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Les grandes expositions de l’été. Cézanne, Van Gogh : le retour des maîtres à domicile

samedi 17 août 2019

Le hasard fait parfois bien les choses. En cet été 2019, deux œuvres picturales majeures, une Sainte-Victoire de Paul Cézanne et Le Semeur de Van Gogh créent deux événements en étant accrochées au cœur des villes où ces deux maître ont vécu et travaillé. Et pour que l’histoire soit encore plus étonnante, les deux tableaux arrivent de Suisse, le premier du Kunstmuseum de Berne et le second de la collection Emil Bührle de Zurich. Et pour parfaire le tout, les deux ont des parcours étonnants.

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Les prêteurs, la famille Cézanne et Bruno Ely réunis autour de la Sainte-Victoire de l’ex-collection Gurlitt. (Photo M.E).

La Sainte-Victoire de l’ancienne collection Gurlitt a quitté le patrimoine des Cézanne pendant la guerre. Achetée, spoliée ? Difficile de le savoir. Selon les descendants du maître d’Aix-en-Provence, le tableau, passé aux mains de l’occupant allemand, aurait servi à préserver la liberté de personnes de la famille de confession juive. En 2014, il entre dans les collections du Kunstmuseum de Berne au titre du legs de Cornelius Gurlitt. Mais la difficulté de déterminer la propriété effective de l’œuvre verra s’engager des discussions entre la famille Cézanne et la direction du musée. Philippe, arrière petit-fils du peintre, président d’honneur de la Société Paul Cézanne et grand ami du musée Granet va initier la mise en place d’une convention qui va permettre d’alterner la présentation de cette Sainte-Victoire entre Berne et Aix-en-Provence. Et en cette année de commémoration du trentième sinistre anniversaire de l’incendie de la montagne, l’œuvre est accrochée au Musée Granet. Pour la circonstance, Bruno Ely, le conservateur du musée Granet, a frappé un grand coup puisqu’il propose, sur le thème Sainte(s)-Victoire(s) une exposition événement avec trois Sainte-Victoire de Cézanne présentées côte à côte. Trois toiles qui témoignent de trois époques puisque la première, prêtée par le musée d’Orsay, fut peinte vers 1890, la deuxième, cette de l’ex-collection Gurlitt, date de 1897 et la troisième, chef d’œuvre de la collection Pearlman déposée au Princeton University Art Museum, fut réalisée vers 1904-1906. L’événement était déjà conséquent ; mais Bruno Ely ne s’est pas arrêté là, réunissant à cette occasion d’autres œuvres ayant eu la montagne comme source d’inspiration. Ainsi ces tableaux de l’école provençale avant Cézanne que l’on doit à Constantin, Granet, Grésy, Loubon et Guigou et ceux qui arriveront après le maître d’Aix, Masson, Picasso Tal Coat et Plossu. Au sein de ces œuvres majeures, notre coup de cœur est allé, sans aucune hésitation, à cette magistrale Carrière de Bibémus peinte en 1948 par André Masson.
"Sainte(s)-Victoire(s)" au musée Granet d’Aix-en-Provence jusqu’au 29 septembre. Ouvert du mardi au dimanche de 10 à 19 heures. museegranet-aixenprovence.fr

Le Semeur au soleil couchant : quand Van Gogh défie Gauguin

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Pour présenter "Le Semeur au soleil couchant", Bice Curiger, directrice artistique de la Fondation Vincent Van Gogh en compagnie de Lukas Gloor, commissaire de l’exposition du Semeur à la Fondation et directeur de la collection Emil Bührle à Zurich. (Photo M.E.)

Après avoir décidé de devenir peintre, Van Gogh recopie un tableau de Jean-François Millet, Le Semeur, qui a été exposé en 1850. Lorsqu’il s’installe à Arles, au début 1888, il est rattrapé par ce thème ; en juin, il réalise un premier « semeur ». Puis, il reçoit Gauguin en octobre de la même année et en une journée il peindra une nouvelle toile en mettant en scène un paysan dans son champ pour prouver à Gauguin sa maîtrise de la touche impressionniste. Un mois plus tard, en novembre, il peint un autre semeur avec plus d’intensité et de couleurs, certainement pour faire concurrence à Gauguin. Et dans la foulée il réalisera Le Semeur au soleil couchant dont il sera tellement fier et satisfait qu’il le signera « Vincent », ce qu’il ne faisait que très rarement. Une toile exceptionnelle, d’un équilibre parfait, d’où se dégage une ambiance étrange, à la fois froide et attirante. Van Gogh et Gauguin n’auront pas créé leur communauté artistique mais il restera de cette rencontre une toile majeure. 130 ans plus tard, Bice Curiger, la directrice artistique de la Fondation Vincent Van Gogh à Arles, accueille avec un large sourire ce chef-d’œuvre dans l’une de ses salles. Un accrochage d’autant plus heureux que ce « semeur » a beaucoup changé de mains en 130 ans. C’est Théo Van Gogh qui l’avait accroché chez lui après le décès de Vincent. Quelques mois plus tard, la femme de Theo, Jo, en fait cadeau au psychiatre et écrivain néerlandais Frederick Van Eeden. Le tableau sera ensuite acheté par la Kunstzalen d’Audretsch à La Haye, puis par la galerie Paul Cassirer à Berlin avant d’être vendu au banquier berlinois Franz Von Mendelssohn. Au décès de ce dernier, c’est son fils Robert qui après avoir passé la guerre dans le Jura souabe, où les œuvres d’art qui étaient à Berlin ont été mises à l’abri, s’installera en Suisse. En 1951, l’industriel d’origine allemande Emil Bührle deviendra propriétaire du « Semeur au soleil couchant ». En 1960 la veuve d’Emil Bührle et ses enfants créent une fondation à laquelle ils font don d’un tiers de la collection dont Le Semeur au soleil couchant fait partie.
Michel EGEA
"Le retour du semeur" à la Fondation Van Gogh jusqu’au 20 octobre. Ouvert tous les jours de 10 heures à 18h15. fondation-vincentvangogh-arles.org

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