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Marseille. Parc de la Porte d’Aix : une partie de cette future "oasis urbaine" ouverte au public

samedi 8 juin 2019

Démarrés en septembre 2017 et portés notamment par le paysagiste Alfred Peter, les travaux de la phase 1 du Parc de la Porte d’Aix à Marseille ont laissé place à 3 500 m² de verdure, parmi lesquels 100 arbres plantés. Achevés en avril 2018, un an aura été ainsi nécessaire pour laisser les végétaux implantés s’enraciner, et permettre une ouverture au public ce samedi 8 juin 2019. Cette première phase en précède une seconde, qui a débuté en juin 2018 et qui doit permettre une ouverture totale au public au printemps 2020. Le Parc de la Porte d’Aix sera, dans sa version finale, un espace clos d’un seul tenant de plus de 1 hectare (11 000 m²), dont 72 % d’espaces verts de pleine terre (et 28% de surface minérale : petit terrain multisports en stabilisé, enrochements et circulations). Il comprendra 8 000 m² d’espaces végétalisés, largement inspirés des paysages naturels méditerranéens mêlant garrigues, calanques et falaises...

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Platanes, pins d’Alep, arbres de Judée, pins parasols...permettront au Parc d’être planté sur 2/3 de sa surface totale (Photo Mireille Bianciotto)
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(Photo Mireille Bianciotto)

Un espace requalifié avec une destination jeune et étudiante

Ce parc fait partie d’un projet plus vaste de réhabilitation de la ZAC Saint-Charles, Porte d’Aix, dont le maître d’œuvre est l’Établissement public d’aménagement, Euroméditerranée. Laure-Agnès Caradec, sa présidente souligne : « On est surtout sur un espace entièrement requalifié avec une destination jeune et étudiante ». Cite, entre autres, l’Institut Méditerranéen de la ville et des territoires (IMVT), qui regroupe les écoles nationales supérieures d’architecture et du paysage et l’Institut d’urbanisme et d’aménagement régional d’Aix-Marseille Université, (AMU), « qui amènera 1 200 étudiants (de plus) sur le site » et l’EMD, l’École de management privée qui va s’agrandir sur ce qui fut l’ancien jardin. L’élue plaide pour une reconnaissance de Marseille comme ville universitaire de même importance qu’Aix-en-Provence. Tient à préciser qu’au niveau de l’Université, Marseille et Aix ont chacune 35 000 étudiants mais, « Marseille compte 20 000 étudiants de plus grâce à plusieurs écoles supérieures, hors AMU, l’École Centrale Marseille, celle des Beaux Arts et des Écoles privées comme l’EMD. » Déplore qu’ils ne soient pas « lisibles » parce que éclatés dans la ville, avec le pôle de Luminy, la Timone et Château-Gombert. « Et les recentrer, ici, dans le centre-ville a donc vraiment du sens, assure-t-elle, parce que ce sont les étudiants qui font vivre un cœur de métropole ». Parle de plusieurs résidences étudiantes dans la requalification, certaines livrées, d’autres à venir. Met en exergue un projet innovant sur l’îlot des Fiacres où une vingtaine de logements est destinée à des étudiants, via une association, avec un loyer très bas. Mais en contrepartie, prévient la présidente, « ces étudiants-là doivent apporter une plus-value, c’est à dire s’investir dans la vie du quartier, s’investir aussi dans le lien intergénérationnel, envers les personnes âgées ou dans du soutien scolaire pour les enfants des familles qui habitent le quartier de la Porte d’Aix ». Ce parc, où se tient, au moment de la visite, une « Aïd el Fitr » (Fête de la rupture du Ramadan), permet à Laure-Agnès d’évoquer « un lieu que chacun peut s’approprier mais aussi respecter. C’est vraiment le mot d’ordre parce que beaucoup d’argent public a été investi sur la Porte d’Aix (4M€ pour le parc) pour requalifier l’espace public et offrir ce poumon vert. »

« Depuis que l’on a refait la Porte d’Aix, les gens sont les mêmes, mais le comportement a changé »

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Hugues Parant, Monique Cordier et Laure-Agnès Caradec ont présenté la première phase du Parc de la Porte d’Aix (Photo Robert Poulain)

Hugues Parant, directeur général d’Euroméditerranée, préfet détaché qui fut en poste à Marseille, revient sur la genèse de ce parc « Il a fallu couper l’autoroute, la faire reculer de 300 mètres et faire dessus quelque chose qui serve vraiment à cette partie de la ville ». Rappelle que la Porte d’Aix a toujours été un lieu « délicat à gérer ». L’ancien préfet de Région cite notamment les vendeurs à la sauvette, le marché ouvert, des objet d’envahissements multiples puis, un barrièrage, qu’il juge « scandaleux ». Et Il observe aujourd’hui un certain changement : « Depuis que l’on a refait la Porte d’Aix, les gens sont les mêmes mais, le comportement a changé »

« Si Euromed n’avait pas été là, la collectivité n’aurait pas pu se payer cela... »

Hugues Parant considère :« La seule façon d’opérer, afin que ce quartier ne reste pas isolé, parce que c’est un quartier historique, c’est d’y mettre des personnes qui n’ont aucune réticence à côtoyer toutes les populations. On s’est dit on va en faire le pôle jeunes de Marseille, justifié par les Facs, les Écoles qui se mettent autour de la Porte d’Aix, la Gare, c’est par là qu’arrivent les jeunes et on a donc fait en sorte qu’ici il y ait des auberges de jeunesse, nouvelle méthode, on va faire une crèche, parce que forcement elles servent à des parents jeunes, on a des logements sociaux pour jeunes et pour étudiants autour, donc tout cela en fait quelque chose qui a un sens. Ce parc en est le cœur. C’est le lieu où tout s’échange ». Par ailleurs, poursuit-il : « On a conçu ce Parc pour qu’il soit, à la fois, économe, pour ne pas avoir, par exemple, à poursuivre les gens parce que les pelouses seraient interdites et, on fait en sorte aussi que ce soit un lieu où les jeunes puissent venir, entre midi et deux, manger un sandwich et commencer à se fréquenter les uns les autres. Donc dans la deuxième partie du parc qui sera ouverte fin 2021, mi-2022, il y aura notamment des restanques qui ont été prévues pour faire office de bancs, sous les pins ». Et de signaler que l’ouvrage sera remis ce samedi à la ville de Marseille. « Si Euromed n’avait pas été là, la collectivité n’aurait pas pu se payer cela... », lance-t-il avant d’évoquer les missions de l’Établissement

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Le city-stade (Photo Mireille Bianciotto)

Nicolas Mattei, en charge de la ZAC Saint-Charles, chez Euromed, donne le programme en cours, le parc étant le cœur de l’espace public imaginé à la place des 300 mètres d’autoroute coupés et mis en chantier. Dans ce parc, « partout de la pleine terre », sauf au dessus du bassin de rétention où se trouve le City stade « pour éviter qu’il y ait trop de portance, de poids sur le couvercle du bassin ». Un bassin pour faire face aux brusques et forts orages méditerranéens mais aussi « environ 8 000 m² de pleine terre très drainante (...) » Précise que Euromed « aménageur public » ne s’occupe pas de l’animation du parc mais « on a bien senti qu’il fallait donner un petit coup de pouce, par moment pour activer... on travaille avec Coco Velten avec l’École d’Architecture qui va se mettre là pour les encadrer » pour « du mobilier urbain provisoire, des activités, des animations. On encadre la Rue du Tango qui vient régulièrement réaliser des choses, on travaille avec le public, on est plus des facilitateurs que des organisateurs. Quand on fait un espace public, on souhaite qu’il soit approprié par le plus de gens possible, donc par exemple, samedi il y aura la fête de l’aïd avec tous les enfants du quartier qui vont venir faire la fête dedans, on est relativement bienveillant avec toutes ces choses là mais on ne les organise pas, nous-mêmes ».

Myriam est membre de l’Association humanitaire et secours aux affligés (AHSA) organise une fête de l’aïd devant les grilles du parc, en partenariat avec la mosquée At-Taqwa (en français la piété) de la rue voisine Camille Pelletan. Une fête « ouverte à tous, musulmans et non musulmans » Cite toutes les activités de cette kermesse organisée pour les enfants « qui vont s’approprier ce parc », assure-t-elle. Et
Myriam délivre un message de Paix : « La méchanceté, la haine, on en a marre. La paix, on veut la paix, on veut être tous ensemble, en harmonie (...) »

« Une autoroute est devenue un espace vert »

Monique Cordier, adjointe au maire de Marseille en charge des espaces verts récupère pour la ville de Marseille ce parc en centre-ville et se félicite « Là où il y avait de la voiture, beaucoup de voitures puisque c’était l’autoroute, on a su créer un espace vert, c’est quand même quelque chose qui est assez rare. » Autre motif de satisfaction, pour cette élue, l’abandon du projet de parking initial et cela pour deux raisons, indique-t-elle : « D’abord parce que cela permet un parc de pleine terre, qui retient le CO2 donc moins on bétonne, mieux c’est et, si un parking est construit, on crée un aspirateur à voitures alors qu’il y a une large offre de transports en commun, avec la gare, le train, le métro, le tram, les bus. » Assure que « cet espace n’est pas seulement pour les touristes et les étudiants, c’est vraiment fait pour les Marseillais à portée de main d’un métro, à portée d’une petite marche à pied ». Signale que l’herbe est déjà jaunie. « Ce n’est pas de la pelouse à l’anglaise -que je ne veux pas- car c’est de l’engrais et beaucoup d’eau- mais de la prairie. Défend cette prairie avec des touffes vertes, moins demandeuse d’eau, même en plein été. » Il faut patienter, poursuit-elle : « On a affaire à du vivant, les arbres, la prairie … ça vit, ça meurt … il faut apprendre aussi qu’un paysage peut changer, quand vous regardez la mer, de temps en temps elle est bleue, grise ou verte, un parc aussi il doit avoir toutes les couleurs du temps ». Le parc (avec des horaires d’ouverture d’été et d’hiver de 8h à 19h), est entouré de hautes grilles et sera surveillé par trois gardiens, une mesure qu’elle présente pour préserver cet espace public, cet « écrin de verdure ». Autre raison que Monique Cordier avance : « Pour la sécurité des gens... »

« Une ceinture verte »

Monique Cordier revendique une politique de trame verte et bleue, « faire pénétrer la nature en ville, c’est à dire partir des collines et descendre jusqu’au centre-ville ». Cite ce parc comme preuve, « une autoroute est devenue un espace vert » et les rues végétalisées du centre-ville comme la prolongation cette trame, « toutes ces rues verdies par des pots contribuent à former un parcours vert ». Citant différentes formes : « Cela peut être des pots, un chemin que l’on fait le long de l’Huveaune , le long du Jarret, sur la L2, de Florian jusqu’à Frais Vallon, une vraie coulée verte, là où il devait y avoir une autoroute à ciel ouvert. C’est vraiment une ceinture verte qui est réalisée, pas des petits bouts de rien parce que si vous regardez une photo aérienne de la ville, vous verrez que Marseille est une ville verte, elle est pas seulement bleue elle est verte... ».

Propos recueillis par Mireille BIANCIOTTO

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