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Marseille : 2 000 manifestants pour exiger le jugement du meurtrier de Sarah Halimi

lundi 6 janvier 2020

Plus de 2000 personnes ont manifesté ce dimanche 5 janvier à Marseille à l’appel du Crif Marseille-Provence, du Fonds social Juif associé « en tant que citoyens français », pour dénoncer la décision de la Cour d’Appel de Paris caractérisant le meurtrier de Sarah Halimi comme irresponsable pénalement, l’exonérant ainsi de toute condamnation. Bruno Benjamin, le président du Crif Marseille Provence devait déclarer à cette occasion qu’un recours auprès de la Cour de cassation allait être déposé et qu’un groupe de juristes travaillaient sur un texte modifiant l’article 122-1 du Code pénal considérant que n’est pas pénalement responsable la personne qui était atteinte, au moment des faits, d’un trouble psychique ou neuropsychique ayant aboli son discernement. Texte qui sera déposé par des députés à l’Assemblée Nationale afin de faire évoluer la Loi.

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(Photo Robert Poulain)
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Quelque 2 000 personnes ont participé à cette manifestation pour que l’assassin de Sarah Halimi soit jugé (Photo Robert Poulain)
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Bruno Benjamin, entouré de Renaud Muselier et Bruno Gilles (Photo Robert Poulain)

Le cortège est partie de la place de la Préfecture pour se rendre devant celle du Palais de Justice, des voix s’élèvent : « Justice pour Sarah », « Juifs assassinés, République en danger », tandis que sur des banderoles on pouvait lire : « Pas de droit sans justice » ou « Fume un joint il ne t’arrivera rien ». Au premier rang de la manifestation, aux côtés des responsables de la communauté juive, on notait la présence de Renaud Muselier, président LR de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, ainsi que de nombreux candidats aux élections municipales à Marseille aux rangs desquels Martine Vassal, présidente du Département 13 et de la métropole Aix-Marseille-Provence et candidate LR , le sénateur Bruno Gilles candidat ex-LR, Yvon Berland, candidat LREM, Stéphane Ravier, RN, Christophe Madrolle ou encore les Aixois Sophie Joissains, sénatrice UDI et Mohamed Laqhila, député Modem...

« Justice pour Sarah Halimi »

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Des jeunes de Frais-Vallon (13e) ont rejoint le rassemblement (Photo Robert Poulain)
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Intervention du pasteur Frédéric Baudin (Photo Robert Poulain)
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Gravité de Bruno Benjamin, Renaud Muselier et Sophie Joissains lors de l’intervention de Me Chehid Selmi (Photo Robert Poulain)

Des jeunes de Frais-Vallon (13e) ont rejoint le rassemblement. Chérif explique : « Nous sommes venus parce que ce fait nous touche, pour prouver que le peuple est uni dans sa diversité et pour que justice soit rendue ». Tandis que Sophie Joissains souligne : « Jusqu’à cette décision j’avais toujours vu la Justice considérer la prise d’alcool ou de stupéfiants comme une circonstance aggravante. C’est donc tout naturellement que je suis venue partager l’incompréhension et la colère des manifestants ». Au terme de la manifestation Bruno Benjamin pouvait lancer : « Je suis fier de Marseille, la Ville s’est mobilisée dans sa diversité. Marseille est un exemple d’union. Ici tout le monde se côtoie, échange ». Précise : « Nous ne sommes pas là pour stigmatiser quiconque lors de cette manifestation, nous sommes là pour réclamer justice pour Sarah ». Et de céder la parole au pasteur Baudin de l’Église évangélique pour qui « Il est temps de réagir plus audibles, plus déterminés contre toute forme de racisme et d’antisémitisme » et d’affirmer : « Nous sommes surpris, consternés par la décision du Tribunal qui évoque "l’irresponsabilité pénale" car nous pensons que la Loi doit permettre l’exposé des faits et de rendre la justice or, avec Sarah Halimi, cette attente n’est pas satisfaite.Et, chaque fois que l’impunité l’emporte cela renforce la banalisation des actes les plus répréhensibles ». Me Chehid Selmi prenait la parole « en tant que citoyen » pour rappeler l’article 122 du Code pénal précise que l’altération du discernement n’empêche pas le jugement tout en minorant la peine. « Dans ce dossier, une première analyse a considéré qu’il y avait altération et deux autres abolitions du discernement ce qui a conduit le Tribunal a évoqué l’irresponsabilité pénale et nous nous trouvons dans une situation où toutes les parties sont privées d’un procès, d’une discussion sociétale qui engage tout le monde ». Bruno Benjamin reprend : « Elie Wiesel disait : "On doit toujours prendre partie, la neutralité aide l’oppresseur, jamais la victime". Cette parole je l’ai faite nôtre. Nous voulons la justice, nous voulons que le prévenu soit jugé. Je n’ai pas à me substituer à la Justice mais l’assassin s’est présenté à la porte de voisins de Sarah Halimi, il a forcé leur porte récitant des versets du Coran puis il franchit le balcon, s’aperçoit que la fenêtre de Sarah est entrebâillé, il perçoit des objets de culte, entre et massacre Sarah Halimi alors que celle-ci appelait la Police. En face une famille assiste au drame et prévient aussi la Police. Pendant de très longues minutes coups de pieds et de poings se poursuivent avant que l’assassin ne défenestre Sarah Halimi et se mettent à crier, comme s’il avait subitement retrouvé ses esprits, qu’une femme venait de se suicider. Mais comment quelqu’un peut-il en quelques secondes passer ainsi de l’abolition du discernement à la lucidité ? Alors nous voulons un jugement et nous ne lâcherons rien ». Renaud Muselier explique sa présence par le fait que « cette décision du Tribunal met en doute les valeurs de la République, celles de liberté, d’égalité et de fraternité qui passent par la Justice. Or, dans cette histoire exceptionnellement horrible nous avons des actes qui ne sont pas qualifiés comme étant antisémites dans un premier temps, puis ils sont requalifiés avant que l’assassin ne soit soustrait au jugement. C’est insupportable. Dans ce sens cette manifestation invite à se poser des questions sur l’évolution du Droit et ses défaillances. Puis comment comprendre que nous soyons dans un Pays où ne sont pas considérés comme coupables ceux qui achètent pour leur consommation personnelle alors que le vendeur lui est coupable et, en plus, le consommateur pourrait échapper à la Loi du fait qu’il est consommateur. Il y a quelque chose qui ne va vraiment pas  ».
Michel CAIRE

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