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Marseille : la plus grande unité de production de biométhane de France inaugurée à Sormiou

mercredi 24 avril 2019

A travers sa filiale Seramm (Société d’assainissement Marseille Métropole), le groupe Suez a inauguré sa nouvelle unité de production de méthane, nichée dans l’usine de boues de Sormiou. En service depuis le 1er janvier, cette unité sera la plus importante de France lorsqu’elle aura atteint sa pleine capacité de production. Une réalisation d’économie circulaire qui permet à la Métropole Aix-Marseille Provence, maître d’ouvrage, et à la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, un des financeurs, de prendre à plein gaz le virage de la transition énergétique.

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Inaugurée officiellement le 2 avril, la nouvelle unité de production de biométhane de Suez, est en service depuis le 1er janvier et produit d’ores et déjà l’équivalent de la consommation de 1 500 foyers (Photo C.P.)
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Jean-Louis Chaussade, Renaud Muselier, Pierre Dartout, Jean-Claude Gaudin et Roland Giberti à la manœuvre (Photo C.P.)

Voilà un leadership dont Marseille pourra s’enorgueillir : la nouvelle unité de production de biométhane de Suez, installée au sein de l’usine des boues de Sormiou, est appelée à devenir la plus importante de France. Inaugurée officiellement le 2 avril, elle est en service depuis le 1er janvier et produit d’ores et déjà l’équivalent de la consommation de 1 500 foyers. Sa capacité de production est aujourd’hui de 15 millions de kWh (kilowattheures), mais l’installation est dimensionnée pour une extension future à 22,8 millions de kWh, ce qui en fera la plus importante de France. Elle sera alors en mesure d’injecter dans le réseau public de gaz naturel l’équivalent de la consommation de 2 500 foyers, c’est-à-dire environ 8 000 habitants, soit 10 % des habitants du 9e arrondissement de Marseille où l’usine des boues est installée. L’usine pourra aussi alimenter en carburant des bus roulant au GNV (Gaz naturel pour véhicule) : sa capacité de production lui permettrait alors de couvrir les besoins de plus de 150 bus parcourant six millions de kilomètres. Un ambitieux projet d’économie circulaire qui représente un investissement de 9,2 M€ supporté par la Métropole Aix-Marseille Provence (2,65 M€), Suez via sa filiale Seramm (2,38 M€), l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée (2,52 M€), la Région Sud (800 000 €) et l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) Provence-Alpes-Côte d’Azur (640 000 €). Concrètement, le processus de production se déroule en deux phases. Tout d’abord, l’unité produit du biogaz, via un processus « de digestion », à partir des boues de la station d’épuration installée sous le stade Vélodrome qui sont envoyées à Sormiou. « Ces boues sont digérées par des bactéries qui produisent du méthane », résume Jean-Louis Chaussade, directeur général de Suez. Pour qu’il puisse être utilisé et envoyé dans le réseau public, ce biométhane est ensuite « nettoyé ». « On enlève la vapeur d’eau et le CO2  », complète l’industriel.

Pas de surcoût pour l’usager

Pour le consommateur final, rien ne changera. Suez, gestionnaire de l’exploitation à travers sa filiale, n’est en effet ici qu’un producteur de gaz : il n’est ni un distributeur ni l’exploitant du réseau. Ainsi, ce biométhane n’alimentera pas directement des foyers ciblés, les chiffres donnés correspondant à des équivalents de consommation. Mais cela donnera bel et bien une connotation verte au réseau public du gaz. Ce qui permet à la Métropole Aix-Marseille Provence, maître d’ouvrage, de prendre le virage de la transition énergétique et de s’inscrire pleinement dans les objectifs de la loi pour la Transition énergétique et la croissance verte (TECV) qui fixe à 10 % la part des énergies renouvelables dans la consommation de gaz en France en 2030. Et cerise sur le gâteau, il n’y aura aucun surcoût pour l’usager. En effet, Suez sera rémunéré via la revente du gaz au réseau public. Un retour sur investissement qui avoisinera 1,7 M€ par an lorsque l’installation aura atteint sa pleine capacité de production. Une réalisation d’économie circulaire dont le maire de Marseille Jean-Claude Gaudin s’est réjoui, lui qui en avait été l’un des initiateurs lorsqu’il était encore président de la métropole Aix-Marseille Provence. « C’est une usine exemplaire par ses volumes traités et les objectifs qu’elle poursuit en matière de transition énergétique. Elle produira à terme l’équivalent de la consommation de 8 000 habitants et alimentera aussi les véhicules verts. Et c’est une usine totalement camouflée, l’environnement est préservé », souligne Jean-Claude Gaudin. Le maire de Gémenos Roland Giberti, vice-président de la métropole délégué à l’eau et à l’assainissement, qui représentait sa présidente Martine Vassal, a pour sa part rappelé qu’à ses yeux, « la métropole est la bonne réponse aux enjeux environnementaux ». « Maître d’ouvrage de ce projet, la métropole a engagé un partenariat fructueux avec le groupe Suez. C’est un projet remboursé sans que nos administrés n’en supportent le poids financier. Nous sommes sur la bonne voie  », insiste-t-il.

« Surmonter les contradictions de note pays »

Renaud Muselier, président de la région Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur, a rappelé que la contribution de la collectivité régionale s’inscrivait dans son plan « Une COP d’avance ». « C’est l’objectif central de notre plan climat régional afin d’obtenir des résultats sur trois avec une vision sur 20 ans. Cela passe par des mesures concrètes », précise-t-il. Louant « le travail collectif entre nos collectivités et les entreprises privées », il estime que « cette usine deviendra le symbole de notre renouveau énergétique ». L’unité de production de biométhane contribuera ainsi « à réduire nos pollutions » et « permettra d’atteindre 267 MW de biométhane produit en 2030 contre 14 aujourd’hui ». Une donnée essentielle pour la Région qui doit devenir neutre en carbone en 2030 selon les objectifs fixés par la loi TECV. Des objectifs qui rejoignent ceux de l’État, la France s’étant fixée l’objectif de parvenir à une part 25 % d’énergies renouvelables dans la consommation énergétique du pays en 2030, comme l’a rappelé le préfet de région Pierre Dartout. « Nous inaugurons aujourd’hui quelque chose de vraiment innovant. Nous avons les mêmes objectifs et nous travaillons tous dans la même direction. Le changement climatique nous oblige à changer rapidement les choses. Cette usine montre à quel point nous sommes volontaires dans cette région », assure le préfet. Et le représentant de l’État de souligner qu’en la matière, les choses ne sont pas simples. « Créer une unité de production d’énergie renouvelable, c’est un parcours du combattant. Les collectivités locales et l’État ont pour mission de surmonter un certain nombre de contradictions de notre pays, avec des oppositions de personnes qui disent défendre la nature. Les maires doivent savoir que les projets se montent difficilement. Mais le développement des énergies renouvelables est vital, il ne s’agit pas seulement d’afficher des objectifs », insiste Pierre Dartout.

Le défi industriel : rendre le biométhane compétitif

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Le biométhane produit n’alimentera pas directement des foyers ciblés, mais il donnera bel et bien une connotation verte au réseau public du gaz (Photo C.P.)

Quant à Jean-Louis Chaussade, il a remercié les élus présents pour « la confiance » accordée à Suez. « Ce projet illustre l’ADN de notre groupe avec l’éventail des solutions que nous sommes capables de proposer à ceux qui nous font confiance », explique le directeur général. Et de rappeler que « chez Suez, nous souhaitons augmenter de 50 % la production de biogaz en France d’ici 2020 ». Le biométhane dans la consommation de gaz en France pourrait alors atteindre une part de l’ordre de 10 %. Mais pour atteindre un tel pallier, il faudra que le produit « soit compétitif », ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. « Le biométhane n’est compétitif aujourd’hui que parce qu’il est subventionné », rappelle le directeur général de Suez. Une rentabilité future qui passera, pour Jean-Louis Chaussade, par un apprentissage technique - permettant de concevoir des usines de moins en moins cher -, des éléments règlementaires - avec éventuellement « un prix carbone » pour le gaz d’origine fossile - et une volonté politique.
Carole PAYRAU

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