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Marseille : le roman-photo s’expose au Mucem jusqu’au 25 avril

dimanche 17 décembre 2017

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Scénographie Mucem - Exposition Roman-Photo © Francois Deladerriere

Né en Italie en 1947, le roman-photo a connu un succès immédiat et a été un best-seller de la littérature populaire mondiale pendant près d’un quart de siècle. Les lecteurs se comptaient par millions. Les revues passaient de main en main et c’est ainsi que, dans les années 1960, un Français sur trois lisait des romans-photos. Le roman-photo, perçu comme un sous-genre vulgaire, n’a que rarement retenu l’attention des historiens de l’image et celle des musées ou des centres d’art. Cette exposition -qui se tiendra au Mucem jusqu’au 23 avril 2018- consacrée au roman-photo aborde ses origines, de sa naissance au développement de ses archétypes jusqu’à ses déviances, et permet de faire reconnaître le roman-photo au-delà du stéréotype de « genre à l’eau de rose ». A travers plus de 300 objets (revues, photographies originales, maquettes, films...), l’exposition retrace une époque, ses rêves et ses peurs, et met en avant de petits chefs-d’œuvre totalement inédits comme ceux de la collection de l’éditeur italien Mondadori. Ce fonds, constitué de milliers de négatifs de romans-photos publiés entre la fin des années 1940 et le début des années 1980, n’a jamais été montré à ce jour.

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(Photo M.B.)

L’exposition qui s’articule en deux parties - le roman photo sentimental et des reprises très différentes entre le roman érotico-pornographique noir (une salle de l’exposition est interdite aux moins de 18 ans) et le roman satirique d’Hara-Kiri et ses détournements, par les situationnistes à des fins politiques - a deux commissaires : Marie-Charlotte Calafat, adjointe au département collections du Mucem et Frédérique Deschamps, journaliste, iconographe.

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Marie-Charlotte Calafat, adjointe au département collections du Mucem (Photo Mireille Bianciotto)

Marie-Charlotte Calafat définit le roman photo « avant tout comme un procédé narratif » lié au feuilleton et donc à « une histoire à multiples rebondissements pour tenir un lecteur en haleine sur plusieurs numéros ». Signale plusieurs genres en dehors du roman sentimental à l’eau de rose : « comique, satirique, érotique noir pornographique, etc ». Né en Italie en 1947, raconte-t-elle :« Il se répand avec beaucoup de succès dans le bassin méditerranéen et dans des pays de culture catholique comme en Amérique Latine ». Expliquant notamment qu’on le trouve peu dans « des pays anglo-saxons de culture protestante ». La commissaire avance prudemment : « Il y a bien quelque chose qui est ancré dans la culture catholique qui semble être plus enclin à apprécier le genre ». Dans les années 60, âge d’or du roman photo, il se fait le témoin de ce qui se passe pour les femmes, en France et pas seulement. « On voit la modernité entrer dans les foyers » avec le frigo et le lave-linge, le goût de la femme pour la mode mais aussi on la voit « essayer de porter des combats pour arriver à travailler, contre une société qui le refuse, voire sa propre famille ou son mari ». On voit aussi ses combats pour sortir de l’emprise d’un mari dont elle veut divorcer, des combats que le roman-photo montre comme « des écueils dont elle a à triompher pour connaître l’histoire d’amour qu’elle mérite ». Dans les années 60, un Français sur 3 lit du roman-photo où on trouve des vedettes du yé-yé en grand nombre. Dans la deuxième partie, consacré aux variations et détournements, Marie-Charlotte Calafat se dit « bouleversée » par la découverte d’une production riche et diverse, suivant les décennies : en 70 de l’erotico-noir avec le journal Satanik, dans les années 80, du pédagogique avec de la prévention contre le sida et du satirique avec Hara Kiri, où par exemple Gébé signale l’intérêt d’utiliser le roman-photo : « On joue sur la réalité, l’absurdité », dans une vidéo de l’exposition. Il y a aussi la parodie de Nous-deux avec un sketch des Nuls de 4 minutes que l’on peut écouter ou encore la vidéo d’un spectacle de rue de la compagnie Royal de Luxe, dans les années 80. « On voit que l’on s’amuse sur les codes du genre ». Sont aussi exposés des accessoires de ce spectacle : une fiat 500 coupée en deux et une série de cadres pour les « photos »...

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Salon de lecture du magazine Nous deux qui finit la 1ère partie de l’exposition (Photo M.B.)

Frédérique Deschamps souligne, pour sa part, la rareté des documents pourtant sortis à des millions d’exemplaires mais « méprisés ». Et profite de cette exposition pour lancer un appel aux visiteurs pour qu’ils apportent leurs documents originaux (photos, maquettes) au Mucem. Pour elle, le roman photo n’est pas un "has been", considérant : « On n’a pas fait le tour du roman-photo »...

Mais qui sont ces fidèles lecteurs ? Afin de répondre à cette question, les
commissaires de l’exposition ont demandé au photographe Thierry Bouët de
réaliser une série de portraits de lecteurs et lectrices de Nous Deux à
Marseille et dans sa région. Il a sélectionné 9 lecteurs marseillais, 8 femmes et un homme, de 23 ans à 92 ans qui l’ont tous bien accueilli « un petit peu comme l’étranger qui vient dîner à la maison »...

Reportage Mireille BIANCIOTTO

Plus d’info : mucem.org

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