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Provence-Alpes-Côte d’Azur : Christian Estrosi au Camp des Milles pendant que le FN est en congrès à Marseille

lundi 7 septembre 2015

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Alain Chouraqui guidera au sein du Camp des Milles les invités de Caroline pozmentier, présidente de la CCFI, au rang desquels Christian Estrosi, Renaud Muselier, Sophie Joissains, Bernard Deflesselles (Photo Philippe Maillé)
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Lecture par Denise Toros-Marter du testament des rescapés d’Auschwitz (Photo Philippe Maillé)
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Caroline Pozmentier et Sophie Joissains (Photo Philippe Maillé)
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Mgr Aveline, évêque auxiliaire de Marseille et le Grand Rabbin de Marseille, Reouven Ohana (Photo Philippe Maillé)
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L’Imam Hossein de Nîmes. Il est à noter qu’une délégation d’Imams était présente au Camp des Milles (Photo Philippe Maillé)

Alors que le FN tenait congrès à Marseille sur fond de division de la famille Le Pen, à l’initiative de la Chambre de Commerce France Israël Marseille Provence (CCFI MP) et de sa présidente, Caroline Pozmentier, une visite était organisée au Camp des Milles en présence d’acteurs du monde économique, associatif, cultuel (catholique, protestant, juif) et politique avec la présence de Christian Estrosi, tête de liste LR en Provence-Alpes-Côte d’Azur et de Renaud Muselier, tête de liste LR dans les Bouches-du-Rhône. Une visite lors de laquelle Serge Klarsfeld a évoqué deux « bêtes immondes : le fascisme et l’islamisme radical ». Il a appelé à battre, dans toutes les régions le FN et, surprenant tout le monde, il lance : « Ici c’est Estrosi qui est le défenseur de la République, ailleurs, nous irons avec Beate (son épouse) défendre le candidat PS ». A son tour, Christian Estrosi fustige le FN : « Aujourd’hui, on sème les peurs. Certains même se disputent une captation d’héritage qui s’appelle la haine. Je veux être le rempart à cela, moi qui ne suis pas un héritier si ce n’est de l’amour transmis par ma famille ».
Alain Chouraqui, le président de la Fondation du camp des Milles fait visiter les lieux. Il rappelle qu’il a ouvert en septembre 1939 au sein d’une tuilerie située entre Aix-en-Provence et Marseille et qu’il a connu un peu plus de trois ans d’activité et vit passer plus de 10 000 internés originaires de 38 pays, parmi lesquels de nombreux artistes et intellectuels. Son histoire se divise en plusieurs phases correspondant aux différentes catégories d’internés qui y séjournèrent : ressortissants du Reich et légionnaires, étrangers désireux d’émigrer, juifs ayant fait l’objet de rafles.
On peut lire à travers ces phases l’évolution tragique de la répression dont furent victimes les étrangers et surtout les juifs sous le régime de Vichy, évolution qui culmina en août et septembre 1942 avec la déportation de plus de 2 000 hommes, femmes et enfants juifs vers Auschwitz via les camps de Drancy et de Rivesaltes.

« Le Camp des Milles, c’est l’endroit qui nous impose d’être Je, qui nous impose de dire Non afin d’être Nous »

Caroline Pozmentier, présidente de la la CCFI rappelle que « la Chambre a pour objet de promouvoir les échanges entre les acteurs culturels, scientifiques et économiques de notre région et les acteurs israéliens ». Explique les raisons de cette visite : « Parce que les nuages s’amoncellent. D’où l’importance des Milles, de cette Fondation. Elle nous rappelle que ce n’est pas ailleurs mais bien ici, non loin de nos maisons, de nos entreprises que c’est arrivé. Au-delà de l’émotion, le Camp des Milles nous donne à penser les mécanismes pour résister avec ce mur des actes justes, il nous montre qu’il est toujours possible à chacun de résister et chacun à son niveau. Le Camp des Milles c’est l’endroit qui nous impose d’être Je, qui nous impose de dire Non afin d’être Nous ». Christian Estrosi revient sur l’Histoire : « Qui se souvient d’Édouard Daladier, homme de gauche, chef du gouvernement au moment de la signature des accords de Munich ? Qui se souvient d’Albert Sarraut, homme de gauche, son ministre de l’Intérieur, qui a signé la décision d’ouverture du camp des Milles ? Voila deux hommes qui incarnent la faillite de la République (…). En décidant d’interner ici des Allemands, des Autrichiens, des antinazis, des antifascistes, ces hommes ont été aveugles aux principes de la République qui veulent que ceux qui adhèrent aux valeurs de la République doivent recevoir la protection de la France. En 1939, Daladier et Sarraut ont jugé sur la base de la nationalité, qui est forcément particulière, alors qu’ils auraient dû se prononcer sur la base de l’humanité qui est forcément universelle ». Puis viennent Pétain et Laval « qui ont jugé sur la race, cette délirante interprétation des traditions, des religions, des cultures différentes qui font tout le prix de chaque homme et qui doivent s’estomper, pourtant, quand il est citoyen français ». « Ces politiques, ajoute le maire de Nice, nous ont appris que la haine est toujours prompte à surgir de nos cœurs, quand ils sont angoissés, quand ils sont désespérés ». Or, pour lui : « Chaque jour, la haine monte sur les estrades des meetings comme sur les écrans des réseaux sociaux. Chaque jour le désespoir élargit son ombre sur le pays ». Il évoque ceux qui choisirent de résister voilà 70 ans. « Je veux croire qu’il y a encore, aujourd’hui, des hommes et des femmes prêts à suivre ce même chemin, difficile mais juste, celui de l’amour, celui de l’espoir, celui de la vie ». Christian Estrosi n’évoquera qu’en quelques mots le Congrès du FN où : « Il a été exigé l’arrêt des subventions à l’art moderne et contemporain. Mais tous les créateurs ont été contemporains à leur époque... Alors, de tels propos me font penser à une période où l’on brûlait les livres. Certains ont laissé faire, il y avait l’excuse de ne pas savoir. Aujourd’hui on sait tout à l’instant t ».
Renaud Muselier évoque son grand-père : « L’Amiral Muselier a rejoint de Gaulle à Londres et ma mère a rejoint la résistance dès l’âge de 17 ans. En ce qui me concerne, je suis devenu conseiller général en battant le sortant FN. Je n’ai jamais passé d’accord avec ce parti ». Il met en exergue l’importance des Milles, revient sur les heures noires de l’Histoire : « Aujourd’hui, on ne risque pas la mort, la torture, mais par lâcheté on peut faire partie de la masse qui se laisse déborder. Il faut résister. Face aux dépressions, aux lâchetés, aux mensonges il faut toujours mettre en avant l’espoir ».

« Le but du site n’est pas de culpabiliser mais de servir »

Au préalable Alain Chouraqui avait expliqué que « le but du site n’est pas de culpabiliser mais de servir, de savoir que tous les peuples sont capables du pire. Le projet s’est bâti autour de l’idée que l’Homme peut apprendre de son passé mais que, pour cela, l’histoire ne suffit pas. Il faut la laisser décanter par une approche pluridisciplinaire et inter-génocidaires ». Il insiste sur l’importance d’accomplir ce travail « car les engrenages résistibles sont à nouveau à l’œuvre ». Et de mettre en garde : « Le racisme, la xénophobie et l’antisémitisme ont un potentiel explosif et contaminateur. Souvent, ils permettent à des pouvoirs autoritaires d’arriver à la tête de l’État puis de masquer leurs échecs, et ils échouent toujours ». De lancer, un appel : « Évitons dans nos démocraties menacées de nourrir en rien ce qui peut faire basculer la raison dans la passion ».« N’oublions pas, prévient-il, qu’aucun pouvoir autoritaire n’est arrivé avec la majorité des voix. Dans tous les cas, il en a obtenu 1/3. Pourtant il est arrivé par les urnes, grâce à des alliances avec des partis respectables et la passivité de la majorité ». Une visite qui, incontestablement devrait être un temps fort de la campagne des Régionales
Michel CAIRE

Diaporama Philippe Maillé

  • Serge et Beate Klarsfeld (Photo Philippe Maillé)

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