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Marseille : exposition « Propos d’hiver et variés » de Jean-Noël László à la galerie « etmoietmoi » du 11 janvier au 6 février

dimanche 10 janvier 2016

La galerie du Concept Store « etmoietmoi » à Marseille accueille l’exposition « Propos d’hiver et variés » Jean-Noël László, ciseleur des lettres du 11 janvier au 6 février

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Série l’être et la lettre : Jean-Noël László : H.C (Henri Chopin), 2009. techniques mixtes, 130 cm x 86 cm © Jean-Noël László
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Jean-Noël László : Le café de Flore, 2015, collage sur papier, 80 cm x 60 cm © Jean-Noël László

Jean-Noël Laszlo est un artiste rare ; on le définit alternativement comme "artiste de communication" ou "artiste de dialogue". Graphiste de formation, il a été souvent perçu comme un expérimentateur étudiant les rapports de l’image au message. Plus connu par la Bibliothèque Nationale de France que par le grand public, il crée depuis 2001 des livres d’artistes avec des poètes contemporains, notamment Marie-Claire Bancquart, Daniel Biga, Jean-François Bory, Henry Chopin, Alain Jouffroy et Olivier Salon. Il a une approche particulière des lettres formant les mots qui lui vaut une reconnaissance internationale de la part des linguistes et psychanalystes dont Boris Cyrulnik (cf encadré « ce qu’ils en pensent »).
Touche-à-tout de la lettre (signe typographique ou missive) et du livre jusqu’à la reliure, il a été exposé par le Centre International de poésie de Marseille et a été édité par le Centre Régional de Documentation Pédagogique (CRDP) d’Aix-Marseille.
Il a également participé à Marseille-Provence 2013, Capitale européenne de la Culture, à travers l’exposition "Lettres Capitales", conçue et réalisée avec Christine Fabre-Bourgeois, relieure d’art à Marseille. Cette création, se présentant sous la forme d’un abécédaire composé de 26 livres renvoyant à chacune des 26 lettres de l’alphabet, s’offrait comme un voyage en Méditerranée via le livre, la reliure, les arts plastiques et la poésie, avec la contribution de 26 poètes de la Méditerranée. Il a enfin récemment présenté des œuvres sur papier à l’’Institut Français de Milan dans une exposition de groupe organisée par le critique d’art Gérard-Georges Lemaire et à Marseille quelques sérigraphies de son œuvre "Laszlo remis à neuf" éditées par Alain Buyse, sérigraphe d’art à Lille. Cette édition de neuf sérigraphies créées avec le concours d’artistes de renommée internationale sont signées conjointement avec Jean-Noël László par Jacques Villéglé, Jean-Paul Albinet, Arthur Aeschbacher, Jochen Gerz , Joël Ducorroy , Alain Satié , Bartolomé Ferrando, Marcelloont Diotallevi et Mohamed Rachdi.
Par ailleurs, Jean-Noël László a rédigé de nombreux articles dans des revues telles que Traits, Arts et Métiers du Livre, Communication et Langages, et publié des ouvrages tel Timbres d’artistes en 1995 aux Éditions du Musée de la Poste - Paris.
Né à Rio (Brésil) en 1957, il vit et travaille à Marseille.
Antoine LAZERGES

Vernissage de l’exposition « Propos d’hiver et variés » de Jean-Noël László ce lundi 11 janvier 2016 de 18h à 21h - galerie du concept store "etmoietmoi" au 8 boulevard Notre-Dame, 13006, Marseille de 10h à 19h - tél : 0491540888 - aurora.com@aliceadsl.fr

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Série László remis à neuf : n°6 : Jean-Noël László / Alain Satié, 2008, Sérigraphie 3 couleurs sur Vélin BFK 250 g, 65 cm x 50 cm. © Jean-Noël László

Ce qu’ils en pensent ...

Boris Cyrulnik, psychanalyste
C’est pas pour dire ... mais quand on parle, c’est pour émouvoir, plus que pour informer. Pour informer, je pourrais dire : « mx2 + Vn + Vv1 = ou bien“ .-., —, -, -.- : coulé ! » Comme un ordinateur, je pourrais traduire : « la chair est faible, hélas, et j’ai lu tous les livres » par : « je suis triste parce que celui dont la chair est pourrie n’a plus rien à lire ». Alors, je penserai que cet ordinateur n’a pas les mêmes émotions que moi. les mots n’ont plus le monopole de la contagion affective. Ils doivent s’associer aux choses pour y communiquer du sens et de l’émotion. A ce compte, les objets, les couleurs et les formes doivent servir à cette contagion. Donner des mots à voir, des objets sonores à peindre, des images à signifier, et des histoires. L’ennui des mots, c’est qu’ils sont transparents, sauf à les colorier pour les rendre visibles. Alors, je voudrais vous proposer l’image d’un chat assis sur un oreiller, oreille dressées, pupilles dilatées, très alerté par des pinceaux coloriés. Cette image bourrée de sens ne peut venir que d’une Histoire secrète, intime et pourtant communicable. Demandez voir à László ou à son chat.

Pierre Tilman, artiste plasticien, poète et critique d’art
László est un maître d’œuvre, un chef d’entreprise, un entraîneur, un organisateur, un metteur en scène. Pour lui, l’émotion est dans le projet lui-même et pas dans l’objet réalisé et finalisé. J’emploie à dessein le mot émotion qui peut sembler déplacé car on pourrait facilement classer Jean-Noël László parmi les artistes conceptuels. Il est vrai qu’on est tout d’abord frappé par sa volonté de sérieux, de rigueur, de cohérence qu’on associe avec une démarche surtout intellectuelle. Il y a en lui une apparente froideur, mais sa retenue et sa froideur ne tardent pas à laisser percer son côté sentimental et poétique.

Alain Jouffroy, poète et critique d’art
Jean-Noël László, artiste à Toulon, a une conception esthétique et éthique très rigoureuse de son travail. Le suivant depuis plusieurs années, et ayant collaboré avec lui à plusieurs reprises, j’ai toujours admiré sa cohérence et sa fidélité aux principes qu’il s’est créés luimême.

Lucrezia De Domizio, commissaire d’exposition indépendant
Jean-Noël László, grâce à sa créativité, à l’écoute des enseignements de Joseph Beuys, donne forme à un langage fondé sur une communication active et concrète. Les mots, les noms, les événements, les lettres sont des sens et des moyens, des matériaux qu’il utilise afin que le message de coopération se transforme en sculptures vivantes, en images concrètes, en véritables œuvres d’art au rapport profond entre esthétique et éthique.

Gérard-Georges Lemaire, écrivain, éditeur, historien et critique d’art
A contrario des artistes présentés au sein du pavillon italien de la cinquante-troisième édition de la Biennale de Venise, sous le titre de « Collaudi, omaggio a F. T. Marinetti », Jean-Noël László peut être considéré comme un authentique héritier du futurisme italien. Qu’on ne se méprenne pas : ce n’est pas un lointain et nostalgique épigone de Giacomo Balla, d’Umberto Boccioni ou d’Enrico Prampolini. Rien dans la forme, rien dans l’esprit et la lettre de son œuvre, ne dérive de manière directe de leurs travaux. Toutefois, des liens secrets et profonds le relient à leur démarche... ... Jean-Noël László a placé son œuvre à l’enseigne de la lettre. Et quand j’emploie le mot « lettre » à son propos, je ne donne aucune limite à ce vocable : il s’intéresse autant à l’alphabet qu’à la correspondance. À l’égal des futuristes italiens, il a imaginé de remettre à l’honneur les enveloppes comme support artistique et s’est ingénié à multiplier ce mode d’échange ludique. Mais il s’est intéressé aussi aux lettres, d’abord aux voyelles, en s’inspirant du célèbre poème d’Arthur Rimbaud, puis aux consonnes. Il a également collaboré avec des poètes qui sont eux mêmes des passionnés de ce genre de pratique, devenant à la fois éditeur et créateur.

Jean-Louis Marcos, journaliste et critique d’art
Jean-Noël László engendre des poèmes visuels qui sont les fruits de multiples et répétées liaisons équivoques entre la langue et la matière. Le droit pénal ne dit rien de ces mœurs étranges, par contre la mémoire des ancêtres chuchotte Dada et Schwitters, les futuristes russes et Brion Gysin. Beaucoup d’autres encore, chez les poètes visuels et sonores. ... L’être de la lettre et ses métamorphoses. Langue faisant, László révèle d’autres réalités : celles qui sont cachées par la grande généralisation d’hystérie marchande. Comme l’aborigène et l’internaute, Jean-Noël László travaille en réseaux, toujours avec d’autres créateurs : articulations, correspondances et structures arborescentes.

Corine Girieud, historienne et critique d’art
La création peut être un jeu, et le jeu, une chose très sérieuse. Et puisque Jean-Noël László prend l’acte créatif au sérieux, il en joue. Artiste de la contrainte, il s’impose des règles pour avancer dans sa recherche plastique. S’il put être classé dans la catégorie des mail artistes, son expérience lui fait envisager maintenant sa création sous un angle plus large, déconstruisant ce qui constitue la lettre, formellement, historiquement,
socialement, dans ses usages et surtout dans la possibilité qu’elle donne de manier l’écriture. Jean-Noël László est en effet un amoureux des mots qu’il manipule avec une jubilation perceptible.

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