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Orientations budgétaires de la ville de Marseille : Débat tendu où il est question de démocratie...

samedi 9 février 2019

Le Conseil municipal de Marseille du 4 février a été l’occasion du débat sur les orientations budgétaires, un document que Roland Blum, adjoint aux finances présente ainsi : « Grâce à un pilotage budgétaire rigoureux, les orientations 2019 confirment le maintien d’une ambition forte en investissement, sans recours au levier fiscal et dans le cadre d’un endettement qui continuera de diminuer ». Tout en considérant : « le budget que nous présenterons s’inscrit dans un contexte international difficile du fait de la guerre économique qui oppose les États-Unis à la Chine, la baisse de croissance dans la zone euro et le retour des protectionnismes ». Un propos qui ne soulèvera en rien l’enthousiasme de l’opposition.

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(Photo Robert Poulain)

Il est rappelé que le contexte d’encadrement renforcé de la trajectoire financière de la collectivité « se poursuit non plus dans le cadre de la baisse drastique des dotations de l’État mais dans un dispositif de contractualisation, signé fin juin 2018, qui impose une évolution annuelle maximale des dépenses de fonctionnement fixée à +1,25% jusqu’à 2020 ». Les recettes réelles de fonctionnement « devraient s’élever à environ 1,216 milliard d’euros, soit une évolution de l’ordre de 1,4% par rapport au budget primitif 2018. » Pour le seul budget principal, ces recettes devraient s’établir à un peu plus de 1,181 milliard d’euros « ce qui représente une progression de 1,35% par rapport au précédent budget primitif. » Au titre de la dotation forfaitaire, « la Ville devrait percevoir un montant de 135,5 millions d’euros, stable par rapport à l’exercice précédent. » L’élu rappelle que la loi de finances pour 2018 a prévu, pour les contribuables ne dépassant pas un certain niveau de revenus, la mise en place progressive d’un dégrèvement total de la taxe d’habitation à l’horizon 2020. « Ce nouveau dégrèvement a concerné 55,8% des contribuables marseillais pour un montant de 53,8M€. Pour 2019, le dégrèvement est égal à 65% de la cotisation pour avoisiner les 120M€, l’État se substituant au contribuable pour le paiement de l’impôt », précise Roland Blum avant de souligner : « Un projet de loi sur la réforme de la fiscalité locale doit être présenté au premier semestre 2019. Aucune piste n’est pour l’instant actée après plusieurs hypothèses étudiées pour remplacer la taxe d’habitation ». En ce qui concerne les dépenses de personnel, premier poste du budget municipal, elles resteront stables par rapport à 2018. L’épargne brute estimée à 160 millions d’euros à la fin de l’exercice 2019 accusera une baisse par rapport à 2018 « en raison d’un contexte externe plus contraignant et de charges qui pèsent sur le budget primitif 2019 à l’instar de la gestion des événements dramatiques de la rue d’Aubagne », explique-t-il. L’objectif affirmé de la programmation 2019 est de poursuivre « une politique d’investissement de proximité tout en amorçant des réalisations futures d’importance comme la Marina de la base nautique du Roucas-Blanc en vue de l’accueil des épreuves de voiles des JO 2024 ». Et tient à préciser que « depuis 2015 l’endettement a été réduit de 10% et que, pour la 4e année consécutive, la municipalité n’augmentera pas les taux d’imposition. »

« Cette cure d’austérité, vous permet de continuer votre politique de vente à la découpe de notre ville »

Le RN Stéphane Ravier lance : « Nous constatons que rien ne change et que tout se détériore. Nous aurions aimé vous féliciter mais les faits sont têtus ». Avant d’affirmer que la « mauvaise » situation de Marseille est due « à l’accueil de l’Autre dont le coût est exorbitant... » Pour le président du groupe socialiste, Benoît Payan « les Marseillais savent ce que sont les impôts, ils paient pour cela. En revanche ils ignorent tout des orientations puisque la majorité municipale n’en a pas. Quelle politique pour le logement, l’école, l’urbanisme, le sport, la culture...? ». Et dénonce : « La démocratie est la grande oubliée de vos mandats ». Il invite à essayer l’intelligence collective : « Je ne dis pas que les Marseillais ont toujours raison mais on a toujours tort de ne pas les écouter. Regardez ce qui se passe à la Plaine. Et les victimes du mal logement, comment ne pas entendre leur demande d’une Charte du relogement. Ils veulent de la dignité, ils ne demandent que cela. Puis il y a le PPP des écoles. En 2017, je dénonçais la folie de ce programme pendant que votre majorité, unanime, votais alors pour. Les enseignants, les parents d’élèves, les architectes se sont mobilisés et vous ne les avez pas écoutés tout comme vous n’avez pas entendu le commissaire du Gouvernement. Vous avez annoncé vouloir faire appel si le Tribunal Administratif le suit. Je vous demande de ne pas agir ainsi, ne faites pas perdre du temps à ce dossier ». Et de proposer l’instauration d’un budget participatif : « Nous avons besoin de concertation. Laissez les Marseillais avoir des idées ». Pour Jean-Marc Coppola, PCF, le drame de la rue d’Aubagne a entraîné « une prise de conscience massive quant à l’état d’indigence dans lequel se trouve notre ville. (...) Mais à la lecture de ce rapport force est de constater que cette prise de conscience est restée loin, très loin des bancs de la majorité ». Il dénonce la contractualisation avec l’État qui « interdit toute hausse de plus de 1,25% des dépenses de fonctionnement. Vous poussez même le zèle jusqu’à annoncer une baisse de 1,9% des dépenses de fonctionnement ». « Cette cure d’austérité, s’insurge-t-il, vous permet de continuer votre politique de vente à la découpe de notre ville, de reculs des services publics, de casse de l’emploi municipal et d’aggravation des inégalités ». Yves Moraine, au nom du groupe LR, déclare : « Évidemment que nos choix ne sont pas ceux de l’opposition. Et ce sont nos choix qui ont été validées à quatre reprises par les Marseillais ». Et ajoute en ce qui concerne les décisions de justice « attendez qu’elles sortent. Nous verrons le 12 février ce que dira le tribunal administratif à propos du PPP ». Avec Jean-Claude Gaudin la critique se fait acide : « M. Ravier vous êtes un disque rayé, je vous laisse à votre absence de vision. M. Payan vous vous essayez à l’emphase au détriment de la rigueur et, surtout, d’une vision. M. Coppola si nous ne respections pas la contractualisation avec l’État nous devrions réduire nos politiques publiques ».
Michel CAIRE

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