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Marseille. "Le Collectif du 5 Novembre" dresse le bilan de 6 mois de mobilisation autour du drame de la rue d’Aubagne

lundi 6 mai 2019

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Nouvelle Assemblée générale des délogés, à l’appel du Collectif du 5 novembre - Noailles en colère (Photo Mireille Bianciotto)

Six mois après le drame de la rue d’Aubagne à Marseille, qui a coûté la vie à 8 personnes, c’est une nouvelle Assemblée générale des délogés, à l’appel du Collectif du 5 novembre - Noailles en colère, qui vient de se tenir au Molotov avec au programme 3 groupes de travail de 6 à 8 personnes sur les thèmes : Évacuation, Vie quotidienne et Relogement/réintégration avec un rendu collectif, constat et solutions, en fin d’après-midi.

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Zohra Boukenouche, habitante de Noailles et voisine du drame de la rue d’Aubagne (Photo Mireille Bianciotto)

Zohra Boukenouche, habitante de Noailles et voisine du drame de la rue d’Aubagne, membre du Collectif 5 Novembre et de la commission, délogés/relogés, introduit la réunion. Elle souligne le double objectif de cette Assemblée générale qui est de donner la parole aux délogés avec ces groupes de travail qui, explique-t-elle : « facilitent l’expression et permettent de faire le point sur les actions au rang desquelles la charte du relogement, en cours de négociation, la pétition sur cette charte qui vise les 10 000 signatures pour être à l’ordre du jour du prochain Conseil municipal et, la campagne d’indemnisation des frais de cantine. » Parle également d’un projet qui consiste à établir une carte, par des géographes, des parcours des délogés, allant d’hôtel en hôtel, ceux que l’on appelle « les délogés nomades », évoquant ainsi « une nouvelle forme de violence ». Le collectif réfléchit également à attaquer la délibération du conseil municipal « qui supprime la gratuité des repas aux délogés vivant en hôtel ». Zohra Boukenouche précise à ce propos : « Les gens pensent que la vie à l’hôtel c’est facile or, cela demande plus d’argent pour fonctionner et les gens ont des difficultés financières  ». Les délogés qui viennent aux permanences psychologiques que le collectif organise tous les lundis après-midi au Molotov sont parfois sujets à des « effondrements psychiques », suivant l’expression d’une des psychologues bénévoles. Enfin, elle est très critique sur la charte du relogement, en cours de négociation avec la mairie, la préfecture et la métropole. Une charte, qui ne prend pas en compte leur rédaction, simple recueil de « toutes les lois qui existent déjà, le droit au logement (loi Dalo), (le droit) d’habiter un logement qui soit correct, qui ne soit pas dégradé ». Cette citoyenne-militante ne craint pas un nouveau drame mais une poursuite du problème du logement indigne. « Les propriétaires, marchands de sommeil continuent à sévir dans cette ville ». Souligne que la hausse des prix des loyers « exclut une grande partie de la population, dans les minima sociaux », ce qui fait que « nous veillons aussi à ce que la réhabilitation, notamment, au centre-ville et à la rue d’Aubagne, prévoit des logements sociaux parce que l’on sait très bien qu’au centre ville, il y en a, très très peu. je crois 2% ». Entretien.

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Un rendu collectif, constat et solutions... (Photo Mireille Bianciotto)

Antonin Sopema, autre membre du Collectif du 5 novembre se félicite de la nouvelle formule de l’Assemblée générale, avec « des groupes un peu plus restreints » autour de thématiques qui permettent aux gens « d’identifier les problèmes (... ) -au cours de l’évacuation, pendant tout le temps de l’hébergement en hôtel et ensuite, après, ce qui est problématique, en matière de relogement, de l’intégration dans leur logement d’origine- pour avancer et commencer à s’organiser, autour des propositions obtenues. » Ce militant revient sur l’atelier « Vie quotidienne » à mettre en œuvre, dans le domaine à la fois du soutien psychologique et/ou juridique. Sur le premier plan, l’idée est d’organiser des repas solidaires pour l’apport matériel mais aussi pour « se retrouver, rompre l’isolement de la vie à l’hôtel » qui peut être « dure », « pesante ». Dans certains hôtels, des salles sont mises à disposition, des cafés sont mêmes servis. Il y a des groupes de paroles, « les gens s’auto-organisent », « essaient de recréer une vie commune ». Il met en exergue la nécessite d’avoir « un chez soi, pour sa vie sociale, sentimentale, pour flirter et pour sa vie personnelle, pour pouvoir bricoler, dessiner, faire ce que l’on a envie de faire ». Sur le volet juridique, il essaie d’abord d’exploiter le fait que « les institutions ne répondent pas à leur obligations légales ». Cite deux exemples, lorsque les évacués sont locataires, c’est au propriétaire d’assurer leur relogement mais s’il est défaillant, la mairie peut le faire et se faire rembourser, tandis que mettre des gens à l’hôtel pendant plusieurs mois, notamment des familles, « ce n’est pas un logement adapté et on essaie donc de forcer la mairie à respecter son obligation légale ». Second exemple, il dénonce la fin de la cantine gratuite ; pour l’accès à celle du Crous, avec paiement d’une partie du ticket et la suspension du service le week-end et pendant les vacances universitaires. « On essaie de demander une indemnisation, évoquant le préjudice pour les gens qui ne peuvent pas cuisiner à l’hôtel et dont le budget nourriture explose … Deuxième possibilité envisagée « saisir le juge des référés, pour atteinte à la dignité des personnes mises en situation de délogement avec des troubles notamment chez les mineurs afin que la mairie propose effectivement aux personnes un logement adapté ». Antonin Sopema, se félicite de la mobilisation au sein du collectif du 5 novembre, d’autres associations, de simples particuliers, « oui, il y a des réactions des Marseillais des Marseillaises, plus à la hauteur que les institutions qui en sont à gérer ... le mécontentement , en prétendant qu’ils font quelque chose à la hauteur de la situation sans se donner des moyens exceptionnels par rapport au côté exceptionnel de la situation ». Dénonce « la solidarité autogérée (...) qui ne remplacera pas la solidarité institutionnelle qui devrait être là et, le manque de volonté politique clairement identifié ». Enfin, critique également Julien Denormandie, le ministre du logement, venu déjà 6 fois à Marseille. « Il fait vraiment attention pour montrer qu’il est sensible (… ) Après, les réponses que l’on obtient de lui sont loin d’être satisfaisantes ». Antonin Sopema est favorable aux « réquisitions » -refusées par le ministre - ... « qui seraient l’une des solutions pour sortir les gens de l’hôtel ». Considérant que « contre les dizaines d’appartements que trouve le ministre par ci par là, des proportions qui sont très très loin des besoins des gens, alors que l’on compte plus de 32 000 logements vacants à Marseille. Accuse tous les pouvoirs publics, ministre compris de se passer « la patate chaude sauf que la patate chaude, c’est des gens qui se trouvent délogés dans des conditions inacceptables »... Entretien

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