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Marseille. Provepharm Life Solutions, le "pionnier d’une 3e voie" dans la pharma vise une place de leader

mercredi 15 janvier 2020

Pour Provepharm Life Solutions, 2020 sera l’année de la diversification et de l’accélération. En effet, après avoir travaillé sur le Bleu de Méthylène, le laboratoire pharmaceutique sis à Marseille entend dupliquer la recette qui a fait jusqu’ici son succès : développer des aires thérapeutiques inexploitées sur des molécules déjà connues, décuplant ainsi leur potentiel. Il y parviendra notamment à la faveur d’un nouvel outil de production, financé à hauteur de 9M€.

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Provepharm Life Solutions, le laboratoire pharmaceutique sis à Marseille (Photo Robert Poulain)
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Michel Féraud, PDG de Provepharm Life Solutions (Photo Robert Poulain)

Le voilà à l’aube d’un nouveau palier de croissance. Pour le laboratoire Provepharm Life Solutions, en effet, 2020 sera sans conteste l’année de l’accélération. C’est déjà en ce sens qu’il a réalisé une levée de fonds de 42,5 M€ en mai 2019, visant à dupliquer avec d’autres molécules ce qu’il a réalisé il y a près de 10 ans avec le bleu de méthylène... Mais mieux vaut retracer l’histoire dès la genèse pour bien comprendre le positionnement de celui qui a d’abord été à sa création, voilà 20 ans, un CRO (Contract Research Organisation), à savoir une entité qui effectue des travaux de R&D pour les laboratoires pharmaceutiques... avant d’en devenir un à son tour. Et son cœur de métier, il se veut en rupture avec celui de ses concurrents, puisque Provepharm Life Solutions a clairement tracé un troisième sillon entre deux déjà bien établis. « Nous travaillons sur la revitalisation des molécules. Il s’agit d’une voie différente des biotechs, lesquels visent par la recherche à mettre sur le marché des traitements à partir de nouvelles molécules. Ce qui est très onéreux et coûte parfois des dizaines, des centaines de millions d’euros. On le voit par exemple avec le coût de l’injection de Zolgensma, pour cette jeune belge, à 2M€ l’unité... L’autre voie, c’est la production de génériques, qui sont des clones de médicaments, à bas prix », explique le PDG Michel Féraud. De fait, Provepharm Life Solutions capitalise sur l’existant et apporte à des molécules connues des développements cliniques supplémentaires sur des aires thérapeutiques jusqu’ici inexploitées. « C’est en ce sens que nous nous sommes focalisés sur le bleu de méthylène. Nous avons obtenu son enregistrement comme antidote, avec une indication sur l’empoisonnement du sang, ou méthémoglobinémie », précise le PDG. Le produit élaboré par Provepharm Life Solutions est ainsi distribué sur près de 30 pays. « Il sauve des vies chaque jour, il est listé par l’OMS parmi les Life-Saving Products ».

Saut quantitatif et qualitatif

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(Photo Robert Poulain)

Bref, cela fait 10 ans que Provepharm Life Solutions s’est positionné sur le Bleu de Méthylène. Et la décennie à venir s’oriente sur la multiplication du modèle et la diversification, via stratégie d’acquisition, en travaillant sur d’autres molécules connues. L’objectif étant « de démontrer l’efficacité de ces dernières selon le rapport bénéfice/risque ». Mais pour cela, il fallait d’abord optimiser les capacités de production. Chose faite à présent à la faveur d’un investissement de 9 M€, puisque le laboratoire a fait « un saut quantitatif et qualitatif  ». Les nouveaux réacteurs permettent de produire 600 litres, contre 6 auparavant. Par ailleurs,le laboratoire est à ce jour en mesure de développer et valider en interne, sans passer par la sous-traitance, ses synthèses de principes actifs estampillés BPF (pour Bonne pratique de fabrication). Ainsi, avec ce nouvel outil « qui accroît la maîtrise », le laboratoire est à présent en mesure de faire ses propres études cliniques et d’assurer la phase de lancement. Au final, donc, un gain de temps, une maîtrise et une sécurisation du système d’approvisionnement. Et ce n’est pas du luxe, dans un contexte qui a été marqué cette année par la pénurie de médicaments, le cas de quelque 1 200 traitements... D’où la nécessité d’une « réindustrialisation au niveau Français, afin de ne pas confier la production au moins disant, à l’autre bout de la planète ». A plus forte raison, avec un modèle économique permettant une réduction des coûts de production, en moyenne, de l’ordre de 5 à 10 fois moins chers que pour les biotechs. La raison ? « On ne part pas de zéro », explique fort logiquement Michel Féraud. Cela permet par exemple de s’affranchir des tests précliniques -pour mémoire, ils sont réalisés à un stade de développement des médicaments qui utilise des animaux, des cellules, ou des tissus et n’impliquent pas d’essais sur les humains. L’objectif principal étant de déterminer la sécurité d’emploi d’un médicament-. « On travaille sur des molécules ou le risque d’arrêt, de plantage du process est amoindri ».

Le bleu de méthylène contre la malaria

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(Photo Robert Poulain)

Voilà pourquoi Provepharm Life Solutions, pionnier dans cette troisième voie, « souhaite se renforcer et être leader dans son domaine ». Il y parviendra non seulement en diversifiant ses produits, mais aussi en multipliant les offensives à l’export. Ainsi, après s’être positionné sur les marchés australien, néo-zélandais, japonais, coréen, américains ainsi que celui des pays du Golfe, il vise à présent l’Amérique latine. Et la présence d’une filière américaine, basée à Philadelphie, devrait l’aider à s’imposer dans le Sud du continent. L’ensemble de cette stratégie de développement permettrait au laboratoire d’atteindre l’objectif de doublement du chiffre d’affaires d’ici quatre ans, lequel atteignait les 38,5M€ en 2018. Il devrait par ailleurs recruter une dizaine de collaborateurs supplémentaires, en plus des 58 présents à Marseille et des 6 officiant déjà outre-Atlantique. Et puis, le laboratoire sait aussi faire parler de lui à l’échelle mondiale en s’investissant dans l’humanitaire. Il a ainsi été primé par le prix Galien MedStartup pour la création d’un consortium international dédié à la lutte contre la malaria. Lequel œuvre sur une indication nouvelle du fameux bleu de méthylène. « Ce qui permettrait de proposer des traitements à des coûts raisonnables. Ce programme va durer plusieurs années, nous entrons là dans la phase 2 ». Mais ce n’est que l’un des fleurons d’une démarche RSE conséquente, orchestrée par un comité présidé par le docteur Robert Sebbag. A titre d’exemples, « nous avons mis en place une gouvernance renforcée, initié des opérations sur la santé. Par exemple, avec Feel Good, nous contribuons en relais santé à éduquer des étudiants des quartiers Nord sur les questions d’hygiène de vie, de nutrition, d’hygiène bucco-dentaire.... Nous sommes par ailleurs partenaires du PLIE et œuvrons en direction des personnes éloignées de l’emploi, faisons partie des initiateurs de la démarche "Degun sans stage". Nous sommes aussi contributeurs de la course du don  », conclut Michel Féraud.
Carole PAYRAU

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