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Marseille. On a vu à l’Odéon : Une Périchole solidement charmante servie par une belle distribution

mercredi 26 février 2020

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Au premier plan, Héloïse Mas, la Périchole, Samy Camps, Piquillo et le vice-roi Olivier Grand. Photo Christian Dresse.

C’est l’une des plus belles partitions d’Offenbach, « La Périchole » qui était programmée à l’Odéon de Marseille, il y a quelques jours. Pour cette nouvelle production Maurice Xiberras, le directeur, avait proposé au metteur en scène Olivier Lepelletier de porter un regard neuf sur cette œuvre. Aussitôt dit, aussitôt fait. Oubliés les décors peints bien datés qui représentaient rues et places de Lima au Pérou ; place à la chaleur d’un cabaret tenu par trois cousines coquines en crinolines. Car c’est au 18e siècle que le metteur en scène a décidé de placer cette action universelle où finalement les « hommes sont bêtes », et les femmes triomphent. Légèreté ne voulant pas dire vulgarité, causticité ne voulant pas dire agression, Olivier Lepelletier livre une vision de l’œuvre que n’aurait certainement pas reniée Jacques Offenbach, avec une pointe d’acidité mâtinée de beaucoup de finesse : tons rouges dominants, perruques et robes de soirée, vice-roi grimé en bonne sœur pour « chasser » une jeune beauté et vin coulant à flots. Ce vin favorisant le mariage, sans le savoir, de Piquillo avec sa belle Perichole qui ne sera jamais, tout du moins le suppose-t-on, la maîtresse d’une nuit du vice-roi. Cette mise en scène a séduit par deux fois une salle archicomble et, au soir de la générale, un public d’étudiants qui, visiblement, a pris beaucoup de plaisir au spectacle. Il faut dire qu’une exceptionnelle distribution était réunie pour servir l’œuvre avec, dans le rôle-titre, la mezzo-soprano Héloïse Mas. Force est de reconnaître que la jeune femme est somptueuse dans ce rôle. Comédienne hors-pair, elle incarne à perfection la chanteuse de cabaret affamée, nous fait rire souvent et presque pleurer au cours de la scène de la lettre qui restera dans les mémoires. Vocalement, Héloïse Mas est irréprochable, voix chaude et puissante, toujours bien placée avec une ligne de chant idéale. Du grand art vocal. Pour incarner les trois cousines, c’est pas mal non plus ; Kathia Blas, Lorrie Garcia et Marie Pons s’amusent beaucoup, et nous séduisent… Un beau trio vocal. Olivier Grand est un vice-roi impressionnant par sa carrure et la voix qui va avec. Le Piquillo de Samy Camps ne manque pas de charme et de talent alors que le comique, tout en nuances, de Jacques Lemaire et Eric Vignau est bien servi par leurs voix. Quant à Antoine Bonelli et Michel Delfaud, tour à tour notaires, marquis de Tarapote et vieux prisonnier, ils sont égaux à eux-mêmes, souvent irrésistibles. Une joyeuse troupe qui a su se mettre au service d’Olivier Lepelletier afin de faire triompher cette version solidement séduisante. Le chœur Phocéen, idéalement préparé par Rémy Littolff peut revendiquer une belle part du succès, tout comme l’excellent orchestre de l’Odéon, qui se bonifie en permanence, placé sous la baguette de Bruno Membrey, serviteur de la partition d’Offenbach avec passion et distinction. Enfin, une mention spéciale pour les danseurs Esmeralda Albert, Leah Henry, Adonis Kosmadakis, Lola Le Roch et Mathilde Tutiaux, largement sollicités et qui ont réjoui le public. Non, l’Opérette n’est pas morte à Marseille et des productions comme celle-là, on en redemande.
Michel EGEA

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