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Municipales à Marseille. Les Républicains : un meeting pré-électoral avant le "dur" de la campagne

jeudi 4 juillet 2019

C’est dans les 6e et 8e arrondissements de Marseille, sur l’une des terres des Républicains (pour ne pas dire LA terre), que l’équipe de la mairie de Marseille a entrepris de poser les premiers jalons, en vue des prochaines échéances électorales. Un meeting organisé le 24 juin dernier à l’YCPR, à la Pointe Rouge, suivi par les militants et les sympathisants du parti.

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Yves Moraine & Martine Vassal adoubés par Jean-Claude Gaudin (Photo Mireille Bianciotto)

Militants et sympathisants LR n’ont pas manqué le rendez-vous : le 24 juin dernier, la salle de l’YCPR, basée à la Pointe Rouge, a accueilli l’équipe municipale sortante, à l’initiative du maire du 4e secteur Yves Moraine, lors d’un meeting pré-électoral. En toute logique, c’est donc dans les 6e et 8e fief de la droite de longue date, que se posent ce soir-là les premiers jalons de cette campagne politique... ce en compagnie de Jean-Claude Gaudin, maire de Marseille et de Martine Vassal, présidente du Conseil départemental des Bouches-du-Rhône et de la métropole Aix-Marseille Provence .
Avec Jean-Claude Gaudin, il est tout d’abord question d’Histoire... Un exercice de routine pour celui qui fut professeur avant de se lancer en politique. Ce dernier reviendra en effet sur sa conquête de la Mairie, et avant cela sur la joute qui, menée contre Gaston Defferre, l’obligera à tirer parti en 1983 de la loi PLM (Paris Lyon Marseille), mise en place par ce dernier, alors ministre de l’Intérieur. Alors que Gaston Defferre lui lancera un « Vous n’êtes qu’un petit calibre », il répondra par un « Monsieur le Maire, pour un petit calibre, j’ai fait un beau carton, puisque moi je suis élu dans les 6/8 au 1er tour et que vous, vous êtes en ballottage ».

Oui au rassemblement

Six fois élu dans ce secteur de 130 000 habitants, mais cinq fois seulement au 1er tour, il délivre ce message à ses amis politiques : pour gagner « il faut l’unité et le rassemblement ». Un message d’unité et « d’ouverture ... pour que cette ville continue à se développer avec un esprit nouveau, avec des projets nouveaux ». Néanmoins cette fois, le rassemblement, appelé des vœux de Martine Vassal quelques jours plus tôt, se fera sans lui : le maire sortant confirme en effet, en présence de cette dernière et d’Yves Moraine, qu’il ne participera pas à leur prochaine campagne « après 50 ans et plus de vie politique ». Mais il espère « leur succès », formulant le vœu que « ce que l’on a fait ensemble se poursuive ». Il justifiera une seconde fois ce rassemblement plus en aval lors de son discours, par une autre raison : la menace de la victoire des extrêmes. De fait, il revient pour en illustrer le fait sur le 1er tour des élections régionales de 2015 : « Si Monsieur Castaner et le Président Hollande n’avaient pas décidé le retrait de Monsieur Castaner, madame Marion Maréchal-Le Pen aurait été élue avec les siens à la tête de Provence Alpes Côte d’Azur ». Et Jean-Claude Gaudin de marteler : « Il nous faut l’union, l’unité, le rassemblement le plus large possible ». Pour autant, cette dynamique n’est pas encore effective... Mais le maire de Marseille, qui en avait causé le matin-même au président Emmanuel Macron, espère bien la voir aboutir... « Nous d’un côté, nous avons voulu une ville de générosité, une ville de fraternité, une ville généreuse. Nous avons voulu que ces valeurs essentiellement républicaines l’emportent toujours sur leur contraire. La haine, l’exclusion et la différence avec les autres, ça nous n’en voulons pas », conclura-t-il sur ce chapitre.

Adoubements en bonne et due forme

Alors certes, la vie politique de Jean-Claude Gaudin à la tête de la cité phocéenne s’arrêtera ici. Pour autant, il adoube. Il marque ainsi publiquement de son soutien à Yves Moraine, félicité ce soir-là pour son « travail » de maire de secteur et « son talent d’orateur », qu’il exerce au Conseil Municipal comme président du groupe majoritaire.
Il rappelle par ailleurs les mérites, et donc la victoire de Martine Vassal à la présidence du Conseil Départemental en 2015. Alors même que « depuis plus de 90 ans facile, cette collectivité avait toujours été détenue par la gauche. (...) Et depuis, c’est un sans faute…  » Il souligne par ailleurs « l’équité et la générosité » dont elle a fait preuve, selon lui, avec les 119 communes du département y compris avec la ville centre, Marseille … « merci de réaliser plus vite un certain nombre de réalisations », appuie-t-il enfin avec gratitude.

Pour Yves Moraine, c’est une évidence : le maire de secteur qu’il est ne peut que constater des améliorations sur le sujet du quotidien, propreté, voirie, depuis que Martine Vassal a pris la présidence de la métropole. Elle a donc toute légitimité pour occuper la place de leader dans cette campagne.

Loin de se décourager par le score obtenu par LR lors des européennes, Martine Vassal croit en ses chances : pour elle, « un scrutin local n’est pas un scrutin national ». Et puis rappelle-t-elle, elle a été « élue à la tête de la Métropole avec des voix qui n’étaient pas que des voix de Républicains ». Poser les jalons de la campagne dès maintenant, c’est le bon timing, poursuit de son côté Yves Moraine. « C’est maintenant qu’il faut dire, avant que la campagne proprement dite ne s’engage, que nous sommes, nous, prêts à tendre la main et à s’ouvrir à un large rassemblement  ». Ce avant d’entrer à l’automne « dans le dur de la campagne électorale  »... Ainsi, cet appel n’est pour lui « pas une démarche de peur, puisque nous sommes bien placés ».

Martine Vassal l’affirme, on a changé de « matrice ». Il est loin à présent, le temps des élections « droite contre gauche ». Place aujourd’hui à la « confluence des synergies qui feront de ce territoire le plus beau du monde ». Et puis, rappelle-t-elle, « des accords, on en a toujours fait ! Je ne vois pas en quoi est-ce que ça choque ».

Interrogée sur la prégnance d’un vote d’extrême droite qui s’affirme et ne se cache plus, Martine Vassal reconnaît qu’elle entend, de plus en plus souvent, des discours pointant du doigt l’inaction de son parti, « des gens qui ne sont peut-être pas férus des médias et restent sur le vieil adage comme quoi le politique est là pour s’en mettre plein les poches », décrit-elle, et qui évoquent par voie de fait, leur volonté de se diriger vers le Rassemblement National. Pour elle, la meilleure riposte, c’est de montrer par le travail effectué, « que l’on veut de l’efficacité, que l’on a des résultats ». Yves Moraine, de son côté, reste confiant : « On ne peut pas se faire élire en mettant la photo d’Emmanuel Macron ou de Marine Le Pen. Il faut avoir une crédibilité personnelle et Martine Vassal a atteint ce niveau-là. Peut-être que nous aurons dans les prochains jours des indications qui viendront le confirmer », disait-il alors, en allusion au sondage commandé par l’association des Amis de Martine Vassal à l’institut Pollingvox, dont les résultats ont été rendus publics quelques jours après le meeting, le 1er juillet dernier.

Enfin, Martine Vassal et Yves Moraine récusent d’une même voix l’idée d’une filiation Gaudin. « On n’est pas dans une succession avec un notaire au milieu. On est sur un projet. Il est complètement faux de dire que cette ville, depuis 1995, n’a pas changé. Alors tout n’est pas parfait, il y a des domaines dans lesquels on peut encore progresser. Et ils sont nombreux... mais on ne peut pas dire que cette ville n’a pas évolué », martèle la première, portant son regard sur le chemin encore à parcourir pour aller « encore plus loin, encore plus vite, et continuer à accélérer ». Yves Moraine poursuit dans le même esprit : le bilan est pour lui « globalement positif  », il faut garder une vision objective de ce qui a été fait, de ce qui reste à faire. Et l’impulser à sa façon... puisque l’un et l’autre « n’ont ni l’âge, ni l’histoire personnelle de Jean-Claude Gaudin  ». Comment rester dans la droite ligne du projet politique initié depuis 95 tout en cultivant l’affranchissement dans la manière de le mettre en œuvre...

Propos recueillis par Mireille BIANCIOTTO (Son) - Carole PAYRAU (Rédaction)

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