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Les projets Euromed II présentés sur fond d’un directeur sur siège éjectable

mercredi 14 décembre 2016

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François Jalinot et Laure-Agnès Caradec ont présenté les avancées des projets d’Euromed II (Photo Robert Poulain)

L’aventure Euromed se poursuit vers le Nord. D’ici 2018, un quartier résidentiel d’environ 2 000 logements verra le jour dans le secteur de l’hôpital Européen. Ce "Parc Habité" dessiné par l’urbaniste Yves Lion entend préfigurer les nouveaux modes d’habitat écologiques qui seront déployés par l’EcoCité sur 169 hectares. L’extension parachèvera la transformation urbaine, son ambition est de créer 20 000 emplois et 14 000 logements neufs et attirer 30 000 habitants supplémentaires. Mais, avant d’évoquer ces dossiers, Laure Agnès Caradec, la présidente d’Euromed est revenu sur l’actualité : le rapport de la Chambre régionale des Comptes, mais, surtout, sur un courrier d’Emmanuelle Cosse, la ministre du logement, qui envoie à la retraite l’actuel directeur général d’Euromed, François Jalinot, qui, pour sa part n’y aspire absolument pas. Cela pour placer Thierry Laget, son directeur adjoint de cabinet. « C’est une décision unilatérale de sa part, s’insurge Laure Agnès Caradec, elle n’a pas fait d’appel à candidature, ne nous a pas contactés. Face à cela, une lettre rejetant cette nomination, a été envoyée au Premier ministre. Elle est signée par la Ville, la Métropole, le Département et la Région [1] car c’est pour le moins inconvenant de traiter avec un tel mépris l’exécutif des collectivités locales très impliquées dans Euromed  ». Elle précise également que la date butoir, pour cette nomination est, le 20 décembre.

La rigueur de notre gestion est reconnue

Concernant la Chambre Régionale des Comptes, la présidente se réjouit : « La rigueur de notre gestion est reconnue. Il y a des remarques sur le prix du foncier de certaines opérations, mais nous sommes là devant des cas : la Villa Méditerranée, le Mucem, où ce sont les arbitrages de l’État qui se sont imposés ». Concernant le multiplex, dont les travaux débuteront début 2017, « l’équipement est coûteux et peu rémunérateur pour ses investisseurs, il a fait l’objet d’une péréquation entre les prix des bureaux et de l’hôtel composant l’opération Euromed Center, dont la recette globale est strictement conforme au bilan approuvé parle C.A », précise la présidente qui poursuit avec Les Terrasses du Port : « Il convient de rappeler qu’elles ont été construites sur un terrain appartenant au Grand Port Maritime de Marseille (GPMM), conformément à la réglementation qui s’applique au Port en matière de droit à construire. » Une fois ces éclairages apportés, Laure Agnès Caradec en revient au projet : « La réussite d’Euromed créera une transversalité qui, aujourd’hui, n’existe pas. Sur un périmètre actuellement dégradé on va assister à la construction de la ville, à la naissance d’un lien entre le Nord et le Centre de la Ville ». Pour y parvenir Euromed entend faire sauter un certain nombre de "barrages", parmi lesquels, la gare du Canet : « Mais la SNCF s’arc-boute sur ses positions. Alors que la Région, le Département et la Ville sont d’accord pour créer sur une partie de l’emplacement de cette gare une cité scolaire internationale comprenant primaire, collège et lycée ainsi qu’un internat »
Puis d’évoquer un certain nombre de dossiers emblématiques : « Le projet Smartseille est le fruit d’une démarche innovante instiguée par Phosphore, la cellule recherche et développement d’Eiffage. L’innovation est présente à tous les étages : mixité des usages, pièces nomades dans les logements, service d’autopartage, parkings mutualisés, potagers partagés, e-conciergerie ». Après la livraison du premier immeuble -qui regroupe un hôtel et des bureaux où sont installés depuis début novembre près de 500 agents de la ville de Marseille- le promoteur livrera en 2017 le premier lot résidentiel, un bâtiment de 60 logements et un immeuble de bureaux qui accueillera notamment les 250 salariés du siège régional d’Eiffage Construction et les équipes du cabinet d’ingénierie Ingérop.

Îlot XXL : « une ambition ancrée dans la réalité sociale de ces quartiers »

Puis, la Présidente en vient à l’îlot XXL qui représente une superficie de 14 hectares à proximité du marché aux puces. « Il s’agit d’un îlot démonstrateur qui se veut très ambitieux. Nous avons choisi le groupe Bouygues avec lequel nous allons avoir de nombreuses réunions. Le projet s’inscrit dans une logique d’aménagement durable au service d’une ambition ancrée dans la réalité sociale de ces quartiers parmi les plus paupérisés du pays. Il s’agit de profiter de la recomposition urbaine pour insuffler une nouvelle dynamique économique ». Met ensuite en exergue la friche Romieu : « Sur le plan économique, l’aménageur souhaite aller vite. Il est en discussions avancées avec un opérateur pour engager la reconversion de cette friche. » Le projet envisagé est porté par ICI Montreuil, entreprise du secteur de l’économie sociale et solidaire qui accueille sur son site francilien, une ancienne usine, les bureaux et les ateliers d’une centaine d’artistes, artisans, entrepreneurs et autres start-up innovantes. Un réseau d’une soixantaine de savoir-faire artisanaux, artistiques, technologiques et de design qui trouve sur place des machines et du matériel en location à moindre coût. « La société envisage de dupliquer à Marseille ce concept d’usine de création collaborative et solidaire », précise-t-elle. Cet écosystème pourrait s’installer dans les locaux restructurés de la friche Romieu ou sur une emprise récemment libérée sur la rue de Lyon au sein de l’îlot XXL. Ces derniers proposeront des bureaux, des espaces communs, des chambres, une zone de production avec des outils de production numériques, imprimante 3D et une boutique showroom.

Une vaste rénovation de l’habitat doit suivre aux Crottes

Pour le noyau villageois des Crottes, la présidente rappelle : « Ce quartier s’est paupérisé parce qu’il a vu des frontières fortes se construire entre lui et le reste de la Ville. Nous voulons les gommer et, pour favoriser les mobilités, le pôle multimodal de Capitaine Gèze va voir le jour ». Par ailleurs, un travail de régénération est inscrit dans le cadre du nouveau programme national de renouvellement urbain (NPNRU). Sans attendre la mise en orbite officielle des projets du NPNRU, ajoute-t-elle : « Nous préparons des interventions d’urgence dans le cadre du protocole de préfiguration. Si le dossier est accepté, dès l’an prochain, plusieurs opérations seront engagées : la requalification de la place Emmanuelli et de la venelle permettant de relier la rue de Lyon à la rue Zoccola ; la création d’aires de loisirs sportifs sous la passerelle du métro, au niveau de la traverse Bachas ; la requalification de la passerelle Gauchet avec création d’une fresque murale... ». Puis une vaste rénovation de l’habitat doit suivre aux Crottes, il sera accompagné de l’aménagement de l’espace public. Enfin, Laure-Agnès Caradec fait le point sur le parc Bougainville : « Il va faire le lien entre le Nord et le Centre, et le premier jalon du grand parc des Aygalades. Cinq équipes de paysagistes sont en lice : Atelier Lieux et Paysages - Base - Battle I Roig - D’ici là - Wagon Landscaping. Le lauréat qui sera sélectionné au début 2017 aura pour mission de dessiner ce poumon vert de 4 hectares situé au confluent de plusieurs grands programmes de renouvellement urbain ». In fine, le coût global de ce chantier écolo s’élève à 38M€. Mais, sans attendre la mise en œuvre des premiers aménagements définitifs de ce parc à l’horizon 2020, des prémices du parc verront le jour dès le premier semestre 2017. « Sous la houlette d’Ingérop et du cabinet d’architectes SoVille des aménagements provisoires vont être réalisés pour un coût de 500 000€. Plusieurs oasis de verdure seront déployés sur des parcelles détenues par la Ville. » Conformément aux demandes exprimées par les habitants lors de la concertation, « Ces petits îlots de nature seront autant d’occasions de rencontres : aires de jeux d’enfants, terrains de street sports, rocher d’escalade, rampe de skate board... Ce maillage d’équipements aura pour épine dorsale un cheminement piéton provisoire qui reliera le boulevard de Briançon et le métro Bougainville aux grands ensembles résidentiels ».
Michel CAIRE

Euromed et la Méditerranée

La dimension méditerranéenne était au cœur du projet Euromed à sa naissance, elle s’est, depuis, en grande partie perdue, François Jalinot, le directeur général d’Euromed explique : « La question que l’on doit se poser est celle de savoir s’il existe encore une politique méditerranéenne. On voit ce qu’ont donné le processus de Barcelone et l’Union pour la Méditerranée, ce n’est pas flambant. Michel Vauzelle a tenté de relancer cette politique mais son initiative n’a pas prospéré au niveau européen et il n’y a pas plus d’écho à Paris. Il n’y a pas d’approches sérieuses. Alors, il n’en reste pas moins que Marseille a un rôle à jouer, plus sur un plan économique avec l’Afrique qui se développe ».


[1« Non à la nomination in extremis dʼun membre de cabinet ministériel à la direction générale dʼEuroméditerrannée »
Déclaration commune de Jean-Claude Gaudin, Christian Estrosi, Martine Vassal et Laure-Agnès Caradec : La réussite de lʼopération dʼintérêt national Euroméditerranée est reconnue. A lʼheure où sʼengage une phase de transition opérationnelle et financière décisive, il est fondamental de pérenniser le pacte de gouvernance partagée qui a permis le succès de cette opération essentielle pour lʼavenir de Marseille et de tout son territoire. Lors du conseil dʼadministration du 24 novembre 2016, le budget 2017 a été voté et les collectivités ont réaffirmé dʼune même voix leur important engagement financier et leur confiance à lʼéquipe en charge de sa gestion actuelle. Le soutien de l’État est en diminution. L’État nʼest plus le principal financeur de lʼopération mais sʼapprête à prendre une décision autoritaire qui mettrait fin à 20 ans de gouvernance partagée. Le pacte est aujourdʼhui mis en danger par la volonté inique de la ministre du Logement de "recaser" son directeur adjoint de cabinet à la direction générale de lʼétablissement public. En tant que responsables des institutions qui siègent au conseil dʼadministration de lʼétablissement public, nous avons co-signé un courrier au Président de la République et au premier ministre pour nous y opposer.
La présidente dʼEuroméditerranée a également personnellement répondu à la ministre du logement qui lui faisait part de sa volonté de ne pas renouveler les fonctions du directeur général. Nous disons NON à la nomination dʼun membre de cabinet ministériel in extremis, et dénonçons le mépris inadmissible de la démocratie locale. Le directeur général en place a été un artisan précieux du succès de lʼopération. Les collectivités, compte tenu de leur implication financière notable, sont légitimes à penser que sa succession doit être davantage préparée pour assurer la continuité de lʼétablissement et opérée dans un climat serein et respectueux. La réussite dʼEuroméditerranée tient essentiellement de lʼapproche partenariale que nous avons toujours su respecter. »

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