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Marseille : Laure-Agnès Caradec, présidente d’Euromed pour une "stratégie commune"avec tous les élus du périmètre

dimanche 7 février 2016

Laure-Agnès Caradec, conseillère municipale de Marseille en charge notamment de l’Urbanisme et , nouvelle présidente d’Euroméditerranée déclare avoir une « vision globale » de l’évolution de Marseille et vouloir développer une « stratégie commune » avec tous les élus de ce périmètre, maintenant du même bord politique, appelés à être les acteurs du développement économique et humain du plus grand chantier urbain d’Europe. Élue aux multiples casquettes, à la mairie centrale, à l’ex MPM, au département des Bouches du Rhône et à la Métropole Aix-Marseille-Provence, Présidente de l’AGAM et présidente d’Euromed après en avoir été l’un des membres du Conseil d’Administration, Laure-Agnès Caradec affirme être consciente de prendre ses fonctions dans un territoire qui « change d’échelle ». Vingt ans après le lancement de l’opération Euromed 1, elle fait état pour la seconde phase, Euromed 2, de « problèmes plus complexes » comme la création du Terminal de Transport Combiné de Mourepiane. Entretien.

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Laure-Agnès Caradec nouvelle présidente d’Euromed (Photo P.M.-C.)

Destimed : Comment présenteriez-vous cet outil exceptionnel qu’est Euromed ?
Laure-Agnès Caradec : Euromed est un vrai agitateur du développement urbain et économique, un générateur de projet et, de fait, un accélérateur de la Métropole. Le bilan que l’on peut dresser au bout de 20 ans c’est la construction de morceaux de ville dans tous ses usages et ses composants ; l’image que cela a permis de donner à Marseille et l’aspect métropolitain que cela a pu donner à un territoire en créant ici un grand quartier d’affaires avec des équipements culturels d’envergure dans la plus grosse opération de réhabilitation urbaine d’Europe. Tout cela a donné une visibilité à Marseille et à son territoire.

Et les espaces verts ?
Il y a des avancées dans l’aménagement de la Porte d’Aix. Le parc va enfin voir le jour. Il y a aussi le parc des Aygalades dont le projet est d’une complexité extrême puisqu’il est dépendant du chantier du Terminal de Transport Combiné de Mourepiane. L’objectif est de créer une ville durable méditerranéenne exemplaire et reproductible. Avec Euromed 2, on entre dans une complexité des programmes avec des enjeux urbains et sociologiques beaucoup plus lourds à mon sens que ceux d’Euromed 1. Là on a besoin d’un vrai débat public et cela fait partie de toutes les difficultés autour de Mourepiane avec de réels problèmes d’information des riverains. C’est-à-dire que l’on n’arrive pas avec un projet, on construit le projet ensemble.

Concernant le renouveau de la Canebière et le développement du centre-ville des 5 avenues aux Crottes, qui est dans votre domaine de compétence, comment allez-vous aider les élus Sabine Bernasconi (LR) pour le 1er secteur et Solange Biaggi (LR) pour le 2e secteur afin d’arriver à un ensemble cohérent entre la municipalité, le Département et la Métropole ?
Ma façon de travailler c’est de tout décloisonner. C’est-à-dire que l’on arrive vraiment tous, chacun avec son degré d’action de financement, de délégations, à pouvoir travailler ensemble, avoir une stratégie commune et chacun apportant sa pierre à l’édifice. On a vraiment besoin d’une stratégie. Il faut poursuivre l’amélioration de l’espace public, ce que l’on a fait avec le Tramway Canebière et rue de Rome qui regagne en qualité. Il faut que l’on fasse pareil rue Paradis et après que l’on dresse un vrai plan stratégique sur la Canebière. Aujourd’hui on travaille au projet Artplexe (complexe culturel cinéma et expositions à la place de la mairie du 1er secteur en haut de la Canebière) sur lequel on est vraiment très actif. On a le carré des Feuillants qui commence à se mettre en place, etc.

Vous parlez de stratégie commune. La seule personne à pouvoir la définir, à part Jean-Claude Gaudin, c’est vous. Vous avez toutes les délégations et toutes les cartes en main...
Mon rôle c’est de coordonner. On organise nombre de réunions de travail avec les collègues. Avec Solange Biaggi (LR, élue du 2e secteur) pour le commerce du centre-ville, avec Sabine Bernasconi (LR) qui est par ailleurs vice-présidente en charge de la culture au Département et qui a envie de booster culturellement ce premier arrondissement. On a aussi tout ce qui est délégation de proximité, la propreté, l’espace urbain. Il faut que l’on travaille tous ensemble pour définir une stratégie commune.

Sabine Bernasconi veut faire de la Canebière le « Broadway marseillais » ce qui attire des réactions sarcastiques d’habitants sur les réseaux sociaux rappelant que cela fait 20 ans que l’équipe municipale en place le promet comme Bernard Tapie, un temps candidat à la Mairie, avait annoncé vouloir faire de La Canebière une nouvelle « 5e avenue ». Y a-t-il une vraie chance que cela se fasse ?
Oui il y a une vraie chance. La première chose à noter c’est qu’un quartier se dégrade très vite, en revanche la reconquête est très difficile et sans faire de politique politicienne, je tiens à souligner que nous avons perdu six ans sous le mandat du précédent maire de secteur qui a fait de l’opposition systématique sur les projets soutenus par la ville comme la requalification du cours Pierre-Puget avec le Tramway vers la Corderie, le méli-mélo sur le cinéma MK2 à la place de la mairie de secteur (premier projet de cinéma, ndlr), et ainsi de suite. Maintenant on est tous du même bord politique, une dynamique commune et chacun a un morceau de la clé qui permettra de tout déverrouiller. On n’a pas droit à l’erreur et l’on doit tous mutualiser nos forces sur le centre-ville.

Qu’en est-il du projet annoncé par Martine Vassal, présidente (LR) du Département de dynamiser culturellement le secteur de la Bibliothèque Départementale de Prêt (BDP) Gaston Defferre située au bout du boulevard de Dunkerque faisant le lien entre Euromed1 et Euromed2 ?
C’est un projet, mais il faut étudier les compétences de cet ensemble entre Euromed2, le Département, et la Métropole en cours de constitution.

Quel est l’avenir du Dock des Suds dans Euromed 2 ?
Aujourd’hui on a le parc habité qui va sortir de terre. Je ne nie pas l’utilité de cet équipement culturel entre Euromed et la ville, unique en son genre. Il s’est posé la question de son devenir sur site. Pour son devenir tout court je ne me pose pas de question. Il faut voir avec les dirigeants des Docks des suds comment on peut envisager une implantation de relocalisation en fonction de leurs contraintes tenant compte que leur objectif est de manifestations qu’ils souhaitent développer. Il s’agit d’un dialogue.
Propos recueillis par Antoine LAZERGES

« Tout remettre à plat » pour le village des Crottes et le Marché aux puces

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(Photo Euromed )

Lors d’un déjeuner de presse, Laure Agnès Caradec a par ailleurs réaffirmé que « l’opération Euromed n’est pas qu’une simple création d’un quartier de la Défense les pieds dans l’eau ». Elle a assuré de sa volonté de « redynamiser le village des Crottes » et de « tout remettre à plat pour la réfection du Marché aux Puces d’un point de vue économique et artistique » et le développement d’ateliers d’artisanat. « La ville de demain ne peut plus se construire sans ses habitants. Il faut gagner la bataille du mieux vivre, du vivre ensemble, qui passe nécessairement par des actions fortes sur le logement et sur la réhabilitation urbaine des quartiers », affirme la présidente d’Euromed. Elle a également évoqué dans le volet économique sa volonté de création d’un lieu d’accueil pour les nouvelles technologies du type de la halle Freyssinet créée à Paris par Xavier Niel (créateur de Free) sous forme d’incubateur avec des structures d’accueil de startup. « Il ne peut y avoir de développement que par l’information », a-t-elle dit réaffirmant vouloir parvenir à un « concept de ville apprenante ». Et de préciser sa profession de foi devant la presse : « Depuis 20 ans à œuvrer dans le secteur de l’urbanisme et de l’aménagement, dans le secteur privé et public ainsi qu’à travers mes mandats électifs. En tant que présidente de l’AGAM (Agence d’urbanisme de l’agglomération marseillaise) comme dans mes fonctions d’adjointe au maire de Marseille en charge de l’Urbanisme et Projets métropolitains, je souhaite apporter de la cohérence au projet Euroméditerranée en accentuant son positionnement et son ancrage comme un outil de projets au service du territoire et du développement métropolitain »

« Le changement c’est maintenant »

Laure-Agnès Caradec affiche sa volonté de favoriser un rapprochement entre les différents intervenants sur le domaine d’Euromed et notamment le Port, la ville et la SNCF. « Euromediterranée doit, aujourd’hui, affirmer son rôle d’instrument pour effectuer la synthèse entre un cœur métropolitain attractif maillé d’équipements structurants, reliés aux différents pôles du territoire et, la création d’un nouvel espace de "ville à vivre" durable (Euromed 2) qui recompose le lien entre le territoire métropolitain, la cité, ses nouveaux quartiers et son Port ». L’humour s’est également invité lors de cette réunion avec la presse lorsqu’elle a lancé que, pour Euromed « le changement c’est maintenant  », tout en s’excusant en riant de cet « emprunt comique ».
A.L.

A propos du Terminal de Transport Combiné de Mourepiane

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La gare du Canet va être déménagé (Photo Euromed)

Le Grand Port Maritime de Marseille (GPMM) et la SNCF se heurtent à Mourepiane au rejet de la population locale qui craint des nuisances de ce Terminal Combiné de Transport Maritime projeté dans le cadre du développement de l’activité portuaire en lien avec le rail. Les associations opposées au projet avaient obtenu gain de cause auprès d’un commissaire enquêteur qui avait émis un avis défavorable. Ce commissaire enquêteur, Jean Reynaud, a depuis été radié de ses fonctions par le Tribunal administratif sur plainte du GPMM qui avait été mis en cause dans son rapport contesté, ce qui rend plus complexe la réalisation du projet déjà fragilisé par ses détracteurs qui le déclarent « mal ficelé » sans incidence sur le projet selon « des juristes ».
Le Grand Port Maritime de Marseille (GPMM), s’est abstenu de tout commentaire après les protestations du Front de Gauche contre l’éviction du commissaire enquêteur qui avait émis un avis défavorable au projet de Terminal Combiné de Transport Maritime prévu à Mourepiane dans le 16e arrondissement de Marseille.
Le « crime » de ce commissaire enquêteur est d’avoir été « impartial » et d’avoir « pointé les nuisances potentielles entraînées par le terminal conteneurs, que les riverains dénoncent depuis des mois  », affirme Jean-Marc Coppola, élu Front de gauche et conseiller municipal du 8e secteur, celui de Mourepiane. Il déclare dans un communiqué émis par le PCF qu’il est « purement scandaleux de voir une telle éviction (…) pour une fois qu’un rapport ne prend pas fait et cause pour des choix économiques qui ne prennent pas en compte les conséquences sociales, environnementales et écologiques ». L’élu appelle enfin l’État et le GPMM à « revoir leur copie » et à « savoir concilier développement économique et emploi avec amélioration du cadre de vie des riverains ». Sinon, prévient-il : « Les élus locaux, dont je suis, poursuivront les entraves pour empêcher un projet au rabais et que les Collectivités locales se substituent à un État qui ne prend pas ses responsabilités ».
La direction du GPMM avait déposé plainte auprès du Tribunal administratif de Marseille en « s’étonnant du manque de compétence de l’inspecteur dans le domaine de la logistique  » a-t-on indiqué à la direction d’Euroméditerranée. Mme Laure Agnès Caradec avait fait état de la plainte de du GPMM devant le Tribunal administratif qui a pris la décision de rayer Jean Reynaud de la liste des commissaires enquêteurs. Une telle sanction ne change cependant rien à la teneur de son enquête et à son avis défavorable sur le projet du Terminal de Mourepiane, selon des sources juridiques proches du dossier à Marseille. « Le port a besoin du ferroviaire pour développer son trafic », se borne-t-on à dire à Euromed sans préciser si le projet sera poursuivi en l’état ou avec des changements tenant compte des remarques des riverains consignées par le commissaire enquêteur évincé, ni la décision que prendra le préfet d’ignorer ou non ce rapport contesté.
Le terminal de Mourepiane, prévu pour 2017 sur 10 hectares pour un coût de 60M€ devrait permettre de développer l’activité de containers à Marseille. Il s’agit de la construction de nouvelles voies ferrées pour accueillir des trains très longs passant au milieu d’habitations existantes, de portiques et de routes pour permettre au port d’envoyer les containers directement sur des trains avec un trafic important de camions. Dans son étude d’impact la Société de Mourepiane Terminal Transport Combiné affirme dans un document non daté consultable sur Internet ce projet devrait permettre de « libérer le foncier de la seconde phase d’Euroméditerranée en reprenant les activités du chantier rail-route du Canet, situé au centre du futur parc paysager des Aygalades » qui devrait alors être fermé.
A.L.

Messages

  • Quand le GPMM (Grand Port Maritime de Marseille) conteste la compétence du commissaire-enquêteur dans l’affaire du Terminal Combiné de Mourepiane, il se base essentiellement sur le fait que l’enquête publique aurait dû porter sur le seul projet de Terminal, alors qu’il a tout mélangé en prenant en compte les "plaintes des riverains". Or, la prise en compte de l’insertion dans l’environnement de ce projet qui va impacter deux arrondissements de Marseille, traversés par des trains de 850m de long et 1000 camions supplémentaires par jour, chargés de matières dangereuses, est bien évidemment un problème majeur, indissociable du projet lui-même. C’est la compétence du Port à juger seul de la pertinence de ce projet qui déborde tellement son territoire que la population conteste. Ce sont ces problèmes que l’Etat et les Collectivités locales doivent être prêts à résoudre avant de songer à financer le projet de Terminal. Nous sommes prêts à en discuter avec le Port, avec Madame Caradec, et tous les représentants des collectivités. Mais nous sommes scandalisés par la sanction demandée contre un commissaire-enquêteur trop indépendant de l’autorité portuaire. Elle nous semble de mauvaise augure pour une élaboration véritablement démocratique du projet.

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