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Méditerranée : la science se met en action pour le codéveloppement

mercredi 5 octobre 2016

« Empêcher que le monde ne se défasse », c’est en citant Albert Camus que Thierry Fabre, responsable du département du développement culturel et des relations internationales du MuCEM a accueilli la rencontre "Les savoirs en action pour un codéveloppement en Méditerranée". C’est dans le cadre de sa mission internationale et dans le prolongement de la Journée mondiale des sciences, que l’Académie des sciences s’est associée à l’IRD [1] pour organiser, à Marseille cette rencontre placée sous l’égide du GID, Groupe inter-académique pour le développement, qui rassemble une trentaine d’académies nationales des deux rives de la Méditerranée. Une manifestation qui a notamment vu le Prince Albert II de Monaco souligner toute l’importance qu’il accorde à la science et à la Méditerranée dans laquelle il voit « un condensé de notre monde ». Tandis que Thierry Mandon, le secrétaire d’État en charge de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche se réjouit de la thématique abordée et notamment de la notion de science en action.

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Thierry Fabre accueille les Rencontres à l’occasion d’une première table qui a réuni Jean-Paul Moatti, Catherine Bréchignac, le Prince Albert II de Monaco, Thierry Mandon, Francis Guinot (Photo M.C.)
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Le Prince Albert II rappelle que Monaco s’inscrit dans une politique de transition énergétique, de coopération internationale (Photo M.C.)

Thierry Fabre évoque « les secousses qui touchent le monde méditerranéen » et prévient : « On ne peut plus détourner le regard car ce serait consentir à ce que le monde se défasse ». Sylvie Daviet, vice-présidente d’Aix Marseille Université, rappelle à ce propos que « la Méditerranée est un enjeu majeur pour notre université et un grand sujet de travaux pluridisciplinaires ». Tandis que Francis Guinot, le président du GID indique que la fondation du GID, par des académies européennes et africaines, témoigne de son engagement dans un véritable codéveloppement euro-africain, sans lequel tout développement durable serait illusoire. Et d’insister : « Le développement euro-méditerranéen et euro-africain sont indissociables et sont garants de paix et de progrès pour 2,5 milliards d’êtres humains ». Catherine Bréchignac, secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences ne manque pas d’ajouter que « la science est une composante essentielle du rayonnement culturel et économique des pays ».
Thierry Mandon, note qu’avec la Journée mondiale de la science et cette rencontre "sur les savoirs en action..." : « Il est fait état des sciences dans leur profondeur et, on voit des scientifiques qui se préoccupent d’une science en action, soucieuse de partage, d’un ancrage dans la société. C’est un phénomène récent que des scientifiques soient convaincus de l’importance de mettre les savoirs en partage. » « Sciences dures, humaines, sociales... il n’est de grands progrès aujourd’hui qui ne soient pluridisciplinaires », précise-t-il. Avant d’annoncer : « Les scientifiques vont même jusqu’à parler en français maintenant. Je veux dire par là qu’ils utilisent des mots compréhensibles par tous ». Il reste à ses yeux un autre transfert à réaliser : « celui des sciences vers les décideurs publics afin de revitaliser la décision publique ». Sachant que « l’émerveillement de la découverte scientifique est l’une des rares aventures positives que nous pouvons faire partager ».
Le Prince Albert intervient sur les défis qu’il importe de relever sur le littoral méditerranéen. Parle de cette mer «  lieu de rencontres, espace d’échanges, d’émergence de civilisations. » Une zone d’échanges permanents, depuis des millénaires « qui est aussi, parfois, le cadre de tensions, de crises ». Il précise qu’en 2025 : « La moitié du littoral devrait être construit » avec une densité croissante de population et du nombre de touristes. Et de mettre en exergue les menaces qui pèsent en termes de pollution, de surexploitation des ressources, de dégradation des écosystèmes ou de réchauffement climatique. Il ne manque pas de signaler que « Monaco s’inscrit dans une politique de transition énergétique, de coopération internationale ». Il rend hommage au travail des scientifiques : « La découverte naît du doute, doute qui pousse vers d’autres chemins ». Et de juger : « Les dirigeants politiques et économiques devraient s’inspirer de cette posture scientifique ».
Jean-Paul Moatti, le président de l’IRD se réjouit de voir l’excellence scientifique de la Région Provence-Alpes Côte d’Azur reconnue, ainsi que la pertinence du travail accompli à propos de l’agenda international pour le développement ou encore les MedCop 21 et 22. Mais il n’omet pas de soulever le problème des objectifs qui ne seront pas atteints sans avancées des sciences. Or, on peut parfois avoir l’impression que, pour certains, les sciences tombent du ciel, sans qu’il soit question d’efforts ou de moyens ».
Michel CAIRE


[1L’IRD (Institut de recherche pour le développement) est un organisme pluridisciplinaire reconnu internationalement. Il travaille principalement en partenariat avec les pays méditerranéens et intertropicaux. il s’agit d’un établissement public français placé sous la double tutelle des ministères de l’Enseignement supérieur et de la recherche et des affaires étrangères et du développement international. Il porte, par son réseau et sa présence dans une cinquantaine de pays, une démarche originale de recherche, d’expertise, de formation et de partage des savoirs au bénéfice des territoires et pays qui font de la science et l’innovation un des premiers leviers de leur développement.

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