa compagnie, décidément pionnière sur la question de l’éco-responsabilité. « Le point de départ, ce sont des actions concrètes mises en place dès 2011, avec l’équipement du système Repcet, nous permettant de repérer les cétacés et de transmettre leur position afin d’éviter les collisions. La palette s’est étoffée depuis : branchements à quai de nos trois navires à Marseille en 2016, filtrage de l’eau de ballast par UV afin d’éviter de rejeter d’une zone à l’autre des espèces invasives, tri de nos déchets... Tout cela pour préserver la Méditerranée, un joyau qui fait l’objet d’agressions », décrit le PDG Marc Reverchon. Toutefois, « les solutions ne sont pas toujours sur l’étagère », précise-t-il. Il faut donc faire preuve d’innovation. « Par exemple, la connexion des ferries à quai n’a rien d’un long fleuve tranquille ». Ce ne sont pas des vains mots : le 20 septembre dernier, au terme de presque un an de R&D avec l’entreprise Air Flow, La Méridionale a fait la démonstration d’une solution de branchement électrique adaptée aux spécificités insulaires de la Corse et faisant intervenir le gaz naturel liquéfié, ou GNL.

Des impacts à maîtriser

Dans les termes, la charte ne mentionne donc rien qui ne se fasse déjà, bien sûr : réduire les consommations de combustibles fossiles, poursuivre les démarches de réduction des rejets et de valorisation des déchets, assurer une veille technologique et réglementaire, contribuer à l’amélioration des connaissances, notamment sur l’observation des cétacés... Toutefois cette formalisation de bonnes pratiques est bénéfique, estime Didier Réault, président du CA du Parc national des calanques : « une charte est un document de référence. Nous avons besoin d’exemples comme La Méridionale pour que tout le monde aille sur ces sujets-là ». Car l’enjeu est spécifiquement sur ce point : d’autres compagnies « doivent se joindre à cette dynamique », espère de son côté François Gauthiez, directeur de l’appui aux politiques publiques de l’AFB (association française de la biodiversité), revenant sur la nécessité de maîtriser les impacts négatifs liés à l’activité maritime : « Les principaux secteurs de cette économie sont annoncés en croissance dans les quinze prochaines années. Par exemple, on table sur une hausse de 4% du commerce maritime mondial d’ici 2025, hausse qui sera très largement reflétée dans la Méditerranée française ».

La nécessité d’une conscientisation collective

Une prise de conscience collective est donc vitale à plus d’un titre... Pour illustration, un système tel que Repcet, transmettant les informations concernant la position des cétacés aux seuls navires équipés de cette technologie, n’aura d’intérêt et d’efficience que si une majorité de compagnies s’en dotent... Ainsi le cadre de l’AFB évoque-t-il une possibilité : « Cette charte pourra être reprise par d’autres armateurs et d’autres aires maritimes protégées, en Méditerranée, mais aussi sur les autres façades tout en respectant un socle minimum d’engagement ». Dans cette optique, World Wide Foundation France (WWF) s’est engagé à « faire connaître cette charte dans le cadre du projet PHAROS4MPAs (un référentiel environnemental pour les activités maritimes au sein des AMP de Méditerranée, NDLR) qu’il coordonne auprès des aires maritimes protégées du réseau MedPAN et des gouvernements de sept pays européens », annonce Ludovic Frère Escoffier, responsable du programme Océans WWF France. Bien sûr, s’engager dans de tels investissements demande une certaine assise financière aux armateurs... Toutefois, à terme, les volontés citoyennes et les réglementations ne leur laisseront pas forcément le choix, notamment en termes de préservation de la qualité de l’air : la Méditerranée pourrait très prochainement être classée en zone d’émissions contrôlées Seca (spécifique à l’oxyde de soufre) et Neca (visant l’oxyde d’azote). Alors, autant s’en préoccuper dès aujourd’hui...

Poursuivre dans l’innovation

Ainsi cette charte est-elle davantage qu’une simple formalisation sur le papier. « Elle va aussi permettre de poursuivre des efforts déjà entrepris. Car même si La Méridionale a déjà impulsé des actions dans la plupart des domaines d’engagement, il faut continuer à avancer. Par exemple, Repcet ne fonctionne que le jour. Il y a des évolutions technologiques à mettre en œuvre pour que les systèmes anti-collisions se fassent aussi la nuit », détaille-t-on encore au sein de WWF France. Ainsi, cette contractualisation doit-elle être suivie d’effets. « Il sera nécessaire de l’assortir d’un plan d’actions afin de veiller à sa réelle implémentation sur le terrain », avance Ludovic Frère Escoffier. Demeurer dans le concret, c’est aussi la préoccupation de Madeleine Cancemi, directrice déléguée du Parc naturel marin du Cap Corse et de l’Agriate. « Nous espérons pouvoir travailler sur des sujets précis. Par exemple, à l’Ouest, on observe une concentration de mammifères sur le front liguro-provençal à certaines périodes. Comment améliorer le trafic de ces zones », interroge-t-elle ? Et d’évoquer l’impérieuse nécessité d’une communication efficiente. C’est d’ailleurs la part que doit accomplir le réseau des AMP, formalisée là encore dans la charte : former les professionnels du maritime et sensibiliser le public. « Nous pouvons aider La Méridionale en ce sens. Il faut travailler à des messages, notamment sur la question des déchets. On en trouve énormément dans les épaves profondes. Et puis, les jets de mégots, ce n’est plus possible ! Il y a encore beaucoup à faire pour capter l’attention du public, réaliser des enquêtes de satisfaction, voir par exemple qui connaît les AMP  ». Aires maritimes protégées qui couvrent en Méditerranée quelque 45% de la façade de la Méditerranée, en comptant le sanctuaire Pelagos... Quid du reste ? « Ces aires sont un outil pour innover. Mais il est évident que l’on doit protéger le milieu maritime dans son ensemble  », conclut Didier Réault.
Carole PAYRAU

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