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Marseille : Visite de Mgr Yousef Thomas Mirkis évêque de Kirkouk et Souleymanieh en Irak

vendredi 5 décembre 2014

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Mgr Yousef Thomas Mirkis évêque de Kirkouk et Souleymanieh en Irak Mgr Pascal Gollnisch, directeur de l’Œuvre d’Orient et président du Comité catholique d’accueil des réfugiés chrétiens d’Orient (Photo Philippe Maillé)

« Le monde musulman traverse une période difficile de son histoire. En nous aidant à rester dans nos pays en tant que chrétiens sensibles à la souffrance des musulmans on peut améliorer la situation », considère Mgr Yousef Thomas Mirkis, dominicain irakien qui est, depuis janvier 2014, évêque de Kirkouk et Souleymanieh, en Irak. Depuis l’offensive de l’État islamique (EI), mi-juin, il a accueilli des centaines de réfugiés dans son diocèse et soutient ses fidèles tentés par l’exode. Il est à Marseille en compagnie de Mgr Pascal Gollnisch, directeur de l’Œuvre d’Orient et président du Comité catholique d’accueil des réfugiés chrétiens d’Orient (CCARCO), qui vient d’être créé à Paris. Ce samedi 6 décembre à 17h45, Mgr Mirkis et Mgr Gollnisch donnerons une conférence dans la basilique du Sacré-Cœur à Marseille, avant de célébrer, à 19 heures, la messe annuelle de l’Œuvre d’Orient en présence de Mgr Georges Pontier.
Mgr Mirkis de rappeler : « L’histoire est là pour nous montrer que nous avons déjà eu des guerres de religions, nationales... Au bout du compte elles ne servent à rien. Aider nous, non à venir en Occident mais à rester chez nous efficacement et non enfermés dans des ghettos. Nous voulons simplement vivre en paix, chez nous ».
C’est peu dire que Mgr Mirkis ne pratique pas la langue de bois, sa parole n’en est que d’autant plus forte. « Il ne s’agit pas de pleurer sur la situation des chrétiens d’Orient, ils ne sont pas les seuls à souffrir. Et j’entends dire qu’il faut donner asile aux chrétiens en Europe. Ce n’est pas la solution. Il faut que l’Occident nous apporte son savoir-faire sociologique, scientifique, politique pour donner les moyens à nos pays de se développer. » Pour lui : « L’État islamique, c’est la mondialisation. On égorge en direct sur internet et en 5 minutes toute la planète est informée, a peur, et cela crée de l’islamophobie ce qui est stupide car tous les musulmans ne sont pas à l’État Islamique. Toutes les religions, tous les peuples sont menacés par le fanatisme, le racisme, la xénophobie ».
Il revient sur ses origines, ses cultures, et cela souligne la complexité, ainsi que la richesse de l’Irak : « Je suis né à cheval sur trois cultures, à la maison on parlait l’araméen, notre langue d’origine ; l’arabe, langue du pays et, lorsque mes parents voulaient parler sans que les enfants comprennent ils utilisaient le kurde. Aujourd’hui à Kirkouk, on trouve des Kurdes, des Arabes, des Araméens et des Turkmènes, tous les panneaux signalétiques sont dans les quatre langues. Nous sommes la Suisse de l’Irak et nous voulons maintenir cette richesse dans le pays. Bien sûr, il existe des différences, des tensions, mais cela doit nous conduire non à nous détruire mais à aller de l’avant. Cela doit nous conduire à créer notre modèle de société qui ne sera pas celui de l’Occident  ».

« Les religions peuvent devenir meurtrières lorsqu’elles sont paresseuses »

Mais, un facteur entrave le développement et accroît les maux que connait l’irak : « l’illettrisme ». « C’est un des facteurs, explique-t-il, qui conduit au fait que l’identité religieuse est devenue un refuge paresseux. Toutes les religions peuvent devenir meurtrières lorsqu’elles sont paresseuses. Et nous nous en sortirons que si nous sommes capables de travailler avec la majorité silencieuse de notre peuple. Il s’impose d’être responsable, l’irresponsabilité est sans doute le pêché le plus capital de notre vie d’être humain. Alors, il faut bien être conscient que la majorité silencieuse est aussi responsable que les malheureux fanatiques. Un fanatique n’est pas un méchant c’est un malade. Il faut d’ailleurs comprendre pourquoi ceux qui sont originaires d’Occident font le choix de venir tuer en Orient. Il faut entendre leur cri de détresse. Vos banlieues produisent beaucoup de détresse. Il faut analyser, remédier mais pas diaboliser l’Autre car c’est la route vers une nouvelle guerre. On ne peut pas tuer la maladie, il faut la guérir. On ne peut donc pas en rester à larguer des bombes car jamais une idéologie sera vaincue par des bombes. Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y avait pas urgence à intervenir militairement. La coalition, 10 pays musulmans, 30 occidentaux, avait déjà trop tardé. Même ceux qui avaient accueilli à bras ouverts l’État islamique le regrettent aujourd’hui et sont malheureux. Biens sûr qu’il y avait avant des ressentiments entre Chiites et Sunnites, il y a maintenant de la haine. Et, si on laisse faire, l’Irak va devenir pire que la Yougoslavie carn si on commence à découper le pays on ne s’arrêtera jamais ». Il note « L’État Islamique est à 15 km de Kirkouk, c’est proche, mais lorsque je vois que 1 000 jeunes français sont dans les rangs de l’État Islamique, je me dis qu’ils sont plus proches de vous que de moi ».
Puis de s’adresser aux Musulmans de France : « Vous jouissez de la liberté qu’offre la laïcité. Ne copiez pas ce qui se passe chez nous mais créez quelque chose de neuf et cela nous aidera ».
Michel CAIRE

L’Œuvre d’Orient

Fondée en 1856 par des laïcs, professeurs en Sorbonne, l’Œuvre d’Orient est la seule association française entièrement consacrée à l’aide aux chrétiens d’Orient. Œuvre d’Église, elle est placée sous la protection de l’Archevêque de Paris.
Grâce à ses 100 000 donateurs, elle soutient l’action des évêques et des prêtres d’une douzaine d’Églises orientales catholiques et de plus de 60 congrégations religieuses qui interviennent auprès de tous, sans considération d’appartenance religieuse.
L’Œuvre se concentre sur 3 missions -éducation, soins et aide sociale, action pastorale - dans 23 pays, notamment au Moyen-Orient. Son action s’inscrit dans la durée mais son organisation et ses contacts sur le terrain lui permettent une très grande réactivité en cas d’événements dramatiques.
Mgr Gollnisch explique : « Nous ne souhaitons pas que les Chrétiens quittent l’Irak, en revanche, lorsqu’ils viennent, nous ne voulons pas les laisser tomber, on ne veut pas qu’ils soient trop éparpillés. Après, si nous n’avons pas d’informations sur l’identité des gens qui arrivent comment pouvons nous les aider ? ».

Vous pouvez faire un don : Par chèque libellé au nom de l’Œuvre d’Orient et envoyé à l’adresse suivante : 20 rue du Regard. 75006 Paris
Plus d’info : oeuvre-orient.fr

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