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Présidentielle : le "Marseille bashing" de François Fillon au sein même de la cité phocéenne

mercredi 12 avril 2017

François Fillon, s’en est tenu à ses fondamentaux en tenant un discours droitier devant les 4 000 personnes présentes au Parc Chanot à Marseille. Le candidat LR s’en est pris à Emmanuel Macron, un classique, il n’en a pas pour autant oublié Jean-Luc Mélenchon, dont le programme est traité de « communiste ». Il a enfin réservé quelques phrases pour Marine Le Pen, sans évoquer la polémique sur le Vel’ d’Hiv mais, son « retour au franc ». Il a également dressé un tableau apocalyptique de la sécurité en France et à Marseille, y associant le terme de kalachnikov. Un propos que le maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin -qui a ouvert le meeting- a dû apprécier, lui qui ne cesse de dénoncer le "Marseille bashing". Puis, se sont exprimés Martine Vassal, la présidente du département 13 puis deux proches de François Fillon, les députés Valérie Boyer et Guy Teissier. Un meeting qui s’est déroulé en l’absence de Christian Estrosi, le Président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur.

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François Fillon, s’en est tenu à ses fondamentaux en tenant un discours droitier devant les 4 000 personnes présentes au Parc Chanot à Marseille (Photo Robert Poulain)

Une soirée sur laquelle planait, même si tous les intervenants le niaient, le poids des sondages. François Fillon lançant d’ailleurs : « Il reste quelques jours pour passer devant ceux qui s’y croient déjà ». Le candidat Les Républicains plante le décor : « Nous sommes les héritiers d’une histoire millénaire que je vous propose de prolonger. Une histoire de courage, de travail, d’audace scientifique et culturelle. Si, à chaque moment crucial dans la vie de notre nation, ils ont su se redresser, nous nous redresserons aussi. Pour cela, il faut retrouver la foi dans l’avenir et dans le progrès ». Il met en garde : « Il est faux de penser que le passé était meilleur que le présent et plus confortable que ce qui sera demain. Cette nostalgie française est trompeuse ». Rend hommage à « nos grands-parents. Leur vie était dure mais leur ardeur et leurs rêves d’amélioration les motivaient ». Avant de juger : « Aujourd’hui, nous sommes frileux, blasés ». Pour lui : « Le progrès français est parfaitement possible et nous en avons tous les atouts. Nous avons l’atout du nombre et de la jeunesse ». Reconnaissant : « Nous avons l’atout de la productivité des salariés car malgré les 35 heures, nous sommes l’une des nations dont les travailleurs sont les plus performants ». « Pour renouer avec le progrès,affirme-t-il, il faut redonner à notre économie et notre société son carburant essentiel : la liberté. Nous sommes l’un des pays au monde qui compte le plus de réglementations. Partout dans le pays, les Français m’ont dit la même chose : "on étouffe, laissez-nous travailler, oser, avancer, qu’on nous foute la paix" ».

« Chez nous, tout est encadré, calibré, surveillé »

« Aujourd’hui, avance-t-il, au jeune qui veut se lancer, on rétorque "rempli le formulaire en trois exemplaires". A celui qui voudrait travailler plus on rétorque "va voir d’abord le syndicat !". A celui qui voudrait ouvrir son commerce le dimanche, "analyse d’abord tous les articles de la loi, sans oublier les règlements annexes !". Chez nous, tout est encadré, calibré, surveillé. Chez nous, mieux vaut en faire moins que prendre le risque d’en faire plus ». Parle de son projet, dénonçant que certains l’accusent de vouloir « affaiblir notre modèle social ». « Mais, s’insurge-t-il, de quel modèle social parlent-ils ? Avec 6 millions de Français qui pointent à pôle emploi, 2 200 milliards de dettes, avec la pauvreté qui augmente, ce sont eux, avec leurs mesurettes et leur démagogie, qui vont ruiner notre modèle social ». Il s’affiche comme le seul candidat sérieux de la bande des quatre au second tour : « Ah, bien sûr, c’est facile de promettre comme Mme Le Pen la retraite à 60 ans ; c’est facile de promettre les 32h ; c’est facile de promettre 175 milliards de dépenses nouvelles comme M. Mélenchon ; c’est facile de dire tout et son contraire comme M. Macron… ». Avant d’ajouter : « pas de liberté sans autorité ». Considérant pour parfaire ses positions : « L’ordre est un bouclier vital ».

« Ici à Marseille, on règle ses comptes à coups de Kalachnikov »

« Lorsque les caïds font la loi, lorsque les citoyens honnêtes doivent baisser la tête devant eux, alors il n’y a plus de justice, plus de fraternité possible (...) Ici à Marseille, on règle ses comptes à coups de Kalachnikov. Pour en arriver là, il y a eu des renoncements. L’idée même d’autorité a été démantelée. La tolérance est devenue laxisme, le laxisme est devenu impuissance, l’impuissance est devenue l’excuse.
Il faut le retour de l’ordre dans notre pays. Et pour cela, il faut défendre la sécurité.
C’est le premier des droits, celui qui conditionne nos libertés
 », déclare-t-il. Poursuit sur sa lancée : « Sur le terrain - les agents des forces de l’ordre me l’ont dit lorsque je les ai rencontrés, y compris à Marseille -, ils savent bien qu’il faut changer beaucoup de choses, à l’organisation de la sécurité et surtout à la conception de l’ordre dans notre société. Trop souvent nos policiers et nos gendarmes n’ont pas les moyens concrets de mener à bien les missions pour lesquelles ils se dévouent ». Annonce ainsi : « Nous recruterons 5 000 agents des forces de l’ordre et nous remettrons sur le terrain 5 000 policiers ou gendarmes aujourd’hui occupés à des tâches administratives ». Il décline l’arsenal pénal qu’il souhaite mettre en place puis, interroge : « Est-ce que des mineurs de 16 ans et plus doivent bénéficier de la même clémence de la justice que les enfants au motif qu’ils n’ont pas encore atteint leurs 18 ans ? ». Considère alors : La règle en vigueur a été prévue par l’ordonnance de 1945 à une époque où la délinquance des mineurs n’était pas celle d’aujourd’hui. C’est pourquoi, j’ai décidé de proposer la fin de cette excuse de minorité pour les jeunes de plus de 16 ans, afin de restaurer la crédibilité de notre système de peines ». Et d’insister : « La principale menace contre notre sécurité vise aujourd’hui le cœur de notre civilisation européenne et en premier lieu la France. Je parle du totalitarisme islamique (... ) Il porte une menace directe sur notre territoire. Je lutterai de manière implacable contre lui ». Il juge ensuite : « Il ne peut y avoir de rassemblement dans une société qui s’en prend sans arrêt à elle-même ; qui aime à se flageller et à s’abaisser au niveau de ceux qui l’accusent de tous les maux. Je dénonce le discours de la culpabilisation qui veut saper l’histoire de la nation en antagonisant les mémoires ».

Je reviendrai sur l’acquisition automatique de la nationalité à 18 ans

Il occulte les problèmes qu’ont rencontré les Italiens, les Polonais... pour affirmer : « Autrefois le brassage fonctionnait. Les étrangers devenaient plus français que les Français. Aujourd’hui, les communautarismes fissurent la République. En certains endroits, la France n’est plus là. Certains se réjouissent de ce prétendu "melting pot" : ils ont tort car il crée des fossés, il nous désunit. Au regard de nos difficultés économiques, l’immigration doit être réduite à son strict minimum ». Quid de la libre circulation en Europe ? François Fillon affiche son ambition de revenir sur le droit du sol lorsqu’il signifie : « Je reviendrai sur l’acquisition automatique de la nationalité à 18 ans : elle devra faire l’objet d’une déclaration de volonté, à l’occasion de laquelle l’État vérifiera que les conditions d’assimilation ont été respectées ».
Il conclut en évoquant la situation internationale : « Je me battrai pour une véritable alliance européenne de défense qui donne à notre continent l’indépendance qu’il a perdu en raison de la folie meurtrière dont il a été responsable au vingtième siècle. J’œuvrerai sans relâche pour que le Conseil de sécurité des Nations Unies dépasse les blocages qui le paralyse ».
Michel CAIRE

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