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Quand l’Adie et AG2R La Mondiale s’engagent pour l’emploi des seniors

lundi 19 novembre 2018

C’était l’heure du bilan pour le programme « 1000 seniors en emploi  », impulsé de concert par l’Adie et AG2R la Mondiale. Et au terme de ces trois années de challenge, l’objectif a été rempli. L’accompagnement prodigué par les deux partenaires a en effet permis à un millier d’entre eux de retrouver une activité, créée de leur fait ou encore salariée.

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Malika Idri, responsable régionale engagement social au sein d’AG2R la Mondiale et Sébastien Chaze, directeur régional de l’Adie, ont dressé le bilan de l’opération "1000 seniors en emploi" (Photo Robert Poulain)

Mission accomplie : 2016, l’Adie et AG2R La Mondiale région Sud décident d’œuvrer ensemble pour l’employabilité des seniors et de permettre, via accord triennal, à 1 000 d’entre eux de créer leur activité ou d’en retrouver une à caractère salarié. 2018, c’est donc l’échéance de ce challenge, nommé « 1000 seniors en emploi »... et il a porté ses fruits. Il faut dire que l’entente entre le groupe et l’association ne date pas d’hier, rappelle Malika Idri, responsable régionale engagement social au sein d’AG2R la Mondiale. « C’est une relation qui s’est nouée en 2012. Nous avions déjà travaillé sur des modules, des campagnes de communication sous le slogan "il n’y a pas d’âge pour créer sa boîte"... AG2R axe notamment son action sur le retour à l’emploi des personnes fragiles, travaille sur l’entreprise et la femme. C’est ce qui nous a rapprochés... puis nous a incités à poser des fondations solides pour un projet plus ambitieux ».

« Se lancer, quel que soit son niveau d’études »

Ambitieux certes... et la fortune a souri à ces deux partenaires audacieux. Le directeur régional de l’Adie, Sébastien Chaze, a en effet dévoilé les résultats chiffrés de ce programme, en croissance chaque année, non sans satisfaction. Ainsi en 2016, 241 personnes ont bénéficié de microcrédit et 50 ont opéré un retour à l’emploi. En 2017, elles étaient respectivement 277 et 64... puis en 2018, dont les comptes ont été arrêtés au 23 octobre, 312 et 64. Dans le détail, le profil de ces seniors « diffère quelque peu de celui des créateurs d’entreprise traditionnels. Ici, 25% résident dans un quartier prioritaire de la ville, 44% sont des femmes, 34% étaient bénéficiaires du RSA. Par ailleurs, les plus nombreux à entreprendre ont des niveaux VI et V. Comme quoi, on peut se lancer quel que soit son niveau d’études », observe Sébastien Chaze.

Un bel effet levier

C’est notamment grâce à un outil financier, le microcrédit, que l’Adie a pu mettre le pied de ces près de 1 000 seniors à l’étrier. « Il peut permettre de créer sa boîte ou de financer un besoin lié à la mobilité. Car œuvrer pour le retour à l’emploi, cela signifie lever des barrières », rappelle le directeur régional. Malika Idri soulève de fait la capacité de l’association à mobiliser les financements : « Pour un euro mis sur la table par AG2R La Mondiale (qui investi à l’échelle du groupe pas moins de 100M€ par an pour aider les personnes fragilisées, soutenir les individus et les initiatives collectives, NDLR), l’Adie arrive à en lever 5...  » A savoir que côté financement de l’opération, AG2R La Mondiale a apporté un soutien de 20% (soit 300 000 euros sur 3 ans) au programme, au titre de l’action sociale de ses ressortissants. « Ce qui en a fait le principal financeur et le seul à l’avoir inscrit dans la durée. Le coût d’un emploi créé ou maintenu dans le programme est en moyenne de 1 500 euros. l’Adie grâce à la marge nette a autofinancé 30% des coûts et les partenaires publics de l’Adie (la Région, le Département et la Métropole) le reste  », détaille Sébastien Chaze. Des actions rentables, appuie Maïté Errecart, coordinatrice des bénévoles et membre du bureau de l’Adie : « Un euro investi au sein de l’association en rapporte 2,3 aux collectivités ».

« Contre le gâchis des talents »

Bref, une opération qui permet de lutter « contre le gâchis des talents, que nous ne supportons pas, poursuit Maïté Errecart. Or, il y en a beaucoup : chez les seniors, parmi les jeunes ou encore dans les quartiers... Il nous faut donc renforcer le lien social ». Et les faire émerger, ces potentialités. Mais pour cela, il faut partir en guerre contre bien des freins : « Concernant les seniors, ce que l’on entend souvent c’est qu’ils coûtent cher, qu’ils sont difficiles à manager, qu’ils ne sont pas geeks, pas connectés, pas motivés. Or dans la vraie vie, on s’aperçoit que ce sont des personnes qui ont beaucoup d’expérience, de la richesse de vie et qu’elles pourraient traiter toutes sortes de choses au quotidien », détaille Malika Idri. De la nécessité de bousculer les représentations mentales... « Chaque catégorie d’âge a ses avantages et ses inconvénients. A nous d’innover dans nos politiques pour que cela devienne des atouts », lance de son côté Martial Alvarez, élu délégué à l’Emploi, à l’Insertion et à l’Économie sociale et solidaire à la Métropole Aix-Marseille-Provence. Une nécessité selon ce dernier pour soutenir le développement économique du territoire. Et cette « bataille de l’emploi », elle se gagne collectivement, surtout au vu du prise démographique : « Les seniors sont 1,4M€ aujourd’hui en Paca, on devrait en dénombrer plus de deux millions en 2040 selon l’Insee » revient quant à elle Isabelle Savon, conseillère régionale, rappelant les outils mis en place au sein de sa collectivité pour aider à la création d’entreprise, ce dès l’amorçage.

Une seconde vie synonyme de passion

Car l’une des façons de retrouver le chemin de l’emploi, c’est donc de créer son activité. C’est par exemple ce qu’a fait Pascale Flacheron, l’une des seniors ayant bénéficié du microcrédit proposé par l’Adie, soit un montant de 8K€. Cette gérante d’un mess d’officiers ayant œuvré près de 28 ans dans l’armée a pâti de la fermeture des casernes sous la mandature présidentielle de Nicolas Sarkozy. « A côté de cela, j’ai toujours massé, cela me plaisait. J’ai donc repris mes études au sein d’une école de praticienne spa ». Auto-entrepreneur au début de sa seconde vie professionnelle, elle a ouvert à présent dans le quatrième arrondissement de Marseille son propre institut, nommé le Palace. Et va créer sous peu deux emplois, en plus du sien... tout en vivant de sa passion. Tout comme Rémi, l’ancien pongiste de haut niveau venant de créer sa propre structure sportive dans le quartier de la Capelette... Quitte à embrayer sur une seconde vie professionnelle, autant lui donner le contour que l’on aime.
Carole PAYRAU

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