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"Pelléas et Mélisande", la pépite du Festival d’Aix-en-Provence

lundi 4 juillet 2016

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A genou sur la table familiale, Golaud agresse Mélisande. A droite Arkel protège la jeune femme sous l’œil, au second plan, de Pelléas et Geneviève. (Photo Patrick Berger- Artcomart’)

On se méfie toujours un peu lorsque les cortèges de louanges arrivent avant même la première représentation d’une production d’opéra. Qui a assisté à la générale, qui a eu le privilège de voir « un bout » du spectacle, qui a entendu dire que, qui a rencontré la petite cousine du troisième assistant metteur en scène : chacun y va de son commentaire laudateur. Ainsi cette nouvelle production de « Pelléas et Mélisande », dont la première avait lieu au Grand Théâtre de Provence au soir de ce premier samedi de juillet, était entrée au panthéon festivalier Aixois avant même d’avoir été donnée. « Wait and see  », disaient ceux, qui comme Saint Thomas, voulaient voir (et entendre) pour croire ; l’auteur de ces lignes le premier. Après plus de trois heures électrisantes, force était de reconnaître que la réputation qui précédait la création n’était pas usurpée.
« Pelléas et Mélisande », c’est une succession de tableaux. Ça tombe bien, la metteuse en scène Katie Mitchell affectionne les espaces multiples qui se dévoilent chacun à son tour au fil de l’action.
Premier tableau : une chambre nuptiale, la mariée, un linge taché de sang sur le lit… La mariée se lève, passe dans l’espace à proximité, une salle de bain, où elle se rafraîchit. Retour dans la chambre envahie par des racines et un tronc d’arbre ; Golaud traque le sanglier qu’il vient de tirer. Il est perdu, ses chiens aussi, et il découvre la mariée, Mélisande. Et c’est parti pour trois heures d’un spectacle dense, puissant, émouvant, sans temps morts, au sein d’un univers étrange et parfois surprenant comme la fontaine aux aveugles qui n’est autre qu’une piscine aux verrières envahies par la forêt. Et tout ça fonctionne merveilleusement bien avec une direction d’acteurs précise qui exacerbe les caractères des personnages, la relation salle/scène étant renforcée par les cadres au sein desquels se déroulent l’action qui facilitent la focalisation de l’attention du public sur cette dernière. Mais est-ce vraiment nécessaire tant la fascination joue à plein dès les premières images et les premières notes de musique. Il est vrai que nous avons devant nous un casting de rêve, assurément le meilleur qui puisse être réuni aujourd’hui, pour faire vivre le drame. Laurent Naouri c’est Golaud ; le rôle de sa vie. Il est comme possédé tout au long de l’œuvre ne faisant qu’un avec son personnage complexe et inquiétant. Pelléas, c’est Stéphane Degout. Il ne compte plus le nombre de fois qu’il a joué et chanté ce rôle et avoue qu’il veut s’en éloigner désormais. Mais, pour l’heure, il s’investit totalement dans ce personnage qui lui colle aussi à la peau, entre terreur et fascination, entre amour et mauvaise conscience. Une leçon de théâtre. Entre les deux hommes il y a la Mélisande de Barbara Hannigan, belle, très belle, mystérieuse et sauvage. Elle livre ici une réelle performance artistique atteignant un niveau de jeu impressionnant, se pliant aux exigences de la metteuse en scène pour friser la perfection. Yniold, c’est Chloé Briot. La jeune femme ne compte plus, elle aussi, le nombre de fois qu’elle a incarné le fils de Golaud. Elle aussi se plie avec bonheur aux exigences de Katie Mitchell entre innocence et violences subies. A leurs côtés, Franz-Josef Selig est un Arkel impressionnant, Sylvie Brunet-Gruposo, une Geneviève que l’on devine douce et aimante et Thomas Dear le médecin qui ne pourra pas grand-chose pour sauver Mélisande. Tous comédiens, mais aussi artistes lyriques aux qualités indéniables qu’il n’est pas nécessaire de détailler ici tant elles ont contribué au triomphe de cette production. Ne pas oublier, enfin, le Philharmonia Orchestra qui, sous la baguette de Esa-Pekka Salonen a donné toute sa puissance (parfois peut-être un peu trop) à la partition de Debussy et toute sa dimension à cette musique unique et, elle aussi, fascinante. Dernier tableau : une chambre nuptiale, la mariée, un linge taché de sang sur le lit… Ce n’était qu’un rêve !
Michel EGEA

Pratique - « Pelléas et Mélisande » au Grand Théâtre de Provence à 19 h
30 les 4, 7, 13 et 16 juillet. Renseignements et réservations à la boutique du Festival, Palais de l’Ancien Archevêché, Place des martyrs de la résistance 13100 Aix-en-Provence. Tél. : 0 820 922 923 (12 cts/min.) et sur la billetterie en ligne festival-aix.com

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