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Marseille. Yves Veyrier, secrétaire général de FO : "Lorsque l’on parle de relocalisation commençons par éviter les suppressions d’emplois"

lundi 21 septembre 2020

Yves Veyrier, le secrétaire général de Force Ouvrière était à Marseille ce 17 septembre à l’occasion de la tenue du Comité départemental de FO. Pour lui, s’il faut relocaliser il faut avant tout ne pas licencier. Le Plan Relance doit donc préserver l’emploi en conditionnant les aides publiques (interdiction de licenciements et du versement de dividendes), favoriser la revalorisation des emplois dits de la 2e ligne. Et ce Plan ne peut opposer les salaires à l’emploi.

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Franck bergami, secrétaire de l’UD FO des Bouches-du-Rhône et Yves Veyrier secrétaire général de Force Ouvrière (Photo Michel Caire)

Le secrétaire général de FO a insisté sur le fait qu’en cette période de crise sanitaire, « la santé et la sécurité des salariés doivent rester la priorité ». Il affirme à ce propos qu’avec cette crise : « Preuve est faite du nécessaire rétablissement des CHSCT (Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail NDLR) ». Et se félicite notamment « de ce que les personnels de santé ont obtenu après un mouvement déterminé ». « Nous sommes des réformistes militants, nous savons négocier, insiste Yves Veyrier. Nous avions une revendication majeure, d’une augmentation socle. Ce qui a permis à toutes les catégories de percevoir 183 euros net mensuel en plus ». Mais point question d’oublier les salariés de la deuxième ligne. « Pendant le confinement on s’est mis à parler des caissières, de leur importance, elles qui travaillaient sans masque, sans gel, sans protection, on leur a rendu hommage, elles qui sont menacées de disparition par l’automatisation. Il en est allé de même avec le personnel de nettoyage ». Yves Veyrier reconnaît : « Certes, le gouvernement a inscrit à l’agenda social la question du salaire des salariés de la deuxième ligne... Mais pour l’instant il n’y a rien de concret et rien de plus pour ses salariés ». Il en vient au Plan "France Relance" : « Il doit s’appuyer sur les emplois existants, il faut les rendre plus attractifs ». A l’heure où l’on parle de relocalisation le responsable syndical ne manque pas d’évoquer le dossier Bridgestone : « L’entreprise japonaise a décidé de fermer définitivement son usine de Béthune (Pas-de-Calais), qui emploie 863 personnes dans la fabrication de pneumatiques pour voitures. Elle justifie cette décision en affirmant que l’usine ne serait pas rentable. Or, nous savons que depuis des années des ouvriers s’inquiètent de l’absence d’investissements et notre syndicat FO nous alertait alors que dans le même temps l’entreprise assurait qu’il n’y aurait pas de fermeture ». Pendant ce temps annonce est faite de l’ouverture d’une usine à moindre coût du travail. « Toute la politique dite de l’offre est résumée ici. Le gouvernement annonce des crédits d’impôts, des aides, mais nous n’arrivons pas à avancer sur une harmonisation des conditions de travail en Europe. Et des entreprises comme Bridgestone savent faire de la recherche aux aides publiques et, une fois qu’elles les ont consommées, trouver un nouveau pays, de nouvelles aides, pour s’implanter. Et tant que les entreprises pourront aller là où c’est moins coûteux elles le feront car nous sommes dans un système où les salariés sont une valeur marchande comme une autre ». Pour Yves Veyrier, en plus d’une harmonisation européenne, il importe de mettre en place, au niveau national, « une conditionnalité aux aides publiques, c’est une question centrale. Il faut conditionner ces aides à une non-suppression d’emplois. Car, lorsque l’on parle de relocalisation commençons par éviter les suppressions d’emplois ». Et le responsable syndical de dénoncer vivement Auchan : « Cette enseigne a tourné pendant la crise de la Covid-19 bénéficiant du confinement des petits commerces et, maintenant, elle annonce 1 800 suppression d’emplois. C’est inadmissible. Il en va de même pour Smart où les salariés ont accepté de travailler 39 heures payés 35. Des sacrifices qui se traduisent par la construction d’une usine en Chine ». Franck Bergamini, le secrétaire de l’UD FO des Bouches-du-Rhône s’inquiète de la situation dans le département. Il évoque « la centrale à charbon de Gardanne où on n’a rien prévu ; Alteo Gardanne où des millions d’euros ont été investis, où des avancées importantes ont été réalisées sur le plan de la protection de l’environnement et on vient dire on ferme, sans tenir compte de tout cela. Mais qu’en sera-t-il de l’emploi à Gardanne ? Il y a d’autre part Fibre Excellence à Tarascon où des licenciements sont annoncés, un haut fourneau à Arcelor Mital qui ne peut repartir faute d’avoir disposé des investissements nécessaires. Mais est-ce-que l’on mesure qu’elles vont être les réactions des salariés, mais, à un moment elles vont être incontrôlables ».
Michel CAIRE

Déclaration de l’UD FO
Le Comité Départemental de l’UD FO des Bouches-du-Rhône, réuni le jeudi 17 septembre 2020, fait sienne la Déclaration de la Commission Exécutive Confédérale du 2 Septembre 2020. « Le Comité Départemental rappelle qu’en cette période de « crise sanitaire » qui perdure, la santé et la sécurité des salariés doivent rester la priorité. Quid des CHSCT détruits ? Preuve est faite de leur nécessaire rétablissement. Il apporte son soutien plein et entier à tous les salariés et agents engagés, avec leurs syndicats FO, dans la défense de leurs emplois, leurs conditions de travail, leurs retraites et pour faire aboutir leurs revendications, montrant par-là que rien n’est inéluctable. Il réitère son soutien plus particulier aux camarades et salariés d’Alteo Gardanne, Fibre Excellence Tarascon, Alinéa, Auchan, Air France, TUI…ainsi qu’à tous ceux des entreprises sous-traitantes concernées. Le Comité Départemental de l’UD FO 13 réaffirme que les salariés ne doivent pas être, une nouvelle fois, la variable d’ajustement de toutes les politiques gouvernementales. Enfin, il appelle l’ensemble de ses syndicats à tenir leurs Assemblées Générales afin d’organiser la défense des intérêts matériels et moraux des travailleurs. Prenant exemple sur nos camarades hospitaliers, pour l’UD FO 13 l’épidémie ne doit, en aucun cas, être un frein à l’action syndicale. »

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