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Lettres adressées aux candidats des municipales à Marseille par Jean-Benoît Vion

lundi 27 janvier 2014

Le journaliste Jean-Benoît Vion propose chaque lundi une lettre qu’il adresse à l’un des candidats aux municipales de Marseille. A tout seigneur, tout honneur, il a ouvert cette rubrique épistolaire par une missive adressée au sénateur-maire UMP, Jean-Claude Gaudin puis, au député-maire socialiste du 1er secteur Patrick Mennucci, à Stéphane Ravier, tête de liste du Front national et à Jean-Marc Coppola , tête de liste du Front de gauche. Ce lundi, sa prose est destinée, enfin à une femme, la PRG, Lisette Narducci.
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Chère Madame Lisette Narducci, Madame la maire

Puis-je me permettre de vous envoyer cette courte missive en ce début d’année 2014, une année rude et particulièrement délicate pour vous.
Mais vous avez le sourire radieux de la femme politique qui est sûre d’elle. C’est bon signe. En fait, vous savez très bien que dans les semaines qui viennent, vos anciens amis socialistes ne vous feront aucun cadeau, tous les coups seront violents et durs. Pardonnez-moi, mais je crois que vous n’avez pas le cuir assez tanné pour résister à toutes les pressions, les coups bas qui vont vous tomber sur le dos.

En politique, le Général de Gaulle a écrit dans ses mémoires : « Le coup de poignard dans le cœur vient toujours de ses amis, c’est celui qui fait le plus mal, qui blesse. Le mauvais coup de l’ennemi est prévisible et donc méprisable, mais il est respectable, il ne touche pas les organes vitaux...  »

Certes, cette analyse n’est pas très réjouissante mais je crois savoir que vous n’êtes plus seule face aux techniciens politiques du PS de la rue Solférino à Paris qui dictent le règlement aux candidats marseillais de votre ancien parti. Ils souhaitent vous couper la tête politiquement, tout simplement parce que vous êtes fidèle.
Et dans le monde politique, la fidélité n’est pas toujours appréciée.

Vendredi dernier, je déjeunais, derrière vous, lors des vœux à la presse du président du Conseil Général, Jean Noël Guérini. Il n’avait que des mots doux à votre égard. Il vous a cité une bonne dizaine de fois en insistant, parfois un peu lourdement, que vous étiez la seule et la meilleure candidate pour les 2e et 3e arrondissements dont le Panier, que vous aimez tant tous les deux.
Personnellement, j’ai trouvé Guérini, ce vendredi, en grande forme, (j’allais dire remonter comme un coucou suisse...) et mon petit doigt de paysan du Pays de Caux me dit qu’il risque de vouloir se venger de tous ceux qui lui ont tourné le dos. Et Dieu sait s’ils sont nombreux.
Vous, vous êtes restée fidèle. Vous avez même déchiré votre carte du Parti Socialiste pour rejoindre les Radicaux de Gauche.
C’est osé mais courageux. Il est certain que ce n’est pas pour ce pauvre « drapeau » des Radicaux que vos électeurs iront voter mais pour vous, votre personnalité.
Madame Narducci, vous êtes la maire de votre secteur depuis 2001 et je dois bien vous l’avouer, tous les habitants de vos quartiers le reconnaissent, vous êtes à l’écoute et proche de la population. Une jeune maman m’expliquait, jeudi dernier : « Madame Lisette m’a permis de trouver un emploi de femme de ménage à l’hôpital Européen et pourtant elle sait que je ne vote pas. Alors ne m’emmerdez pas avec vos histoires de clientélisme, elle m’a rien demandé. J’ai un mi-temps et je peux mieux m’occuper de mes deux enfants. »
Le célèbre René Malleville, l’un de vos conseillers d’arrondissements, bien connu pour ses coups de gueules sur L’OM, me disait samedi dernier : « Je fais de la politique depuis 45 ans. J’ai commencé minot, à 29 ans, sous Gaston Defferre, je n’ai jamais vu une personnalité politique aussi présente sur le terrain, sauf Jean Masse, le père de Marius et le grand père de Christophe. Jour et nuit, elle est proche des gens dès le moindre problème. Parfois, elle m’use mais elle garde toujours le sourire même quand ses plus proches lui tournent le dos par peur de Mennucci. » Et d’ajouter : «  Moi, je reste son ami même si parfois je la trouve trop tendre avec les adversaires. Eh oui, la politique à Marseille, c’est pas la maison des Bisounours ! »

Chère Madame Narducci, samedi, vous avez réussi à bloquer la rue Colbert avec vos partisans. Ils étaient tellement nombreux que la RTM a dû appeler la police pour faire dégager la rue. C’est plutôt bon signe pour vous. La RTM est dirigée par Eugène Caselli, votre adversaire direct, et présidée par celui qui veut absolument se rapprocher de Monsieur Mennucci, l’incontournable « Vert » Karim Zéribi. C’est bizarre non ! D’autant que Jean Noël Guérini est venu vous rejoindre dans votre fief.

Madame Narducci, je crois que vous n’allez plus jouer « Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil  », un film du regretté Jean Yann. Pour ces municipales, vous devrez vous battre contre des adversaires qui ne vous aiment plus. Avez-vous les épaules assez larges ? Seuls les électeurs de mars prochain ont la réponse...

Respectueusement Vôtre
Jean-Benoît VION

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