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Région Sud : Les 3,3 milliards raisons d’aimer l’Europe de Renaud Muselier

mercredi 10 avril 2019

« Notre plus grande fierté collective est d’avoir repositionné la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur sur la carte de l’Europe : nous sommes désormais écoutés, et même entendus, par les autorités de Bruxelles. Il nous reste deux ans pour encore améliorer nos résultats », déclare Renaud Muselier, le président de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, à l’occasion de la présentation de son bilan en tant que député européen. Il dévoile à ce propos que lui, qui fut un « eurosceptique », a appris à connaître l’Europe, à parler « européen » et mesuré « à quel point l’Europe est utile lorsque l’on sait s’en servir ».

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Alain Dumort, représentant permanent de la commission européenne à Marseille et Renaud Muselier, président de la Région Sud (Photo Robert Poulain)

Renaud Muselier rappelle : « Lorsque nous sommes arrivés à la Région avec Christian Estrosi nous avons souhaité obtenir, lors de notre mandat, 2 milliards. 1 milliard d’euros de fonds structurels, détenus par la Région, et que nous avons pris l’engagement de consommer dans leur totalité et 1 milliard d’euros supplémentaire, que nous avons pris l’engagement de décrocher à Bruxelles auprès de la Commission et au Luxembourg auprès de la Banque européenne d’investissement (BEI), pour le territoire ». Souligne que personne n’y croyait « même dans nos « services ». Et de se féliciter du résultat « nous avons déjà obtenu 3,3 milliards d’euros, à deux ans de la fin de la mandature ». Il tient à alerter sur les menaces qui pèsent sur l’Europe avec « les Chinois, les Russes et les Américains qui veulent la détruire de l’extérieur et, de l’intérieur, des populistes qui déforment la vérité ». Il considère avoir découvert avec ce mandat européen « un des plus beaux mandats qui soient. Et c’est pour moi un crève-cœur que de quitter Strasbourg et Bruxelles. J’ai découvert un esprit européen formidable : pour chaque dossier, la démocratie, la diversité des opinions, des visions et des intérêts, est remise en question ». A ses côtés, Alain Dumort, représentant permanent de la commission européenne à Marseille qui insiste pour sa part sur l’importance de la Région pour l’Europe.

« Nous avons trouvé une Région très peu connectée à l’Europe »

Renaud Muselier reprend : « Il y a un peu plus de trois ans, lorsque Christian Estrosi et moi avons pris les rênes de la Région, nous avons trouvé une Région très peu connectée à l’Europe. Les fonds européens disponibles pour la Région étaient loin d’être entièrement consommés », avance-t-il. La nouvelle majorité fait donc de Bruxelles sa première destination de voyage officiel, au mois de février 2016, moins de deux mois après son élection. Une stratégie se met en place : déployer des moyens humains et financier conséquents, à l’échelle de la Région, pour obtenir des financements massifs. « Nous avons déployé cette stratégie au plus haut niveau, avec l’accord du Président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, avec le soutien du Président du Parlement européen, Antonio Tajani. Et nous sommes devenus des interlocuteurs de confiance ». Pour arriver à remplir ces objectifs la Région a renforcé ses équipes en charge des fonds européens à Marseille avec une priorité, les porteurs de projet eux-mêmes, un guichet unique a ainsi vu le jour. Parallèlement les équipes à Bruxelles ont été renforcées passant de 3 à 7 collaborateurs permanents, « qui chaque jour font du lobbying au noble sens du terme et de la veille pour tous les acteurs de notre territoire. Nous y avons associé les forces vives du territoire : Aix-Marseille Université, le Département des Bouches-du-Rhône, le pôle de compétitivité Optitec. Nous avons enfin instaurer une vraie culture des fonds européens ».

« Nous sommes devenus, en trois ans, une Région intrinsèquement européenne »

Il ne cache alors pas sa satisfaction : « Nous sommes devenus, en trois ans, une Région intrinsèquement européenne, reconnue par les autorités comme par les porteurs de projet ». Ce qui compte à Bruxelles précise-t-il : « C’est l’influence. La capacité à connaître les bons leviers, les bons interlocuteurs, la capacité à monter des dossiers correspondant aux attentes de l’Europe. Cela a été un combat de tous les instants pour moi, au sein de la Commission Transports et Tourisme, mais aussi plus généralement auprès de toutes les institutions ». Il se rappelle de ses succès, en 2015 il est rapporteur pour le groupe PPE d’un rapport d’initiative sur l’utilisation du drone civil : « c’est ce rapport qui a façonné le droit européen en la matière ». En 2016, « nous avons protégé les Ports français en sauvant les professions portuaires : pilotes maritimes, lamaneurs, dockers et remorqueurs d’une libéralisation voulue par les Ports du Nord ». En 2017 « avec mes collègues de la commission, nous avons harmonisé et simplifié les normes de sécurité des navires de passagers en Europe ». En 2018, ajoute-t-il : « J’ai porté à Bruxelles la voix des passagers du rail, de façon à ce qu’ils bénéficient d’un régime de compensation du billet de train partout en Europe, en cas de retard ou d’annulation ». En 2019 « nous avons lancé le label "Capitale européenne du tourisme", remporté par Lyon et Helsinki, un projet que j’ai fondé avec mon collègue socialiste hongrois ». Souligne « le sauvetage des ports français du Nord exclus des corridors de financement post-Brexit, et que nous avons remis dans la liste. Le positionnement de l’axe Marseille-Gênes sur le corridor de financement Méditerranée, qui ouvre à plus de 43 milliards d’euros de financement dans les années à venir ». N’omet pas de signaler l’adoption, il y a quelques jours, de la réforme européenne du transport routier « qui protège beaucoup mieux nos entreprises de la concurrence déloyale venue de l’Europe de l’Est ».

« Je refuse de voir ces fonds recentralisés par Paris »

Mais Renaud Muselier n’entend pas en rester à un bilan, alors que les élections européennes arrivent, il prévient : « Toute recentralisation par l’État de la gestion des fonds européens serait une faute politique majeure. Nous faisons mieux et nous le faisons plus vite, qu’un Etan central aux procédures toujours plus lourdes. Ce qui s’est passé ici en Provence-Alpes-Côte d’Azur en est la preuve ». Il met en exergue le fait que les Régions pilotent les fonds européens structurels, 1 milliard sur les 3,3 milliards d’euros que la Région Sud a su mobiliser. A l’échelle de l’ensemble des Régions la somme avoisine les 27 milliards d’euros. « En tant que Président de la Commission Europe des Régions de France, je refuse de voir ces fonds recentralisés par Paris ». Il plaide en faveur du maintien de la gestion complète du Feder (Fonds européen de développement régional) par les régions, la compétence totale de ces dernières sur le FSE ( Fonds social européen). « Enfin, pour le FEADER (Fonds européen agricole pour le développement rural NDLR) le paiement par l’État des fonds européens en Provence-Alpes-Côte d’Azur est un scandale national ». Il annonce à ce propos : « Les Présidents de Région auront, le 16 mai prochain, une réunion avec le Premier Ministre afin de ne pas laisser cette catastrophe annoncée se produire. Ces efforts constants et structurés ont permis d’aboutir à des résultats probants que personne ne nous conteste. Nous ne pouvons pas prendre le risque, à partir de 2021, de tout gâcher par une logique de recentralisation absurde et complètement incompréhensible ».
Michel CAIRE

- Financements européens : quelques exemples
- 940 000 euros en 2016 pour le réseau d’eau tempérée de l’îlot Allar à Marseille, qui fournit chaleur et climatisation à partir de l’énergie de l’eau de mer, dans la ligne stratégique du Plan Climat "Une Cop d’avance".
- 875 000 euros en 2017 pour le Plateau d’exploration Cancer et Vieillissement de Nice, avec de nouvelles expérimentations thérapeutiques pour les patients de la Région. Là aussi, dans la ligne du Plan Cancer régional.
- 5 000 euros en 2016 pour l’incorporation d’animaux dans une expérimentation de nouveaux dispositifs BIO, au cœur de la stratégie agricole régionale !
- 1,6 million d’euros pour Innov’Api, afin de favoriser la durabilité des exploitations apicoles, la droite ligne du Plan Abeilles régional.
- 3,5 millions d’euros pour le programme "Fire rescue innovation network", pour coordonner l’action régionale de lutte contre les incendies, là aussi dans notre stratégie Guerre du feu.

Détail thématique des 3,3 milliards d’euros obtenus

-Feder (fonds européen de développement régional) : 284M€
- FSE (Fonds Social Européen) : 147M€
- Poia (programme opérationnel interrégional Feder Massif des Alpes) : 34M€
- Feader (Fonds européen agricole pour le développement rural) : 540M€
- Programme MED (Nord Méditerranée) : 224M€
- Alcotra (France-Italie terrestre) : 33M€
- Espace alpin : 4,4M€
- Marittimo (France-Italie maritime) :18,6M€
- Horizon 2020 : 275M€
- Fonds européens d’investissement : 330M€
- Mécanisme pour l’interconnexion en Europe (transports) : 27M€
- Programme Life (environnement) : 19M€
- Europe Créative (culture) : 29M€
- Erasmus+ (jeunesse) : 46M€
- EuropAid (coopération) : 19M€
- FSI Police (immigration) : 3M€
- Plan Juncker : 202M€
- Prêts BEI (lycées, routes…) : 1,1 milliard d’euros
Total : 3,3 milliards d’euros

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