Retrouvez-nous sur :  
Suivre la vie du site
DestiMed
L’info des deux rives

Accueil > Provence > Politique > Marseille : Visite de la ministre de la Justice aux Baumettes : "Il faut (...)

< >

Marseille : Visite de la ministre de la Justice aux Baumettes : "Il faut diversifier les peines, il n’y a pas que la prison"

mardi 30 octobre 2018

Deuxième déplacement en deux semaines dans les Bouches-du-Rhône pour la ministre de la Justice Nicole Belloubet. Après avoir visité la prison de Luynes la semaine dernière, la ministre était à Marseille vendredi pour visiter la prison les Baumettes 2 et le SAS, structure d’accompagnement vers la sortie. Dans ce cadre, la garde des Sceaux a rappelé le Plan prison, mis en exergue une volonté de diversification des sanctions et évoqué l’ouverture du vote par correspondance aux détenus pour les Européennes au mois de mai...

JPEG - 197.4 ko
La ministre de la Justice Nicole Belloubet était en visite à la prison des Baumettes à Marseille (Photo M.B.)
JPEG - 98.6 ko
La prison des Baumettes (Photo M.B.)

A l’issue des visites et rencontres, Nicole Belloubet est revenue sur le "Plan prison" : « Un plan global qui va permettre de résoudre la surpopulation carcérale » et qui s’appuie sur deux piliers : les peines, « nous les avons refondées en évitant l’emprisonnement lorsque l’infraction ne le justifie pas  » et un « plan immobilier » à hauteur de 15 000 places dont 7 000 d’entre elles seront livrées en 2022 et commencées pour les autres cette même année, fin du quinquennat. En ce qui concerne la diversification des peines, elle précise : « Si nous voulons réinsérer les personnes qui sont en détention nous devons proposer des solutions diverses adaptées aux différents profils... » Tient à rappeler que toute infraction doit avoir une sanction mais, ajoute-t-elle : « Il faut les diversifier, il n’y a pas que la prison ». Cite différents « types de stage » : « détention sous bracelet électronique et les travaux d’intérêt général ». Pour ces derniers, elle annonce que d’ici une quinzaine de jours « nous allons créer l’Agence pour le travail d’intérêt général et le travail en détention. Structure spécialement dédiée pour trouver des postes... » Avec une nouveauté, la possibilité d’étendre la recherche aux entreprises de l’Économie sociale et solidaire (ESS), si le Parlement le vote. Insiste sur les structures d’accompagnement vers la sortie (SAS) « comme ici à Marseille ». Espace qu’elle a longuement visité . Se félicite du caractère « tout à fait exemplaire » de ce SAS, avec « un lien très serré entre différents professionnels », qui permet à des détenus, « à qui il reste environ un an de détention » une prise en charge « adaptée et progressive »... Retient à nouveau l’exemplarité de « l’esprit  » du SAS des Baumettes mais pas son « architecture » qui n’est pas celle qu’elle imagine pour « les futures SAS  » qu’elle souhaite « beaucoup plus ouvertes sur la ville ». Plus de 2 000 places sont en projet, en France. Répond également aux riverains qui se plaignent de nuisances sonores et s’engage, dès novembre, à expérimenter de nouvelles solutions, notamment de nouvelles vitres. Revient sur le mouvement du personnel pénitentiaire de janvier dernier. Considère avoir apporté « des réponses très positives ». Elle en donne trois, 32M€ d’indemnités, des équipements de sécurité déployés petit à petit partout en France et des quartiers de sécurité « étanches » pour les «  détenus violents ou radicalisés ». Un de ces quartiers va d’ailleurs être créé aux Baumettes 2 au mois de janvier 2019. Enfin, la ministre a également assisté à une « consultation citoyenne », un débat d’une heure avec des détenus sur l’Europe et la projection d’extraits du film "Demain". L’occasion pour elle, de défendre la position pro-européenne du gouvernement et d’annoncer la possibilité pour les détenus de voter, le dimanche 26 mai, pour les Européennes, par correspondance. Pour les résultats, il y aura un seul bureau, la Chancellerie, autrement dit on ne saura rien du vote des détenus des Baumettes...

En marge de la visite, Lionel Royer-Perreaut, maire LR du secteur (9e et 10e arrondissements) de Marseille, a relayé la voix des riverains qui vivent « un véritable calvaire  » en raison de nuisances sonores. Pour l’élu : « Il est difficile d’envisager Baumettes 3 sans avoir réglé les problèmes de Baumettes 2 »...

A l’entrée de la prison, la ministre est interpellée par des surveillants dont David Cucchietti, secrétaire local de la CGT-pénitentiaire des Baumettes. Il voit une contradiction chez la ministre qui reconnaît à la fois« la légitimité  » du mouvement de blocage de janvier dernier mais sanctionne les surveillants (qui, rappelons-le, n’ont pas le droit de grève ndlr) par « des exclusions temporaires avec sursis » ou « fermes ». Justifie ce mouvement : « Des collègues ont pris des coups de couteau, ont été agressés, ont failli y laisser leur vie ». Pointe également un problème grave : « on a tous les établissements, en sous effectif et en surpopulation pénale. »

Propos recueillis par Mireille BIANCIOTTO

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Signaler un contenu ou un message illicite sur le site.

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.