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Renaud Muselier oppose "l’immobilisme" de Jean-Claude Gaudin au "dynamisme" de la Région

vendredi 26 janvier 2018

Les journalistes étaient présents en nombre pour les vœux à la presse de Renaud Muselier. Il faut dire que la veille, sur Public Sénat, le président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, avait jugeait que Jean-Claude Gaudin était « un mauvais maire » pour Marseille et qu’il avait effectué « deux mandats de trop ». Ce jeudi, il a présenté le bilan de ses neuf mois de présidence de Région, ses perspectives et ambitions pour l’institution avant de critiquer « l’immobilisme du maire de Marseille » et un certain dysfonctionnement. Il dénoncera également la ministre de la justice, Nicole Belloubet, après avoir indiqué s’être rendu le matin même à la prison des Baumettes pour apporter son soutien aux surveillants en grève. Un soutien qu’il a traduit en « intégrant les 3 640 surveillants de la Région dans le dispositif de gratuité sur le trajet domicile travail dont bénéficie policiers, militaires, gendarmes... ».

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Cérémonie des voeux à la presse de Renaud Muselier, président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (Photo Robert Poulain)

« Je ne suis pas dans un combat personnel avec le maire sortant »

Renaud Muselier lance : « Je suis Président de Région jusqu’en 2021 et j’entends le rester. Mais, j’aime trop ma ville pour me désintéresser de son avenir. Marseille mérite le meilleur. Nous devons et nous allons le lui offrir ». Et d’appeler « dans l’apaisement » les élus au sursaut et « de se rassembler » « autour d’un projet qui nous permettra de porter de nouveau une vision pour Marseille, de se projeter pour travailler à l’évolution de notre ville à horizon 20 ans, 30 ans  ». « Je ne suis pas dans un combat personnel avec le maire sortant », tient-il à préciser. Souligne qu’il n’est pas « le premier opposant de Jean-Claude Gaudin mais, le premier partisan de Marseille. Quand on regarde l’état de la Ville, on ne peut qu’être désolé. Lors de ses vœux à la presse, il a voulu prendre les Marseillaises et les Marseillais à témoin pour nous expliquer que tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Marseille est devenue une ville aux finances saines et prospères c’est évident. Marseille est devenue la capitale d’une Métropole apaisée qui porte de grands projets et une vision pour l’avenir c’est évident. Marseille est devenue une ville propre où les poubelles sont toujours ramassées et où les rats n’infestent pas les rues c’est évident... » Il rappelle que, « déjà en 2013, Guy Tessier lancait : "Tout dysfonctionne dans cette ville". On assiste malheureusement à la fin de règne de Jean-Claude Gaudin… Il est assis dans son fauteuil et ne veut pas en bouger. La seule force qui le meut c’est sa volonté de se maintenir au pouvoir. Il est temps qu’il passe la main. ». « La vérité, ajoute-t-il, c’est qu’aucun grand projet n’est sorti de terre à Marseille depuis 2008 en dehors de Marseille Provence Capitale européenne de la culture en 2013 ». Renaud Muselier cite quelque exemple : « Qui peut comprendre que le maire sortant ne parvienne pas à trouver un moment dans son agenda pour signer avec moi le Contrat Régional d’Équilibre Territorial que j’ai fait voter à la Région et qui prévoit plus de 120M€ d’investissement sur Marseille et sa Métropole ? Qui peut comprendre que le Maire sortant ne parvienne pas à nous identifier à Martine Vassal et à moi un terrain pour implanter la cité internationale que nous finançons et qu’il a lui-même voulu ?... ».

« Je ne suis pas candidat à la succession de Jean-Claude Gaudin »

Alors, pour lui, en 2020, « il faudra donc faire l’inventaire et remettre les compteurs à zéro. J’ai un projet pour Marseille. J’ai un programme et une équipe. J’attends ceux des autres. Mais, je ne suis pas candidat à la succession de Jean-Claude Gaudin ». Et de signifier qu’il n’attend pas après cela pour agir : « Ce programme de rénovation, de préservation et de transformation de Marseille je commence à le mettre en œuvre à la Région. Je veux être un Président qui protège le patrimoine de sa Région, qui ne ferme pas les yeux sur l’histoire 26 fois centenaire de son territoire : Et le patrimoine d’une ville comme Marseille se mesure à la hauteur de toutes les époques qui ont fait sa grandeur : nous ne devons en sacrifier aucune ». Il annonce : « nous allons sauver, avec le Grand Port Maritime de Marseille, les 5 grues de la digue du large. Elles incarnent le passé, le présent mais aussi l’avenir de notre Port. Elles incarnent l’histoire industrielle de notre ville, et doivent rester des symboles pour notre ouverture sur la Méditerranée de demain. Nous allons financer le sauvetage de deux de ces grues pour 400 000 € et le Port, qui avait initialement prévu d’en sauver deux, fera aussi l’effort de maintenir la cinquième en état pour 600 000 € ». Puis, insiste-t-il : « Ne pas fermer les yeux sur notre patrimoine, c’est aussi accepter que le passé éclaire notre avenir. C’est également ce que nous ferons au Lycée Saint-Victor si les fouilles nous font découvrir des vestiges. Nous cesserons les travaux et respecteront notre patrimoine historique ».

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Il en vient à la ministre de la Justice qui, selon lui, doit répondre à ses obligations : « au mal être de nos surveillants de prisons. Je suis allé ce matin soutenir nos surveillants de prisons aux Baumettes. Ils font un travail compliqué dans des conditions dangereuses. Ils font face à des détenus toujours plus violents et se retrouvent démunis ! Face à cette crise, quelle est la réponse de la garde des Sceaux ? Une prime à l’agression ! C’est stupide, inefficace et dévalorisant. En apportant pour seule réponse à la crise des prisons une prime à l’agression, Madame Belloubet s’est totalement disqualifiée. Pour sortir de cette crise, elle devrait démissionner car elle n’est plus audible. Je vous annonce que j’ai décidé d’intégrer les surveillants de prisons au dispositif de gratuité des transports régionaux pour le trajet domicile travail que nous avons lancé pour les 77 000 membres de nos forces de l’ordre dans la Région ».

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« 2018 devra être l’année qui nous permet de donner du sens à notre action »

Renaud Muselier en vient à la Région : « 2018 devra être l’année qui nous permet de donner du sens à notre action. Lui donner de la clarté, de la visibilité et de la lisibilité. Que chacun comprenne quel est le rôle de l’institution régionale, il est majeur, et quelles sont ses compétences. Je veux que nous soyons en capacité de démontrer à tous les Provençaux, Alpins et Azuréens que la Région a une utilité majeure dans leur vie quotidienne ». Et d’insister sur le rôle de la région....

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Dresse un bilan de la majorité régionale, sous la présidence de Christian Estrosi puis de la sienne. « Lorsque, en décembre 2015, nous avons été élus avec Christian Estrosi, nous avons hérité de la Région la plus mal gérée de France ! Nous détenions tous les records. Mais jamais les plus glorieux ». Et de considérer : « Nous avons hérité de la collectivité la plus endettée de France avec plus de 2,4 milliards d’euros de dette -l’endettement a été multiplié par 4 sous notre prédécesseur- ; de la région où les impôts étaient les plus élevés de France ; d’une région où malgré le train de vie de l’institution nos services publics étaient défaillants ». Signale que « le pouvoir politique avait été abandonné et l’institution servait de guichet de banque aux autres collectivités.
Nous avons donc hérité d’une collectivité endettée, sans poids politique et qui servait de tiroir-caisse aux autres élus. Nous avons redressé la barre en 2016 et 2017 :
Nous avons largement réformé notre Région en 2 ans. Nous lui avons redonné du poids politique et elle a retrouvé sa place institutionnelle. Avec Christian Estrosi nous avons redressé la barre et aujourd’hui, j’essaie de redonner du sens à notre action.
Pour redonner du sens, je suis parti d’un principe simple selon lequel : qui fait tout, finit par ne rien faire
 ». En 2018, avance-t-il : « Nous allons donc nous concentrer sur l’économie, l’éducation, l’environnement au service de l’emploi ».

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Parle de sa position vis-à-vis du Président de la République et du Gouvernement : « J’ai fait le choix d’adopter une position de bon sens. Je soutiens ce qui permet à la France d’avancer et de se réformer et je combats le reste. Il y a depuis le début du mandat du Président Macron de vraies réussites. Je pense notamment au retour de la France sur la scène internationale et européenne ; aux ordonnances qui ont considérablement simplifié le code du travail en France. Cette réforme était nécessaire et attendue depuis plus de 30 ans. Il faut saluer le courage d’Emmanuel Macron à ce sujet ; au ministre de l’Éducation nationale qui fait honneur à sa fonction et qui écoute les élus locaux -en permettant aux maires l’expérimentation du retour de la semaine de 4 jours-. Cela faisait longtemps que la France n’avait pas eu un si bon ministre de l’Éducation nationale ». Cite, en revanche ce qu’il considère comme des erreurs : « Je pense notamment à la volonté centralisatrice du Président de la République. Il n’est jamais bon de vouloir concentrer tous les pouvoirs et de mépriser les élus locaux. Si j’ai mis fin à la Région tiroir-caisse des autres collectivités, ce n’est pas pour laisser poindre la Région tiroir-caisse de l’État ! La loi NOTRe a mis fin à la clause de compétence générale. Je demande donc à Emmanuel Macron et au Premier ministre d’instaurer, dans le cadre d’un nouvel acte de décentralisation, une clause d’expérimentation générale. Nous devons pouvoir expérimenter en fonction de nos territoires respectifs des réformes des transports, de l’apprentissage, de la fiscalité… J’attends donc que le Gouvernement nous permette d’ouvrir notre service TER à la concurrence, de mettre en place une écotaxe sur les poids-lourds en transit »

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En ce qui concerne la formation, notamment l’apprentissage, Renaud Muselier dit partager pleinement « la ligne défendue par Hervé Morin au sein de Régions de France ». Considérant que si le Gouvernement s’engage vers une privatisation de l’apprentissage, « nous sortirons purement et simplement du dispositif », prévient-il. Rappelant, l’objectif « ambitieux » de 50 000 apprentis en Provence-Alpes-Côte d’Azur d’ici à la fin du mandat. « Et nous n’avons pas l’intention d’être la variable d’ajustement de la ministre du Travail », précise-t-il. Il ne manque pas d’évoquer les hôpitaux marseillais : « Je demande à la ministre de la Santé de se mobiliser pour les Hôpitaux Marseillais. La situation de l’AP-HM est critique ! 1,1 milliard d’euros de dette, 400 millions d’euros de déficit cumulé, 8,2 % d’absentéisme soit 1 200 personnes par jour, 4 patrons en 5 ans… Pourtant c’est un véritable poumon pour notre ville. 2 600 consultations par jour, 3 300 lits, 1 800 médecins, 12 000 agents, 5 000 étudiants… J’en ai discuté avec Martine Vassal, nous sommes prêts à prendre nos responsabilités. Mais nous ne ferons pas le travail de l’État. Les déclarations d’amour à Marseille c’est bien, les preuves d’amour c’est mieux ».
Puis, exprime toute son opposition au retour à des listes nationales pour les élections européennes. « C’est une marche de 15 ans en arrière ! Et cela n’incitera pas les Français à se mobiliser aux élections européennes qui sont pourtant capitales. J’ajoute sur ce point qu’il convient pour faire aimer l’Europe de ne pas jouer contre son camp ».

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Enfin, Renaud Muselier aborde le devenir de la Villa Méditerranée...

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Michel CAIRE - Reportage son Mireille BIANCIOTTO

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