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Marseille - A La Criée toute l’émotion de la version lyrique du « Journal d’Anne Frank »

mardi 8 décembre 2015

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Au moment des saluts, devant les musiciens, Macha Makeïeff, Marc Albrecht et Emilie Pictet, la remarquable soprano helvétique (Photo M.E.)

Au lendemain du premier tour des élections régionales et des résultats que l’on sait, entendre le Journal d’Anne Frank à La Criée, dans une version opératique, à l’invitation des Musiques Interdites, était lourd de signification. Anne Frank, cette adolescente juive allemande, réfugiée en Hollande, qui vécut enfermée dans une « cachette » pendant deux ans avant que les SS ne la « raflent » avec sa famille, avait consigné le récit de son quotidien dans son « journal ». Ses craintes, ses petits bonheurs, son amour des autres, sa passion pour le cinéma, ses évasions en regardant le ciel bleu : tout y est raconté, détaillé, avec une puissance émotionnelle hors du commun. Après la rafle, les écrits avaient été récupérés et placés en sécurité par Miep Gies qui avait caché les Frank. Seul survivant de la famille, c’est à son père de retour des camps que Miep Gies remettra le manuscrit. Après avoir longtemps hésité Otto Frank donnera son feu vert à la publication du journal en 1947. Il deviendra l’une des œuvres majeures de la littérature du XXe siècle.
Musique Interdites nous proposait de découvrir le monodrame composé en 1972 par le russe Grigori Frid. Et, pour la première fois en France, l’œuvre initialement travaillée en russe, était donnée en langue allemande. Ce qui n’a pas manqué de lui conférer encore plus de puissance et d’augmenter son pouvoir émotionnel. Pour incarner Anne, deux femmes : la soprano Émilie Pictet, et Macha Makeïeff, retrouvant son rôle de comédienne, récitante en voix off d’extraits en français. Sur un registre impressionnant d’amplitude, la jeune soprano dispose d’une voix souple, modulée, superbement timbrée. Elle passe des joies de la jeune écolière à ses angoisses, ses terreurs. Et surtout à cette incroyable capacité qu’a eu la jeune Anne, coupée du monde, vivant plusieurs mois entre quelques murs, de comprendre la vie, les espoirs et peurs des jeunes de son âge. La musique, scandée, puissante, passe du célesta angélique aux sonorités graves et inquiétantes du basson ou du violoncelle. Les notes du jazz rappellent, elles, qu’on est là dans son époque. Une partition dense et très structurée servie avec talent, passion et précision par l’Ensemble Instrumental de l’Orchestre Philharmonique de Marseille et Vladik Polionov au piano et au célesta ; le tout sous la direction nette de Marc Albrecht.
Une fois de plus, le Festival Musiques Interdites a offert à l’écoute une œuvre oubliée, cachée qui demanderait à être de nouveau entendue pour en apprécier toutes les subtilités.

Gisèle Féral

Pratique - « Le Journal d’Anne Frank » opéra-monodrame de Grigori Frid, en partenariat avec Musiques Interdites, ce mardi 8 décembre à 20 heures à La Criée, Petit Théâtre, 30 quai de Rive Neuve 13007 Marseille. Places de 6 à 12 euros. Réservations à la Criée de 12h à 18h ou par téléphone au : 04 91 54 70 54. theatre-lacriee.com

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