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Provence-Alpes-Côte d’Azur : Vœux de Renaud Muselier : Devenir une région "pivot" pour former le "pack" du Sud

lundi 13 janvier 2020

Bilan et perspective pour la région Provence-Alpes-Côte d’Azur était au menu des vœux de son président, Renaud Muselier. qui avançait : « J’ai passé l’âge des petites guerres électorales à courte vue, je n’ai pas la prétention d’être le premier partout, de tout régenter et de réussir tout, mais je mets toutes mes forces et toute mon énergie pour essayer d’apporter une réponse à toutes les grandes préoccupations de nos concitoyens de Provence-Alpes-Côte d’Azur. Je ne fais pas, plus, de la politique pour moi, pour un parti, mais pour les autres, pour tous les Provençaux, Azuréens, ou Alpins ». Avant d’afficher sa volonté de faire de 2020 l’année de l’avenir avec notamment une nouvelle phase du Plan climat "Une COP d’avance". « Nous avions eu un temps d’avance, nous allons encore accélérer. Je travaille, avec les élus de la majorité, sur une stratégie de Région décarbonée, non pas en 2050 comme dans le calendrier de l’État ou de l’Union Européenne mais en 2035, gagner ainsi 15 ans voire 20 ans. Cela va nécessiter une mobilisation sans précédent ». En revanche, question environnement, pas de réchauffement avec Jean-Claude Gaudin. Lors des questions/réponses avec la presse, Renaud Muselier a souligné l’attaque de Jean-Claude Gaudin sur le dossier du Lycée international de Marseille. C’est peu dire que la réponse a eu le mérite d’être claire. En ce qui concerne les élections à venir il tient à précise qu’il sera fidèle « à sa famille politique, à ses amis Martine Vassal et Bruno Gilles mais aussi Samia Ghali et Yvon Berland » et qu’il prendra en compte la diversité de sa majorité.

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Renaud Muselier lors de ses voeux à la presse (Photo Robert Poulain)
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(Photo Robert Poulain)

2020 sera donc marquée par une nouvelle phase du Plan climat plus tournée encore sur la qualité de vie quotidienne de la population. Renaud Muselier revient sur les avancées. « Le "Zéro Fumée dans les ports" n’est que la première étape d’un nouveau Plan régional sur la qualité de l’air dans nos grandes métropoles ; ce sera également plus de déplacements doux ; de nouvelles actions en matière de protection de la biodiversité ; le passage du "zéro plastique en mer" au "zéro plastique du quotidien" ; l’offre d’une alimentation de qualité et en circuits-courts à un maximum de lycéens dès la rentrée de septembre 2020 ». Une année qui sera aussi celle de la construction d’un nouveau Contrat de plan État-Région 2021-2027 et de nouveaux programmes européens 2021-2025. « Nous avons pu bénéficier de 3,3 milliards d’euros de Fonds européens sur la génération de programmes qui se termine. L’objectif est de faire au moins autant, alors que le budget global de l’Union Européenne pour les politiques régionales sera, sans doute, en baisse ». Un contrat sur les infrastructures de transport pour les dix prochaines années doit également être rédigé avec l’État. « La LNPCA (Ligne nouvelle Provence Côte d’Azur NDLR) trouvera là sa première concrétisation ». Avenir encore, avec une redéfinition « de nos politiques d’appui aux territoires et à la zone alpine, après le succès des outils déployés depuis 2016. » Souligne la participation et la conception avec l’État d’une nouvelle loi de décentralisation, "le projet de loi 3 D". « J’y serai particulièrement actif en tant que Président de Régions de France ». L’avenir se traduit également , poursuit Renaud Muselier, « par une accélération de notre politique de modernisation et de qualité dans les transports : ouverture à la concurrence de certaines lignes TER avec le lancement très concret de l’avis d’appel à la concurrence en février prochain ; un nouveau site de mobilité globale ZOU mobilité ! -premier site de ce type en France, qui sera un mélange de Mappy, OUI SNCF, et Blablacar…- ».

« Former le "pack" du Sud »

Renaud Muselier rappelle le chemin parcouru. « En 2015, la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur était encore très largement une "collectivité d’appui", finalement assez secondaire, à l’arrêt sur son action », explique-t-il. Parlant d’une vie locale et territoriale encore largement bâtie, comme ailleurs en France, « sur l’axe historique État-départements-villes. Les intercommunalités et la Région venaient en appui, au cas par cas, de ces trois institutions centrales. Mais, plus encore qu’ailleurs en France, pour des raisons politiques locales, la Région était marginalisée, dispersée, sans volonté politique et priorités claires, faisant "un peu de tout sur tout", à la demande de l’un ou contre l’autre ». Il ajoute surtout qu’en 2015, « la Région était ruinée. L’encours de la dette progressait de façon incontrôlée, passant de 2 Milliards d’euros à 2,6 Milliards d’euros en 4 ans, avec même une progression de plus de 10 % par an en 2014 et 2015 ». Il souligne cependant un point positif qu’il reconnaît « très objectivement » à Michel Vauzelle : « Son intuition sur la nécessité d’une politique de coopération méditerranéenne ». En ce qui concerne la situation actuelle, il parle d’une Région « au centre du nouveau système territorial "Europe-régions-intercommunalités qui s’est mise en place, en état de marche et, au cœur, surtout, des enjeux et des attentes de nos concitoyens ». Évoquant à ce propos toutes les réformes intervenues en matière territoriale, ces dernières années, qui placent la Région au « centre du jeu ». Ne faisant plus d’elle « une collectivité d’appui » mais, « une collectivité "centrale" ou du moins "pivot" car il ne s’agit pas de prendre la place des autres. Il s’agit d’entraîner les autres, de former le "pack" du Sud, de dialoguer et de faire naître des synergies avec les Communes, les entreprises, les départements, les grandes associations…C’est ma vision de la Région dans sa région, avec tous les acteurs de sa région », insiste Renaud Muselier qui considère que la Région est également revenue au « centre du jeu  » parce que « nous avons rétabli nos comptes. Les dépenses de fonctionnement sont maîtrisées : le taux d’épargne brute pourrait dépasser en 2019 20%, moyenne des autres régions, et, pour la première fois de l’histoire de la collectivité, en 2019, l’encours de la dette de la Région va baisser. Mais nous ne faisons pas tout cela pour placer de l’argent à la Caisse d’Épargne ! Cette maîtrise budgétaire n’a qu’un objectif : dégager le maximum de marge pour investir au service des territoires de la Région et de tous nos concitoyens ». Et enfin, poursuit-il : « La Région est repositionnée au "centre du jeu" avant tout, peut-être, parce que je m’efforce de placer la collectivité toujours au cœur des enjeux, et au cœur des attentes de nos concitoyens ». Et de mettre en exergue l’action entreprise en faveur de la qualité de la vie et de l’environnement : « J’ai souhaité que la Région Sud soit la première grande collectivité en France à faire un Plan climat, c’est-à-dire faire de l’adaptation aux changements climatiques de nos territoires, de nos entreprises et de nos modes de vie, sa priorité première, son fil rouge. Depuis 2016, toutes nos actions, dans tous les domaines, sont orientées vers cette priorité. Cela veut dire 20, 25, puis 30 % en 2025 de notre budget qui est orienté sur des actions de développement durable ou prenant en compte les contraintes nouvelles liées au changement climatique ». De mettre en avant le Plan « un million d’arbres », la Guerre du feu, l’Escale Zéro Fumée, la création d’une Agence Régionale de la Biodiversité, le lancement du projet de trains à batteries sur la ligne Aix-Marseille -le premier de ce type en Europe-, les lignes de cars électriques, les CRET (Contrat régional d’équilibre territorial) de deuxième génération orientés Plan climat signés avec les métropoles et les EPCI, le Plan Mer et littoral …

« S’occuper des territoires en difficulté, ce n’est pas rajouter des peurs aux peurs »

La deuxième préoccupation des concitoyens soulignée par Renaud Muselier : « La peur d’un abandon de certains territoires, d’un décrochage au sein même de la Nation. » « S’occuper des territoires en difficulté, indique le président de Région, ce n’est pas, comme le font certains, rajouter des peurs aux peurs. Penser et agir pour aménager et trouver un équilibre des territoires, c’est un cap avec notre objectif du Plan climat d’adaptation du territoire aux changements climatiques. » Pour ce faire, il s’agit de moyens.« Nous les avons mis en place. La Région Sud est la seule Région à avoir la gamme complète d’aides aux territoires. » C’est également un cadre partagé, qui fixe la ligne pour l’ensemble des acteurs de l’aménagement du territoire. « Nous l’avons, et sommes même la première région française à l’avoir d’ailleurs, pleinement applicable juridiquement, c’est le Schéma régional d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires (Sraddet), que nous avons baptisé, pour être plus clairs, "stratégie avenir des territoires". Il est applicable depuis le 15 octobre 2019, après deux ans et demi de travail et de concertation ». Puis Renaud Muselier aborde l’économie et l’emploi : « Le Schéma régional de développement économique, dont nous avons fait en octobre 2019 le premier bilan, a pour objet d’être aux côtés des entreprises, prioriser et clarifier nos actions, appuyer partout l’emploi durable ». Et de se féliciter des résultats : « Pour la première fois dans notre Région, le taux de chômage passe en-dessous des 10 %. 237M€ en appui financier aux entreprises sur un objectif de 300M€ que nous nous étions fixés, 8 900 entreprises accompagnées sur un objectif de 10 000, 27 % des projets en cohérence avec le Plan climat sur un objectif de 30 % ; 37 200 emplois, enfin, créés ou maintenus sur les 50 000 envisagés pour 2021 ». Il en vient aux transports : « tout a changé depuis 2015. Nous étions le "tiroir-caisse" de la SNCF pour le plus mauvais service ferroviaire rendu en France, et pilotions quelques lignes de bus. Nous sommes maintenant en charge de l’ensemble des transports interurbains : 550 trains et 850 lignes de bus par jour, transports scolaires compris. Dit autrement, la Région transporte près de 160 000 passagers par jour ». Les transports sont devenus le premier budget de la collectivité, avec plus de 700M€ par an. « Et la Chambre régionale des comptes le reconnait dans son rapport sur les TER, nous sommes la Région qui offre les tarifs les plus intéressants de France aux abonnés et aux jeunes. Ce n’est pas un hasard, c’est un choix ! Ce n’est pas un hasard non plus, donc, si le nombre d’usagers des transports publics régionaux a considérablement augmenté ces dernières années. Depuis deux ans, le nombre d’usagers du TER a augmenté de 11% ». Tandis que le taux de régularité des TER est de 89,2 % en 2019, le meilleur niveau des 10 dernières années ...

« Nous sommes Provençaux, Azuréens ou Alpins. Nous sommes Français, nous sommes Européens, nous sommes Méditerranéens »

Puis, il est question de culture : « L’engagement avait été pris de sacraliser ce budget, l’engagement est tenu. L’engagement avait été pris d’augmenter notre participation aux grands événements culturels de notre Région, l’engagement est tenu. L’engagement avait été pris de sauver les Chorégies d’Orange, nous l’avons fait, seuls. L’engagement avait été pris d’engager un dialogue constant, et sans tabou, avec les acteurs du monde culturel, l’engagement a été tenu ». Il aborde ensuite « cette confusion des espaces, des identités, dans l’esprit de nos concitoyens, qui peut conduire au repli, donc au déclin. Nous sommes Provençaux, Azuréens ou Alpins. Nous sommes Français, nous sommes Européens, nous sommes Méditerranéens, nous vivons dans un monde globalisé. Ces identités se mêlent, se heurtent parfois. Je mets beaucoup d’énergie à ce que la Région soit un point de repère, un lieu, non pas d’oppositions mais de conjonction de ces identités ».
Michel CAIRE

Il a dit


Renaud Muselier : Jean-Claude Gaudin, « le professeur de bonne gestion a des difficultés avec les travaux pratiques »
Concernant le Lycée international de Marseille, Jean-Claude Gaudin, sans doute dans la volonté d’apaiser les tensions dans sa famille politique, a cru bon de s’en prendre à la gestion régionale dans le dossier de la Cité internationale de Marseille ce qui n’a pas manqué de faire réagir Renaud Muselier alourdissant ainsi un peu plus la valise de l’héritage. « Je ne veux plus parler de Jean-Claude Gaudin, de sa gestion, je me suis suffisamment exprimé. Mais je lui ai toujours dit de ne pas parler de moi car je serais obligé de répondre. Il ne l’a pas compris donc je réponds. Il estime qu’il a des leçons de bonne gestion à me donner sur cet établissement, qu’il y aurait eu des difficultés de procédure. Or il n’y a eu aucune difficulté, il y a eu simplement une décision que j’ai prise et que j’assume. J’ai en effet appris en novembre 2019 qu’il y avait un risque en matière de transparence et d’honnêteté de la procédure. Un membre du jury, qui n’était pas le même qu’au début de la procédure, désigné par un organisme indépendant de la Région avait un lien avec une grande entreprise concurrente pour ce dossier. Il est vrai qu’à Marseille on n’a guère l’habitude de stopper une procédure en cas de risque d’irrégularité. On s’arrange, on rafistole ». Il affirme alors : « Oui, il y a eu du retard dans le dossier du lycée mais c’est parce que la Ville devait donner un terrain conformément aux usages. Elle ne l’a pas fait et au bout d’un an c’est la Région qui l’a donné. Certes la ville a payé sa part mais entre payer sa part et remettre le terrain, nous avons perdu un an ». Puis, dans sa lancée aborde le dossier du PPP des écoles dans lequel la Justice donne tort à la Ville : « Le professeur de bonne gestion a des difficultés avec les travaux pratiques ». Et de dénoncer les critiques formulées par le Maire à l’encontre des magistrats de la Chambre régionale des comptes : « J’ai toute confiance dans le Maire lorsqu’il enseigne l’Histoire, pas du tout quand il enseigne la gestion publique ». Il évoque « des faits douloureux » pour les contribuables marseillais et métropolitains lorsqu’il s’agit de fonds européens. « Sur les 450M€ programmés par l’Europe dans notre Région la métropole Aix-Marseille Provence à reçu 15,80 M€, soit 3,5% des fonds alors qu’elle représente plus d’un tiers de la population. Et, sur plus d’1 milliard perçu depuis 2014 elle n’a reçu que 6,8M€. Soit, par habitant, 473 euros lorsqu’un habitant de la métropole toulonnaise en percevait 1 120 et un de celle de Nice 1 285 ». Il parle enfin la fermeture, depuis juin 2019 de la station de métro Jules Guesde à la suite de la menace d’effondrement d’un immeuble : « J’ai laissé du temps, je n’ai écrit qu’en septembre à la Ville qui m’a répondu en octobre ». Des travaux étaient annoncés pour une réouverture fin 2019 : « Les travaux n’ont toujours pas commencé... ».
M.C.

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