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Parc national des Calanques : Un financement européen "Life" pour le protéger

dimanche 8 octobre 2017

Arracher les griffes de sorcière ou les figuiers de barbarie en falaise ou encore protéger l’astragale de Marseille est l’un des axes du premier programme européen Life « Habitats Calanques » dans le Parc National des Calanques, qui accueille chaque année 2 millions de visiteurs.

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De gauche à droite François Bland, directeur du Parc National des Calanques, Didier Réault, président du Parc, Alain Dumort, chef de la représentation de la commission européenne à Marseille, Mireille Benedetti, présidente de l’Arpe Paca et Claude Holyst, directeur de l’Arpe Paca. (Photo Mireille Bianciotto)

Life "Habitats Calanques", qui vient d’être lancé, vise à restaurer les habitats littoraux naturels et sensibiliser les usagers à la fragilité de ce territoire soumis à de multiples pressions. Ce programme, dont le budget global est de 3,9M€, est financé à 60% par l’Europe, soit 2,3 millions, sur une période de 5 ans (2017-2022). Il bénéficie également d’une subvention de 300 000€ allouée par l’État, 100 000€ de la région Paca et 1,1M€ d’autres partenaires (Arpe Paca, Parc national des Calanques, Départemental des Bouches-du-Rhône, ville de Marseille, Aix-Marseille Université (AMU), Conservatoire du Littoral, Conservatoire botanique national méditerranéen et Naturoscope).

Alain Dumort, Chef de la représentation de la Commission Européenne à Marseille rappelle d’abord l’engagement de l’Europe pour l’environnement, avec un programme Life de 3,5 milliards d’euros de 2014 à 2020. Il se félicite que le projet du Parc national des Calanques ait été retenu. Souligne « l’urgence » de protéger l’écosystème des calanques, « de sécuriser les sentiers, de les baliser et d’en faire des outils pédagogiques », le tout en plusieurs langues. Le provençal pourrait accompagner le français et l’anglais mais rien n’est encore décidé, avoue-t-il. Revient sur la lutte contre les espèces invasives dans le Parc et à une échelle plus large. Indique que l’Europe peut aider de 3 manières, en finançant, en créant des normes ou en favorisant des coopérations entre parcs naturels. Rappelle l’accord de Paris signé et met en exergue l’intérêt géopolitique de préserver le littoral, notamment sur la rive sud de la Méditerranée car, avance-t-il : « Il apporte cadre de vie et travail ». Interrogé sur la position de la Commission européenne sur le référendum catalan, il répond « Nous déplorons les violences » et « rappelons les règles de droit constitutionnelles espagnoles ». « L’Europe est dans l’Espagne et l’Espagne est dans l’Europe. Nous restons très attentifs... »

Didier Réault, président du Parc national des Calanques bénéficiaire du programme se félicite de la mobilisation de tous les acteurs qui a permis son obtention. Précise quelques-unes des actions à venir, dans le cœur du Parc, « un travail de fourmi, souvent minutieux qui demande beaucoup de personnels et réclame un budget conséquent » comme le balisage de sentiers littoraux, restauration « de plantes locales comme l’astragale », élimination d’espèces invasives comme les griffes de sorcière, les figuiers de barbarie ou les agaves mais aussi « une mobilisation de tous les propriétaires, de tous les habitants et de tous ceux qui aiment les calanques pour participer à ces actions » et enfin, ajoute-t-il : « Diffuser de l’information pour la vraie protection de la nature ». Ces arrachages ne devraient pas soulever de difficultés, selon lui, parce que la lutte contre ces espèces invasives est déjà prévue par la charte du Parc à laquelle tous doivent adhérer. Le balisage avec des panneaux, des applications sur smart phone ou des guides va permettre de maîtriser la fréquentation même si elle augmente avec par exemple les JO 2024 à Marseille. Quant aux conduites à risque comme les bivouacs avec barbecues, elles sont pour lui, à sanctionner « sans état d’âme », rappelant que « le Parc a déjà dressé près d’une centaine de Procès-verbaux cette année ».

Mireille Benedetti, présidente de l’Agence Régionale Pour l’Environnement (ARPE) Paca et Conseillère régionale de La Ciotat interrogée sur les visiteurs du parc, n’oppose pas habitants et touristes mais souligne l’importance de sensibiliser les nouvelles générations, c’est « essentiel » et défend « une éducation à la préservation de notre environnement ». Elle prône un « équilibre » entre plantes invasives et plantes indigènes sur « nos belles calanques ». Outre cette réduction des plantes invasives, le programme Life « Habitats Calanques » va permettre de financer d’autres actions quelle cite, comme l’arrachage en rappel sur falaise, la création de conservatoires d’espèces protégées, notamment sur le Frioul, un travail avec des privés pour des jardins modèles de plantes autochtones et un travail de sensibilisation du grand public, in fine, « un travail de longue haleine, puisque c’est un projet à 5 ans  ».

Reportage Mireille BIANCIOTTO

Qu’est-­ce qu’un programme Life ?
Depuis 1992, l’Union européenne finance des projets visant à préserver l’environnement, la nature, à freiner la perte de la biodiversité et mettre en place une gouvernance, des outils de communication et des transferts d’expérience. L’Instrument Financier pour l’Environnement (LIFE) de la Commission européenne est le seul outil entièrement dédié à l’environnement, il soutient des projets pilotes qui œuvrent en faveur de la biodiversité, de la sensibilisation à l’environnement et du climat. Le programme LIFE nature "Habitats Calanques ", élaboré et proposé par le Parc national des Calanques et l’Arpe Paca, vise à restaurer et préserver les habitats d’intérêt communautaire et les espèces structurantes du littoral provençal de son territoire. Il a été retenu par la Commission européenne et couvre la période 2017-­2022.

Messages

  • Et quand pourrons-nous revoir les phoques méditerranéens qui étaient encore présents dans les calanques dans les années 30 ? Il est vrai qu’il faudrait peut-être une population de poissons plus abondante...

  • Bonjour,
    Vous parlez beaucoup d’éliminer les espèces invasives , j’espère que vous intégrer aussi les déchets de la société de consommation que l’on croise en grande quantité à certains endroits, comme vers Callelongue ou le parking de Luminy pour ne citer que les plus connus. D’autre part il me semblerait normal et pédagogique de créer une maison du parc pour informer le public sur la richesse et la fragilité des écosystèmes. La préservation de la flore et de la faune est une chose mais quid de la mise en valeur du patrimoine bâti, tel que l’emblématique Sémaphore de Callelongue ?
    Dans l’attente de vos réponses, je vous félicite d’œuvrer pour l’avenir.

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