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Provence-Alpes-Côte d’Azur : Renaud Muselier lance le Comité régional de sécurité et de prévention de la délinquance dans les lycées

lundi 10 septembre 2018

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Lancement du Comité régional de sécurité et de prévention de la délinquance dans les lycées (Photo Franck Pennant)

Renaud Muselier, président de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, député européen, vient de se rendre, à l’occasion de la Rentrée Scolaire 2018/2019, au Lycée Saint-Exupéry de Marseille (15e). Il a, en présence des autorités académiques, judiciaires, de police et de gendarmerie, installé le Comité régional de sécurité et de prévention de la délinquance dans les lycées. A cette occasion, il s’est entretenu avec les jeunes de la Garde Régionale des lycées mis en place par la Région afin d’assurer la sécurité et la médiation autour des établissements du territoire.

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(Photo Franck Pennant)

« En matière d’éducation, ma volonté est d’offrir aux lycéens, comme aux personnels, les meilleures conditions pour transmettre et acquérir les savoirs de l’École. Et cela passe avant tout par la sécurité dans et aux abords des lycées », assure Renaud Muselier, le président de Région, à l’occasion de l’installation du Comité régional de sécurité et de prévention de la délinquance dans les lycées. Il profite de l’occasion pour indiquer avoir « une pensée émue, pour la jeune fille qui s’est faite agresser ce matin en venant au lycée. On le voit, il n’y a pas de risque zéro en matière de sécurité mais je ne renoncerai jamais à faire de l’école un sanctuaire de la République ». Il n’omet pas de signaler qu’il s’agit là d’une politique régionale « volontariste » car, « la sécurité reste le domaine régalien de l’État ». « Dès le début de notre mandature, nous avons lancé un plan ambitieux de mise en sûreté des lycées, voté en avril 2016. Ce sont 45M€ qui seront investis d’ici 2020 pour sa mise en œuvre. Face à l’ampleur du chantier et au poids de la menace, nous avons agi avec méthode », précise-t-il. Dans ce plan, deux axes des travaux d’équipement et des moyens humains. Il signale ainsi qu’à la rentrée 2018, « la Région a déjà engagé 27M€ pour améliorer la sécurité des établissements : rehaussement de clôtures, sas d’entrée, alarmes anti-intrusion, caméras de vidéoprotection ». Il rappelle l’état des lieux qui a été effectué en 2016, « il nous avait alerté sur un certain nombre de points. 25% des lycées n’avaient pas de caméras de vidéoprotection ; 92% des lycées étaient dépourvus d’alarme anti-intrusion ; seulement 7 sites répondaient aux règles de conformité pour la sécurisation des accès ». « Deux ans après, poursuit-il, notre bilan est solide avec 100% des lycées qui sont équipés de vidéoprotection. Ce sont 626 caméras supplémentaires pour un total de 1 400 caméras désormais ; 100% des lycées sont équipés d’alarme anti-intrusion. Ce sont 3,5M€ qui ont été investis dans ces systèmes d’alarme qui permettent d’émettre des signaux adaptés à la menace : on évacue en cas d’incendie, on se confine en cas d’attaque terroriste ; 100 sites ont bénéficié de travaux de sécurisation importants pour plus de 21M€. Cet effort conséquent sur les infrastructures était indispensable pour répondre aux diagnostics sécuritaires et offrir un environnement de travail serein aux élèves comme aux adultes ». Il en vient aux moyens humains, dossier qui a donné lieu à la création d’une « Mission sécurité » au sein de l’administration régionale, « dirigée par un commissaire divisionnaire de police pour s’assurer d’une parfaite expertise en la matière. Elle nous permet également de fluidifier nos relations avec les services de police et de gendarmerie ». Une mission sécurité qui dispense également des formations aux gestes de premiers secours et à la détection des signaux faibles de radicalisation. Elle est ouverte aux agents régionaux des lycées comme au personnel de l’Éducation nationale. « Près de 1 800 agents ont déjà été formés et nous continuons. La vigilance est l’affaire de tous. Cette mise en sureté des lycées ne pouvait pas se limiter aux enceintes des établissements. Nos lycées ne sont pas coupés de leur environnement immédiat. Ils s’inscrivent toujours dans des logiques de territoire ». Il précise qu’il était nécessaire de proposer « des abords immédiats apaisés pour nos jeunes ». « C’est toute la logique de notre Garde Régionale des Lycées. 128 médiateurs avec une mission : ne laisser aucune situation d’incivilité ou de risque sans réponse. Et en termes d’efficacité : l’année dernière, ils ont traité 21 000 situations dont 50 faits majeurs -conflits violents, agression par arme, accident de la circulation…Ils travaillent au quotidien en très étroite collaboration avec les proviseurs et les référents éducation de la Police nationale et de la Gendarmerie-. »

160 médiateurs seront en mesure d’intervenir sur 140 lycées régionaux

Renaud Muselier met en exergue qu’« en 2 ans, un important travail a été mené qui fait de notre Région la plus avancée en France dans la mise en sûreté des lycées  ». Il en vient aux moyens mis en place pour cette entrée 2018 : La Garde Régionale des Lycées accueillera sa deuxième promotion en apprentissage. « En effet, nos médiateurs sont formés en deux ans au métier de moniteur-éducateur et assurent ainsi leur intégration professionnelle ». Une brigade mobile viendra en renfort pour l’encadrement et la coordination, portant à 160 le nombre de médiateurs qui seront en mesure d’intervenir sur 140 lycées régionaux, soit 82% des lycées correspondant à près de 140 000 lycéens, soit 88% de l’effectif régional. « Cette garde régionale à un coût, 4.3M€ par an mais, elle s’avère désormais indispensable au bon fonctionnement des établissements ». Par ailleurs, les caméras des lycées de Nice et de Marseille seront reliées aux centres de supervision urbains. « Nous lançons également, dévoile-t-il, un dispositif innovant de portiques virtuels aux lycées Ampère à Marseille et des Eucalyptus à Nice qui utilisera la technologie de la comparaison faciale. Cette expérimentation se fera en portant une attention particulière à la protection des données personnelles et nous l’avons conçu en lien étroit avec la CNIL. Les deux lycées choisis proposent des filières technologiques pour assurer une dimension pédagogique à ce projet ».

Puis Renaud Muselier installe le Comité Régional de sécurité et de prévention de la délinquance dans les lycées, une instance qu’il veut « solennelle », « efficace », raison pour laquelle elle regroupe « les forces de police et de gendarmerie, les autorités judiciaires et les services académiques ». Il évoque également la notion de souplesse, « en dehors des séances plénières, tous les acteurs doivent pouvoir échanger très régulièrement leurs informations et bonnes pratiques » et la lutte contre « ce fléau » du trafic de stupéfiants. Puis, s’adressant aux jeunes, il les invite à bien profiter de leur jeunesse, évoque la sienne avant de déplorer le résultat d’un sondage selon lequel 100% des jeunes Marseillais adorent la ville mais 80% veulent la quitter, « ce n’est pas possible, ce n’est pas vrai, nous avons de grandes entreprises, de belles formations, la plus grande université francophone du monde et on doit vivre ici et s’épanouir ici. »

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Le Préfet de police, Olivier de Mazières - Photo Robert Poulain

Le Préfet de police, Olivier de Mazières souligne l’excellent partenariat qui existe entre force de police et collectivités territoriales qui ont la tutelle des établissements scolaires, écoles du 1er degré pour la mairie, collèges pour le Conseil départemental et lycées pour la Région. Souligne en s’adressant au Recteur que le partenariat entre ses services des forces de l’ordre et ceux de l’Éducation nationale « au sens large » a, dans les Bouches du Rhône, « un niveau de coopération absolument remarquable tant sur les sujets de sécurisation des établissements que sur la détection de la radicalisation ». Il salue l’Éducation Nationale, principal pourvoyeur de signalements, véritable « lanceur d’alerte » « en matière de radicalisation et de comportements inquiétants de la part de nos jeunes ». Précise que cela permet d’intervenir « parfois de manière répressive, très souvent et très massivement de manière préventive » pour ramener ces jeunes dans le giron de la République et de s’intéresser aux familles, avec les acteurs sociaux parmi lesquels il cite la CAF. Ensuite le Préfet va répondre à la demande d’informations des élus locaux concernant les radicalisés formulée par Renaud Muselier. Rappelle la particularité des Bouches du Rhône où il promeut des « Cellules municipales d’échanges sur la radicalisation » qui permettent d’informer les maires sur leurs administrés radicalisés et de prévoir ensemble les moyens de faire face en privilégiant des moyens sociaux. 13 de ces cellules existent et il a l’ambition de doubler ce nombre en 2019. Ajoute que cette action répond également à l’injonction du Président de la République « qui nous a été faite de mieux partager les signaux relatifs à la radicalisation ». Puis d’évoquer la police de sécurité du quotidien avec la mise en place du « conseil de sécurité » au niveau des communes du département hors Marseille et des arrondissements de la cité phocéenne. Il salue Saïd Ahamada , député LREM pour la loi contre les rodéos à moto dont il est le promoteur.

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Robert Gelli, procureur général près la Cour d’appel d’Aix-en-Provence - Photo Mireille Bianciotto

Au sein du Comité régional de sécurité et de prévention de la délinquance des jeunes dans les lycées, l’autorité judiciaire est représentée. Quel est son rôle ? Sanctionner, réinsérer, faire l’un et l’autre. Nous avons posé la question à Robert Gelli, procureur général près la Cour d’appel d’Aix-en-Provence.

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Les médiateurs Marie-Lise et Yannis - Photo Mireille Bianciotto

Parmi les jeunes médiateurs rassemblés au lycée Saint-Exupéry pour leur remise de badge,Marie-Lise, 25 ans, de l’Association Alidades. Ce métier qu’elle résume en 3 actions en direction des lycéens, « les informer, les orienter et les accompagner ». Elle défend cette mission comme un vrai métier et non comme « un tremplin pour les jeunes ». L’exerçant depuis 2013 pour un bailleur social, elle vise l’accompagnement des publics en difficulté des CHRS, (Centre d’hébergement et de réinsertion social) pour leur trouver un logement, un emploi, … «  je voudrais pouvoir y arriver  ».

Yannis, 25 ans est lui aussi présent vêtu d’un T-Shirt bleu avec les lettres médiateur dans son dos. Il vient d’effectuer 5 ans comme gendarme et est devenu après un apprentissage de 2 ans, moniteur éducateur des lycées. Il insiste sur l’importance de la médiation, montre la diversité des domaines d’intervention...

Mireille BIANCIOTTO

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