Mémorial de La Marseillaise

Publié le 1 mars 2013 à  1h00 - Dernière mise à  jour le 6 juin 2023 à  18h49

Une exposition en hommage à la République, la liberté, la femme

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Frédéric Frank - Anne-Marie d'Estienne d'Orves- Daniel Sperling (PHOTO PHILIPPE MAILLÉ)
Frédéric Frank – Anne-Marie d’Estienne d’Orves- Daniel Sperling (PHOTO PHILIPPE MAILLÉ)

S’il fallait une raison supplémentaire d’aller au Mémorial de La Marseillaise, rue Thubaneau, à Marseille, elle réside dans l’exposition (jusqu’au 31 mars) des « Marianne » lauréates du concours initié par la ville de Marseille auprès des étudiants de l’ École supérieure d’art et de design Marseille-Méditerranée. Après avoir été exposées à l’espace Muséal Bargemon en mai 2012, ces œuvres sont présentées jusqu’au 31 mars, au Mémorial situé 23-25 de la rue Thubaneau, dans le quartier Belsunce, lieu où elles se devaient d’être exposées. C’est de là en effet que partirent les Fédérés marseillais pour le Palais des Tuileries à Paris en 1792, entonnant le chant de l’Armée du Rhin qui deviendra ensuite La Marseillaise.
Les créations rejoindront ensuite les bureaux de proximité dans le cadre de Marseille Provence 2013 capitale européenne de la culture.
Les étudiants ont travaillé sur la conception et la réalisation d’une œuvre exprimant « une contextualisation spatiale ou visuelle » de la Marianne, symbole de la République.
Les 3 lauréates exposées sont Hélène Guimberteau « Face à face», Sabrina Belouaar « un écrin de Marianne », Amandine Guruceaga « tiré à part », et le « coup de cœur » du jury, Eleonor Chartier, « Dans Marianne il y a aimé – (Ann) Jean-Luc Godard ».

Mosaïque de femmes représentant Marianne

Hélène Gimberteau raconte : «Au fil de diverses pérégrinations dans la ville, j’ai eu la chance de rencontrer de belles marseillaises. D’origines différentes, d’âges différents, de quartiers différents, ces femmes m’ont laissé discuter avec elles. De ces rencontres magiques sont nés ces portraits, condensés de leurs pensées, de leur vie féminine. Ces échanges m’ont permis de renouer avec la photo, de découvrir avec plus de profondeur une ville dans laquelle je vis depuis peu. La mosaïque de femmes représentant Marianne est une représentation de la diversité marseillaise, un symbole de la féminité ».

« Ma Marianne, c’est ma liberté, mon égalité et ma fraternité »

Sabrina Belouaar explique : « Avec cette sculpture, je souhaiterai sublimer ma Marianne en la mettant sur le même piédestal qu’un bijou, qu’un diamant ». Elle poursuit : « Ma Marianne représente ma République Française, elle symbolise mon attachement à la révolution populaire de ma République. Ma Marianne, c’est ma liberté, mon égalité et ma fraternité. Afin de sublimer l’un des principaux symboles de ma République, j’ai décidé de faire fusionner la notion d’écrin et de fly case. A travers mon objet, j’offre le moyen de faire voyager ces principes universels, tout en sublimant ma Marianne dans son propre écrin qui montre une marque de préciosité ».

Sommé de tenir

Amandine Guruceaga propose « Sommé de tenir », une sculpture modulable. « De profil ce totem dessine une silhouette aux courbes féminines habillées et revêtues de nombreux tissus tous d’origines différentes qui viennent la parer d’une robe multiculturelle qui reflète une diversité riche en couleurs. Ces tissus, ce sont ceux que je vois porter dans nos rues par toutes ces femmes, toutes ces citoyennes et c’est à travers elles que je souhaitais donner ma vision de la Marianne et des valeurs qu’elle véhicule aujourd’hui ».

Un aimer tricolore

Et puis, il y a le coup du cœur du jury pour « dans Marianne il y a aimer (Ann), Jean-Luc Godard ». Eleonor Chartier évoque « un aimer tricolore comme une pub anti-pub avec le gaz des néons qui travaille, et nourrit l’infante Marianne, lui-même alimenté par le secteur et la ville mythologique. Les marchandises gazeuses nous inondent, le néant du néon produit et colonise nos nuits. Matière populaire irradiant, vibrant, une pulsation ça bouge, ça vit malgré le manque d’espoir politique. C’est une enseigne de la boutique France : lettres liées cristallisées, gaz corseté dans verre donnent : couleurs préfabriquées, celles du drapeau de la nation. Réinjecter de l’amour en politique, ça restera en lumière artificielle, ça gênera toujours les oiseaux dans leur migration, on est bien dans un paradigme nature-culture. Donner une énergie au texte « aimer » désuet, messianique, insupportable, on se croirait au catéchisme. Et pourtant… le liant non ? »

« La liberté, une perpétuelle conquête »

Frédéric Frank, directeur du Mémorial, ne cache pas sa satisfaction d’accueillir une telle exposition qui s’inscrit pleinement dans l’ambition de ce site qui « entend redonner du sens, transmettre, aux jeunes au premier chef, l’histoire de ce pays, de cette ville. Un site qui en liaison avec les équipes de Daniel Sperling (Adjoint au maire délégué au plan Mieux Vivre Ensemble), accueille dans ses murs les cérémonies de remise des décrets de naturalisation ». Puis de conclure : « Marianne, c’est la mère Patrie, la liberté avec son bonnet phrygien porté par les esclaves affranchis ».
Anne-Marie d’Estienne d’Orves, présidente de l’École d’art note : « Nous avons organisé ce face à face entre de jeunes artistes et notre République et cela a donné une très belle et complexe aventure tant les élèves ont relevé le défi avec beaucoup de fraîcheur et souvent d’inattendus. Ils ont traite Marianne comme une amie ». Puis de citer Malraux :« La liberté appartient à ceux qui l’ont conquise». Elle ajoute : « Et elle reste une perpétuelle conquête et un grand défi pour les générations futures ».

« L’art est le fruit de la créativité des gens libres »

Daniel Sperling, exprime toute sa satisfaction d’être dans ce Mémorial. Indique : « Avec le maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin, nous avons la volonté de transmettre les éléments inhérents à notre histoire, notre République, notre capacité à vivre ensemble dans nos différences ». Savoure « le formidable travail des jeunes artistes, sur ce symbole de la République, de la citoyenneté, de la Nation » Cite à ce propos Gandhi lequel écrivait : « Mon patriotisme ne connaît aucune exclusive. Il est prêt à accueillir le monde entier. Pour moi, patriotisme rime avec humanité. Je suis patriote parce que je suis homme et humain ». Il insiste sur l’importance qu’il attache au fait que ces œuvres soient ensuite présentées dans les bureaux de proximité conclut en citant J.F. Kennedy : « L’art est le fruit de la créativité des gens libres ».

Luc CONDAMINE

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