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On a vu « Les Saltimbanques » au Théâtre de l’Odéon : à la recherche du charme désuet de l’opérette à papa

dimanche 26 avril 2015

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Yves Coudray, Paillasse, David Grousset, Grand Pingouin, Clémence Olivier, Suzon et Emmanuelle Zoldan, Marion : un quatuor talentueux pour "Les Saltimbanques" (Photo Christian Dresse).

C’est l’amour qui flotte dans l’air à la ronde/C’est l’amour qui console le pauvre monde/ C’est l’amour qui rend chaque jour la gaîté/ C’est l’amour qui nous rendra la liberté ! S’il n’y a qu’un air à retenir des « Saltimbanques », l’opérette de Louis Ganne, c’est bien celui-ci. Car, il faut bien l’avouer, tout le reste a bien mal vieilli… Et les enregistrements de Janine Micheau, Robert Massard, Marcel Merkes et Paulette Merval, entre autres, s’ils ont fait des heureux pendant des années, au temps des 78 tours et après, sont des vestiges consacrant le charme désuet de l’opérette à papa, qui faisait rêver les jouvencelles alors que le dernier siècle venait de débuter. Pour deux représentations, ce week-end, c’était retour dans le passé avec « Les Saltimbanques » à l’Odéon de Marseille. L’occasion de juger sur pièce l’intérêt devenu relatif de cette œuvre. Non point que les artistes aient failli, loin s’en faut, mais bel et bien par la faiblesse d’une partition qui a du mal à trouver une place avec un peu de soleil aujourd’hui. Yves Coudray, qui signe la mise en scène tout en incarnant Paillasse, essaye tant bien que mal de redonner des couleurs aux joues des protagonistes d’un livret un tantinet obsolète. Mais que c’est difficile dans des décors minimalistes et avec un texte qui ne brille pas par sa richesse. On est loin, bien loin, de la verve de « Phi Phi » ou de la verdeur de « Barbe Bleue » donnés ici il y a quelques semaines. Mais que l’on ne s’y méprenne pas, au risque de nous répéter, c’est bien de la qualité de l’œuvre, livret et musique, qu’il s’agit, et non point du travail de ceux qui la font vivre sur scène. Car pour cette production des Saltimbanques, il y avait du beau monde sur le plateau. A commencer par Emmanuelle Zoldan, qui incarnait « Marion », et qui, vocalement, fait un sans fautes, imposant avec précision et puissance son timbre de mezzo avec une ligne de chant d’une rectitude et d’un volume impeccables. On languit désormais de l’entendre dans « La Périchole » la saison prochaine. A ses côtés, David Grousset est un « Grand Pingouin » à la voie ample et colorée. Un beau baryton. Apprécié, aussi, Frank T’hézan qui procure toute sa dimension, scénique et vocale, à « Malicorne ». La « Suzon » de Clémence Olivier est agréable et toute de finesse mais la voix est parfois confidentielle. Dommage car on devine du potentiel chez cette soprano qui, il faut le dire, a l’avenir devant elle. Si le reste de la distribution a assuré, nous avons été un peu déçus par Laurent Arcaro, « André », dont nous attendions plus vocalement.
En venant à l’Odéon pour « Les Saltimbanques », nous étions à la recherche du charme désuet de l’opérette à papa ; nous ne l’avons pas vraiment trouvé cette fois-ci. Peut-être le mois prochain avec « L’Auberge du Cheval Blanc »…
Michel EGEA

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