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On a vu au Grand Théâtre de Provence, la "slavitude" de Temirkanov

mardi 27 octobre 2015

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Yuri Temirkanov, chef de légende à la tête d’un orchestre qui est, lui aussi, entré dans l’histoire de la musique (Photo Sasha Gusov)

L’affiche n’aurait pas dépareillé au Festival de Pâques : l’Orchestre Philharmonique de Saint-Pétersbourg, Yuri Temirkanov à la direction musicale et la symphonie n°4 de Mahler en plat de résistance. Aussi le public ne s’y est pas trompé, ce qui permettait au Grand Théâtre de Provence d’afficher complet, lundi soir. On affichait aussi complet, sur scène, chez les cordes avec 70 musiciens pour un effectif total de près d’une centaine d’instrumentistes. Fait rarissime, c’est même une première, sauf erreur de notre part, Temirkanov avait disposé les cuivres à droite de l’orchestre, derrière les seconds violons et les altos. Face à lui, au-dessus des violoncelles, les bois et les percussions et à sa gauche les dix contrebasses derrière les premiers violons. Une disposition plutôt efficace permettant d’éviter une domination des cuivres pouvant nuire à l’harmonie globale des interprétations.

Ce programme, taillé sur mesure pour les cordes, débutait par la Suite symphonique tirée de l’opéra de Rimski-Korsakov : « La Légende de la ville invisible de Kitège et de la demoiselle Fevronia ». Deux mouvements pour glisser, enfouis sous des peaux d’ours, au creux d’un traîneau filant sur la neige tiré par des chevaux aux clochettes tintinnabulantes jusqu’à la datcha au milieu des bois où chante le coucou. Plus slave, ce n’est pas possible ; et une interprétation toute de finesse, joyeuse et aérienne. Suivait « Francesca da Rimini », la fantaisie symphonique d’après Dante de Tchaïkovski. On est loin, ici, de la quiétude de Kitège ; les grands élans dramatiques de l’Enfer, tornades, tempêtes, assassinat sont de sortie. L’occasion pour le Philharmonique de Saint-Pétersbourg de faire preuve de puissance et de souffle épique avant l’entracte. La suite sera plus sereine.

La symphonie n°4 de Mahler est la dernière du compositeur qui ne soit pas marquée par les tourments, physiques ou psychologiques, de son créateur. A l’ambiance bucolique des deux premiers mouvements succède un adagio de toute beauté qui préfigure celui de la symphonie n°5 sans atteindre le pouvoir émotionnel de ce dernier. L’œuvre se termine par la reprise du cinquième lied Des Knaben Wunderhorn, « Das himmlische Leben » (La Vie céleste). Yuri Temirkanov en donne une lecture très enjouée de l’œuvre, profitant des couleurs de miel de ses cordes, de bois dociles et superbes et d’un son très « russe », et pour cause, de son orchestre. Il développe une ambiance aux connotations très slaves et donne de la chair à cette symphonie encore heureuse de Mahler qui s’achève sur un splendide lied interprété par Sophie Marin-Degar, scintillante dans sa robe fourreau beige clair du meilleur effet, céleste comme son chant et ses paroles !
Michel EGEA

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