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Off d’Avignon au Théâtre actuel : Grégori Baquet adapte avec finesse "On ne voyait que le bonheur" de Grégoire Delacourt

vendredi 28 juillet 2017

Cela commence par l’énoncé d’une liste de choses symbolisant une vie. Puis très vite, la voix qui se fait entendre, nous émeut au fil des minutes, en raison de l’intensité de ce qu’elle nous raconte et surtout l’aspect dramatique de ce qu’elle évoque. Il s’appelle Antoine, c’est lui le narrateur de ce « On ne voyait que le bonheur » où, il en sera très peu question justement du bonheur.

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Grégori Baquet et Murielle Huet des Aunay dans "On ne voyait que le bonheur" (Photo Evelyne Desaux)

Travaillant dans une compagnie d’assurances où il est humilié par son patron, nous le découvrons trompé par sa femme, méprisé par ses enfants et, licencié parce qu’il a fait preuve d’humanité. Alors un jour de déprime, il commet l’irréparable. L’idée folle de se supprimer après avoir supprimé ses deux enfants est née du désespoir, et tirant d’abord sur sa fille, il prend conscience de la folie de son geste. Arrêté et jugé commence alors pour ce père meurtri voulant changer de peau un chemin initiatique où il sera question d’empathie, et de résilience. Parallèlement Joséphine, l’enfant blessée et défigurée se reconstruira peu à peu et renaîtra par la force du pardon. Texte sombre, terrible, que Grégoire Delacourt publia en 2014, deux ans après l’incroyable succès de « La liste de mes envies », ce poignant « On ne voyait que le bonheur  » a trouvé en Grégori Baquet son parfait adaptateur théâtral. Jouant avec une retenue et une intelligence absolue le rôle d’Antoine, le comédien qui a puisé dans la noirceur du livre le matériau d’une pièce solaire, signe aussi une mise en scène refusant les effets de manche, la redondance, le dramatique échevelé. Utilisant la vidéo pour faire défiler les images de la vie d’Antoine (on est à la fois dans sa tête et dans l’énoncé des faits), Grégori Baquet a enrichi la narration d’une sorte de chorégraphie permettant de replacer l’importance du corps dans le combat de la fille pour se relever et du père pour faire tomber sa vieille peau. Dans le rôle de Joséphine, Murielle Huet des Aunay est criante de vérité, bouleversante d’humanité. Elle compose une sorte de danse pour cœur blessé que Grégori Baquet magnifie par sa réflexion permanente sur les forces de l’amour et du pardon, les deux thèmes centraux de la pièce. Un moment de bonheur théâtral qui voit la pudeur s’installer quand il s’agit de gravité et où l’humour et la tendresse ne sont jamais absents.
Jean-Rémi BARLAND
« On ne voyait que le bonheur » au Théâtre Actuel d’Avignon jusqu’au 30 juillet à 10h15.Tarifs : 22 € ; 15 €. Réservations au 04 90 82 04 02 -theatre-actuel.com

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