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Marseille : "Coco Velten" un espace qui prépare l’avenir du vivre ensemble

samedi 20 avril 2019

Jouxtant le quartier de Belsunce, la Porte d’Aix et la gare Saint-Charles, l’îlot Velten réunit plusieurs équipements publics accessibles aux personnes du quartier et plus attractifs pour tous. Cet investissement public de plus de 7,5M€ a permis l’aménagement et la restructuration du centre social Bernard-Dubois, la réhabilitation et l’agrandissement du Centre d’Animation de Quartier Velten, avec un nouveau plateau sportif en intérieur et un terrain de sport en extérieur et de nouveaux locaux pour l’association de quartier Contact Club. La Cité de la Musique bénéficie d’un nouvel accès, avec, en sous-sol, des salles de cours et une salle de concert « Les Caves » rénovées. L’îlot est désormais entièrement piéton et accueille des espaces verts et des jeux pour enfants. Et en lieu et place des anciens locaux de la Dirmed pour une durée de 3 ans, un espace d’accueil et d’escale "Coco Velten" a été inauguré par le Premier ministre Édouard Philippe le 12 avril...

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De gauche à droite Erick-Noël Damagnez, Groupe SOS Solidarités, Sophia Daoud, Yes We Camp et Océane Vilbert, Plateau urbain (Photo Mireille Bianciotto)

Lieu d’accueil à dimension sociale, Coco Velten est un projet porté par 3 associations, Yes We Camp, pour la coordination générale, le groupe SOS Solidarités pour la résidence sociale et, Plateau Urbain pour l’animation du volet entrepreneurial. Une synergie pensée pour favoriser la création de liens entre les différents publics et l’insertion des personnes en situation d’exclusion. L’État de façon temporaire prête le bâtiment qui va regrouper à la fois une résidence sociale de 80 chambres, des bureaux ouverts à des associations et des structures... En marge de l’inauguration entretien avec les trois structures porteuses du projet.

Sophia Daoud, coordinatrice du projet Coco Velten pour Yes We Camp revient sur l’idée de départ le « Lab zéro programme d’innovation sociale » initié par la Préfecture de région qui voulait s’occuper du sans-abrisme à Marseille. « Trouver d’autres solutions pour héberger les personnes sans abri et essayer de le faire rapidement. » Yes We Camp qui a l’habitude des occupations temporaires et de rassembler des publics différents dans un même lieu a été contactée dans ce cadre. « Le but est d’intégrer des sans-abri qui seraient logés ici dans un quotidien différent où il y aurait des concerts, du sport, une programmation ouverte... ». Sophia Daoud rappelle à propos de Yes We Camp qui a vu le jour en 2013 : « On s’intéresse à l’occupation temporaire pour révéler des lieux, des usages de lieux et on essaie d’y faire émerger des choses : quels usages vont fonctionner ou pas et une fois que l’on sera partis, on espère que ces usages resteront, que des liens se seront créés ». Une évaluation sera faite sur Coco Velten, pour « avoir quelques clés afin de pouvoir dupliquer ce projet. Et, Yes We Camp lance un diplôme universitaire qui s’appelle "Mise en œuvre d’espaces communs" pour faire en sorte que d’autres personnes puissent reproduire ce que l’on fait : monter des lieux, temporaires ou non mais communs qui vont servir à tout le monde ». Elle définit ce « commun », comme une manière d’éviter l’étiquette d’individualiste. « On essaie, peut-être que cela ne marchera pas, peut-être que cela donnera tout l’inverse de ce que l’on avait pensé mais on a envie d’essayer de créer plus de liens dans la ville, plus de solidarité et plus de commun entre nous ».

Erick-Noël Damagnez, directeur adjoint du groupe SOS et responsable de la résidence sociale à Coco Velten présente le slogan du Lab zéro « Il ne faut plus de SDF à Marseille, zéro SDF à 10 ans », comme le point de départ du projet Coco Velten : « accueillir des personnes en difficultés, sans abri », même si c’est temporaire, pour 3 ans seulement. Souligne les atouts de cette résidence, d’hébergement d’urgence, dans le centre-ville de Marseille, dans les anciens bureaux de la direction méditerranéenne des autoroutes, transformés en logement avec l’équipement nécessaire. La résidence sociale est sur deux étages, « ils ont une salle à manger, un espace cuisine, des sanitaires, douches, homme et femmes, un salon et une buanderie », indique-t-il. Tout type de profil est accueilli, une personne seule, des couples et des familles avec enfants et même des personnes atteintes de troubles psychiatriques « mais d’un niveau modéré ». Le cœur du projet, poursuit-il : « c’est être ensemble, être poreux et pas peureux des uns et des autres. » Erick-Noël Damagnez se félicite des premières réalisations : « On a déjà certains de nos résidents qui veulent s’engager bénévolement avec Yes We Camp sur un projet. il y a déjà des associations de Plateau urbain qui nous font des propositions, un coiffeur solidaire, une troquerie... ça y est, c’est parti. Et puis, il y a le quartier qui est autour de nous... ». Enfin, se réjouit-il : « On a aussi la chance d’avoir un toit végétalisé, on a même des abeilles. » L’équipe de cette résidence compte dix travailleurs sociaux, présents jour et nuit, par rotation, dont des coordinateurs de parcours. C’est « l’approche rétablissement » où on dit « vous êtes acteur de votre devenir et on vous remet dans votre pouvoir d’agir ».

Océane Vilbert, coordinatrice des structures occupantes du Plateau urbain indique être intervenue après Yes We Camp, pour mettre à disposition des espaces vacants pour des entreprises, des associations, des artistes, des entrepreneurs de l’économie sociale et solidaire. Cette coopérative travaille déjà à Paris avec Yes We Camp sur un projet similaire "Les grands voisins". Pour Coco Velten, 40 structures ont été sélectionnées sur plusieurs critères, en premier lieu, « la mixité d’usage », c’est à dire travailler dans les secteurs : social, culturel, artistique, artisanal ; puis « l’apport au projet global » et enfin « l’apport au quartier ». Exemples, Ancrages, la Scop atelier Aïno architecture et matériau ou le collectif A+ qui rassemble 9 structures différentes, de la radio, du son ou du film. Comment ces 40 structures vont-elles vivre ensemble ? Sans être en coworking car « elles ont leur espace privatif ». Elles ont également « des espaces partagés, de réunion, détente, cantine, cuisine ». Il y a aussi indique Océane Vilbert un petit déjeuner, tous les mercredi matins, « où les structures peuvent se retrouver, échanger, présenter leurs projets ». Le bar restaurant « La cantine » permet aussi des rencontres d’autant qu’il aura une programmation culturelle à l’année. Autre moyen de cohésion, avancée : « Une gouvernance partagée qui commence à se mettre en place avec des "cercles". Une première réunion du cercle "Programmation" a déjà eu lieu. Une prochaine réunion se tiendra pour ce cercle, elle sera ouverte aux habitants de la résidence sociale et même aux habitants du quartier. Il y a aussi le cercle "Végétalisation" , "Quartier" et un cercle Radio car une radio Coco est en projet... »

Propos recueillis par Mireille BIANCIOTTO

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