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On a vu à l’Odéon - « Andalousie » : au plaisir des aficionados d’opérettes…

samedi 16 janvier 2016

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Bonne humeur au final de la représentation d’ "Andalousie" avec un triple bis de l’air ultime. (Photo Christian Dresse)

On le sait peu, mais « Andalousie » est une opérette « de jeunesse » de Francis Lopez ; la deuxième d’une longue série. Il la compose en 1947, fort du succès de « La Belle de Cadix » l’année précédente. Et jusqu’en 1993 avec « Les Belles et le gitan », il en composera en moyenne un peu plus d’une par an. Une vraie usine à opérettes… « Andalousie » rime avec jalousie, espagnolade, corrida : les recettes du succès dont n’a pas hésité à user Francis Lopez. C’est ce divertissement « à grand spectacle » qui était proposé ce samedi 16 janvier après-midi et qui sera donné à nouveau ce dimanche à 14h30 à l’Odéon, sur la Canebière à Marseille.

Salle pleine, ce samedi en matinée, pour la première d’"Andalousie"

Les aficionados, souvent aux cheveux blancs, étaient venus replonger dans les délices de leur jeunesse. Et autant vous le dire tout de suite, ils ont apprécié la représentation ponctuant le final par des salves d’applaudissements. Ne serait-ce que pour ça, l’opérette est un genre qui devrait être remboursé par la « sécu » au même titre que les anti-dépresseurs ; et l’Odéon déclaré d’utilité publique. Alors, c’est vrai que l’œuvre est datée, que les toiles peintes du décor qui ne peuvent être repassées (au fer) avant leur mise en place sont « kitchissimes », que les jeux de mots du style «  et tu verras mon regard hagard de lion » sont éculés, mais le bon public rit. Et par les temps qui courent, procurer du bonheur fait partie des missions humanitaires primordiales.
Difficile, dès lors, d’écrire une « critique » critique ! Alors, tentons… La musique est datée, mais la partition propose de beaux airs. Et l’orchestre de l’Odéon, sous la direction de Bruno Conti, a fait de sacrés progrès depuis « Le Chanteur de Mexico » la saison dernière. Si l’ensemble conserve ce son légèrement désuet qui sied aux représentations, il a gagné en précision et en volume. Sur scène, confrontés à l’étroitesse du lieu, les protagonistes se dépensent sans compter. Le chœur est agréable et les solistes s’amusent beaucoup. Il est toujours difficile de citer l’un(e) ou l’autre lorsque toute une troupe donne le meilleur d’elle même. Mais en ce samedi après-midi, c’est Amélie Robins, Dolorès, qui a retenu toute notre attention avec sa voix puissante, ses aigus directs et précis, son aisance et sa joie de jouer aux côtés de son amoureux, Juanito, à qui Marc Larcher, séduisant ténor, prêtait ses traits et sa voix. Une mention aussi pour le quatuor de danseurs de Sévillanes et le guitariste Jésus Carceller. Quant à la mise en scène de Jack Gervais, elle respecte les canons traditionalistes de l’opérette des années 1950… Le succès fut au rendez-vous, c’est tant mieux. Mais il faudrait peut-être songer à dépoussiérer quelques-unes de ces opérettes, comme l’ont fait Dominique Trottein et Jacques Duparc avec « Un de la Canebière » il y a peu, pour créer des événements tout en ouvrant la salle à un nouveau public. Cela pourrait marcher, non ?
Michel EGEA
Représentation ce dimanche 17 janvier à 14h30 à l’Odéon 162, La Canebière Marseille (1er)

Messages

  • Ayant assisté à la même représentation que vous, j’approuve entièrement les termes de votre critique, en particulier sur la nécessité de dépoussiérer ces opérettes dont certaines pourraient retrouver une nouvelle vie. "Pas sur la bouche" sera peut-être une de ces bonnes surprises.

  • . L’opérette comme dit Monsieur Michel EGEA, critique d’art, est un plaisir pour les ainés. Même si on a des cheveux blancs, on a aussi le droit de se "régaler" et si cela ne vous plait pas (ce qui est votre droit) alors allez au théâtre de la Criée mais ne venez pas voir Andalousie. L’opérette peut en effet être dépoussiérée et nous l’avons montré à plusieurs reprises. Pour ce style d’ouvrage, ne vaut-il pas mieux demander aux personnes qui payent leur place ce qu’ils en pensent ? Une salle pleine de gens heureux pour moi c’est l’essentiel et le Théâtre de l’Odéon doit être encensé de donner du bonheur à ses spectateurs. Quand à la nouvelle clientèle, nous avions pour la générale trois classes d’adolescents, ravis de voir ce spectacle. A vouloir trop jouer les intellectuels, ce qui on le sait bien n’est pas le genre des ouvrages lyriques, opérettes et opéras ; on vide les salles et les seuls heureux sont encore les critiques....
    Pour avoir réaliser des mises en scène d’opéras et d’opérettes et à la vue des réactions du public je monterai toujours les opérettes de Francis Lopez dans la bonne tradition française de l’opérette .

  • Ayant assisté aux 2 représentations d’Andalousie au Théâtre de l’Odeon, je ne peux qu’être en désaccord avec votre critique . Lorsque le public vient voir une opérette de Françis Lopez il sait ce qu’il vient voir et entendre : des mélodies, des refrains chantants qui traînent longtemps dans les mémoires, des situations convenues et une histoire "abracadabrantes que" . Bref, un scénario puéril fait pour passer un bon moment, sans prise de tête. On peut toujours rêver de demander aux metteurs en scène chéris de certains Festivals ou Théâtres nationaux de tenter de "repenser" la chose. Je pense que l’effet serait merveilleux et aurait la faculté d’achever une fois pour toute ce que vous semblez ne pas aimer à savoir les spectacles authentiquement populaires.
    Il aurait été intéressant de demander aux spectateurs des 2 représentations d’Andalousie si ils sifflaient tous les matins des airs du "marteau sans maître", des " soldats" de Zimermann ou du "Balcon". Pas si sur !!!!!
    Étant abonné au Théâtre de l’Odeon, j’attends avec impatience "Pas sur la bouche" et "les 3 valses". Je ne suis malheureusement pas sûr que le public soit au rendez-vous.
    À quand " les gangsters du château d’If" mis en scène par Carsen ?

  • Il me semble que mes écrits sont clairs et précis et transcrivent bien le bonheur offert au public des représentations d’"Andalousie". Par ailleurs je n’ai pas du tout remise en cause le travail du metteur en scène en écrivant : "Quant à la mise en scène de Jack Gervais, elle respecte les canons traditionalistes de l’opérette des années 1950… Le succès fut au rendez-vous, c’est tant mieux". Et si ça ne me plaisait pas de venir assister à une opérette je ne viendrai pas, tout simplement. Mais qu’il me soit permis de donner mon avis, notamment concernant le rafraîchissement dont pourraient bénéficier, à mon sens, quelques oeuvres du répertoire car certes les anciens "se régalent" mais notre lot commun n’étant que de passer en ce bas monde qui se régalera le jour où nous ne serons plus là ? Il y a peu, au coeur de ce même Odéon, nous avons eu droit à une représentation du "Pays du Sourire" expurgée de quelques moments superfétatoires, l’oeuvre y a gagné en intensité et il n’y a pas eu de bronca aux saluts. Encore plus près de nous, le vision "actualisée" avec réorchestration, de "Une de la Canebière" a connu un vif succès et son côté jazzy a séduit jeunes et moins jeunes sans rien abimer de la dimension patrimoniale de cette opérette marseillaise. Pour en avoir discuté avec quelques anciens, mais aussi avec des artistes qui s’étaient produits quelques minutes plus tôt sur scène, pas plus tard que samedi dernier en fin d’après-midi, les idées que j’avance sont loin d’être rejetées. C’est bon, parfois, de sortir du formol traditionaliste !

  • La salle était bondée, les conversations entendues ci et la à la sortie des plus éloquentes
    Aurions-nous bêtement assisté à un autre spectacle ?

    Aficionados et spectateurs présents à la séance du dimanche, nous sommes interpelés par certains des propos critiques énumérés ou sous entendus plus haut. Nous faisons des kilomètres pour honorer notre passion et si avant de nous déplacer nous nous basions simplement sur ces dits . . . . (?)
    Mais nous y étions , alors, merci à toute la troupe :
    Technique, éclairage, décors, fards, coiffures, robes, costumes.. . . Fabuleux !
    L’orchestre, ballets, chœurs, solistes. . . . Extraordinaire, Pétillant !
    La mise en scène . . . Fraicheur et enthousiasme !
    Un grand merci a vous tous pour votre performance.
    Largement au delà de nos attentes, vous nous avez entièrement conquis !
    Un grand merci à Marseille de nous servir de telles prestations.

    Et puisqu’il faut ‘ségréguer’. . .
    Nous les aficionados aux cheveux ’pas encore tout à fait gris’ serons encore la demain.
    Fort heureusement le public n’est pas dupe !
    Mr et Mme Lambda

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