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Printemps Marseillais : "Non, Monsieur Gaudin, les écoles ne sont pas prêtes"

jeudi 7 mai 2020

Michèle Rubirola, Benoît Payan et Jean-Marc Coppola viennent, au nom du Printemps Marseillais, de tenir une conférence de presse pour alerter sur les conditions dans lesquelles doit s’effectuer, à Marseille, la réouverture des écoles. Ils demandent que toutes les conditions sanitaires soient garanties et publiées pour permettre cette rentrée en toute sécurité et transparence.Tous trois dénoncent un manque de préparation, un manque de concertation, une précipitation.

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Michèle Rubirola, Benoît Payan, Jean-Marc Coppola du Printemps Marseillais (Photo archive Robert Poulain)

Si la critique est vive, elle est assortie aussi d’un certain nombre de propositions. Jean-Marc Coppola s’insurge : « Que l’on ne vienne pas nous dire que nous agissons ainsi parce que nous sommes dans l’opposition. Des villes de la même couleur politique que Marseille, avec des écoles en bien meilleur état, disent ne pas être prêtes pour la réouverture. Et, à Marseille, ce sont les plus précaires qui risquent de payer le prix de l’empressement municipal ». Le Printemps Marseillais tient à rappeler : « Dans notre ville c’est plus de 3 450 classes dans 470 écoles qui vont devoir progressivement ouvrir. Nous ne connaissons que trop l’état de ces écoles. Avant même la crise du coronavirus, nous avons signalé, à de nombreuses reprises, que le sous-investissement de la mairie dans ces établissements avait des conséquences désastreuses. Cette situation n’a pas changé : absence de points d’eau, sanitaires non adaptés, manque de personnel... ». Alors pour Michèle Rubirola : « La rentrée doit être progressive car il ne doit y avoir qu’un seul mot d’ordre : la sécurité, et cela aussi bien pour les enfants, les enseignants, les agents ». Elle ne cache pas, en tant que médecin, son inquiétude à propos de l’évolution du Covid-19, notamment dans les quartiers populaires, en se faisant l’écho de propos de médecins généralistes. Benoît Payan insiste « sur la démarche constructive dans laquelle s’est inscrite le Printemps Marseillais dès le début du confinement ». « Toutes les semaines, indique-t-il, nous avons fait des propositions constructives et certaines ont d’ailleurs été entendues. Mais sur les écoles, la compétence des compétences, nous sommes pétris de doute sur les conditions de la rentrée. Concernant la décision de déconfinement et de réouverture des écoles du gouvernement nous prenons acte. Nous mesurons la nécessité sociale comme le risque surtout à Marseille où l’on connaît la réalité de nos établissements. Nous l’avons dit au Maire. Il aurait fallu travailler et anticiper mais ce n’est pas dans le logiciel de la Mairie. Quand voilà dix jours, j’ai demandé au Maire combien de personnels seraient disponibles il n’a pas su que répondre, il en est allé de même lorsque je lui ai demandé combien d’enfants seraient concernés mais quand je lui ai demandé combien d’écoles il a tout de suite dit : toutes. C’est irresponsable ». Et de confirmer : « J’ai démissionné de cette mascarade qu’est la cellule de crise mais nous continuerons à faire des propositions et je continue à en appeler à la sagesse du Maire pour que nous n’allions pas vers une catastrophe ». Jean-Marc Coppola d’ajouter : « Qui peut croire que l’on va réussir à faire garder les distances de sécurité à des enfants qui viennent de vivre plusieurs semaines d’isolement ?  ».
Michel CAIRE

Préparer la réouverture des écoles : les propositions du Printemps Marseillais
Conseil d’école
En lien avec l’Inspection académique, les Conseils d’école réunissant enseignants, parents et Mairie doivent se réunir avant le 11 mai, si besoin par voie dématérialisée, afin de mettre en place l’ensemble des mesures nécessaires et spécifiques à chaque école (horaires d’entrées et de sorties, modification des récréations, gestion de la cantine, besoins en matériel).

Pas d’écoles sans point d’eau
L’utilisation de gel hydroalcoolique étant déconseillée voire interdite pour les enfants, aucune école ne doit ouvrir si elle ne possède pas des points d’eaux suffisants, du savon de Marseille, des serviettes à usage unique pour que le lavage des mains puisse avoir lieu fréquemment.

Masque et matériel de protection
L’ensemble du personnel doit pouvoir disposer de masques, de sur-blouses, enseignants comme agents territoriaux, ainsi que les enfants en fonction de leur âge. Dans l’ensemble des établissements, et plus particulièrement dans les crèches, des thermomètres devront être présents et opérationnels.

Gestion des flux à l’entrée et à la sortie des classes
Les entrées et sorties des élèves génèrent beaucoup de passages. Il est impératif que la Mairie réfléchisse à la gestion de ces flux, en échelonnant les horaires de sorties et en généralisant le périscolaire, en rendant les rues piétonnes lorsque les trottoirs sont trop étroits, en mettant en place des marquages au sol.

Propreté et entretien
La réouverture des écoles sera un défi sanitaire. Après un premier passage complet dans l’ensemble des classes et lieux communs d’ici au 11 mai, il conviendra de répertorier le personnel disponible pour assurer un entretien plus régulier (plusieurs fois dans la journée). Un cahier des charges, capable de rassurer le personnel éducatif, les élèves et les parents d’élèves, devra être mis en place après concertation.

Qualité de l’air
L’ensemble des huisseries des salles de classe doivent être vérifiées afin de pouvoir aérer régulièrement la classe, avant les cours et lors des récréations. Les fenêtres défectueuses doivent être réparées afin de permettre l’ouverture de la classe.

Formation aux gestes barrières
Mise en place d’un module « gestes barrières » dans les écoles par du personnel municipal formé et volontaire. Ce module, régulier, serait une manière d’inculquer aux enfants, et par transmission aux parents, les gestes élémentaires pour limiter la propagation du virus. Cela serait complété par des marquages au sol et une signalétique simple et efficace pour les enfants.

Penser l’espace des salles de cours
Pour éviter que les classes soient surchargées, il est nécessaire que la Mairie entame une réflexion en prenant en compte le nombre d’enfants par m2. Dans un second temps cette réflexion va permettre de mettre en place un marquage dans les classes. En maternelle, compte tenu des différentes approches pédagogiques dont certaines ne nécessitent pas de mobiliers, s’assurer que du matériel puisse être présent pour marquer un espace entre les élèves. Dans la continuité de cette réflexion, la Mairie doit chercher à limiter le contact avec des surfaces pouvant transmettre le virus : sont ainsi visées les poignées de portes. Concrètement les portes devront être maintenues ouvertes, hors toilettes, par des dispositifs comme des crochets, ou des cales portes.

Tester l’ensemble du personnel enseignants et du personnel en lien avec les enfants
Une première phase massive aurait lieu avant la rentrée, et permettrait de tester tout le personnel en lien avec les enfants. Pour se faire la Mairie peut s’appuyer sur le centre de vaccination municipal, et sur les centres de dépistage dans les secteurs. Régulièrement des tests seraient proposés, afin de s’assurer qu’aucune personne en lien avec les enfants n’a le Covid.

fracture numérique
La fracture numérique a été accrue par l’école à distance. Cette situation va perdurer, puisque de nombreuses familles risquent de renoncer à mettre leur enfant à l’école. La ville devra, en lien avec des entreprises et des associations, récupérer du matériel informatique et le mettre à la disposition des familles les plus précaires.

Inscriptions
Mettre en place au plus vite des procédures d’inscriptions des élèves, notamment de primo-inscrits. La crise informatique et les impératifs sanitaires imposent de réfléchir au plus vite à une procédure adaptée.

Cantine
Beaucoup de familles subissent actuellement des pertes de revenus. Le retour de leur enfant à l’école marque aussi la possibilité de lui faire reprendre le chemin de la cantine, et donc d’un repas équilibré, dans le respect des gestes barrières. La ville doit aussi garantir la gratuité à l’ensemble des familles, dans un geste financier qui permette de retrouver du pouvoir d’achat pour les familles, et facilite l’inclusion.

Stage de remise à niveau
A l’occasion des vacances scolaires, des stages de remise à niveau et de continuité pédagogique doivent être proposées aux enfants, en priorité dans les zones d’éducation prioritaire. Ces stages pourront être dispensés par des fédérations d’éducation populaire et des enseignants volontaires.

Extra-scolaire
Lorsque les enfants n’auront pas cours, notamment lors de la mise en place des enseignements alternés, la Ville doit mobiliser ses centres-aérés, centres municipaux d’animations, centres sociaux et structures associatives, sportives ou culturelles.

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